OTTAWA — Les Concessionnaires de camions canadiens ont exhorté Ottawa à rapidement régler un problème administratif qui empêchera les concessionnaires d'importer de nouveaux modèles des États-Unis l'année prochaine, avertissant que cela causera des difficultés économiques supplémentaires si le problème n'est pas résolu.
«Les impacts iraient bien au-dessus de notre industrie et des concessionnaires», a prévenu Charles Bernard, l'économiste en chef de la Corporation des associations de détaillants d'automobiles, dont le groupe fait partie, lors d'une conférence de presse sur la colline du Parlement jeudi.
«Ça toucherait tous les grands secteurs de l'économie: qu'on parle du milieu forestier, du milieu minier, du milieu agricole, de la construction des infrastructures et aussi au support et à l'approvisionnement de marchandise de nos ménages», a-t-il ajouté.
Les concessionnaires de camions ont souligné que les constructeurs signalaient ce problème au gouvernement fédéral depuis un an, sans grand progrès.
Kevin Disher, président des Concessionnaires de camions canadiens, a expliqué que le problème est apparu après que les États-Unis ont modifié leur procédure de certification des normes d’émissions pour les camions construits sur leur territoire. Ce processus était auparavant géré par l’Agence de protection de l’environnement (EPA), mais les États-Unis ont récemment transféré cette responsabilité à l’Administration nationale de la sécurité routière (NHTSA).
Le Canada ne reconnaît que les certifications d’émissions délivrées par l’EPA, et, à moins que cela ne change, les concessionnaires canadiens ne pourront importer aucun modèle fabriqué aux États-Unis. Les entreprises américaines fournissent 95 % de l’offre canadienne.
«Il s’agit davantage d’un problème administratif et d’un décalage bureaucratique que d’un décalage de vision», a affirmé Huw Williams, porte-parole de l’association des concessionnaires.
«Il est important de noter que ces camions seront plus propres que jamais en termes d’émissions d’oxydes d’azote et plus propres que jamais en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Mais sans la reconnaissance réglementaire adéquate, nous ne pourrons pas vendre ces camions au Canada.»
Les camions en question sont les appareils de classe 4 à 8, c'est-à-dire tout véhicule pesant plus de 6350 kg. Cela peut aller des camionnettes super-lourdes comme le Ford F-450 jusqu'aux camions de transport lourd.
M. Bernard a noté que le secteur représentait près de 40 000 emplois et 700 points de vente et d'entreprises à travers le pays. Il a souligné, entre autres, que ce sont 30 000 camions de classe 8 qui sont vendus chaque année par les concessionnaires.
«Ce sont des entreprises qui ont un rôle fondamental au développement de notre économie; dans le transport des marchandises essentielles à nos ménages, et, essentiellement, à la survie de nos chaînes d'approvisionnement.»
Dans une déclaration à La Presse Canadienne, Keean Nembhard, attaché de presse de la ministre de l’Environnement Julie Dabrusin, a indiqué qu’Ottawa était au courant du problème et y travaillait.
Mais les concessionnaires de camions rappellent que les entreprises canadiennes ne peuvent pas participer au processus concurrentiel de précommande de nouveaux camions tant que ce problème n’est pas résolu.
«À la fin du mois d’août, les entreprises de transport routier doivent prendre des décisions concernant le renouvellement de leur flotte, et elles ne pourront pas commander ces camions», a indiqué M. Williams.
«Je pense que le gouvernement agit peut-être en partant du principe qu’il s’agit d’un problème pour 2027. Or, c’est un problème qui se pose dès aujourd’hui.»
Nick Murray, La Presse Canadienne

