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Les Canadiens continuent de voyager en avion malgré la hausse des prix

Les principales compagnies aériennes nord-américaines ont indiqué que la demande à l’approche de la haute saison s’était révélée solide.

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Un avion d'Air Canada décolle de l'aéroport international Montréal-Trudeau, le vendredi 13 septembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Un avion d'Air Canada décolle de l'aéroport international Montréal-Trudeau, le vendredi 13 septembre 2024. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Christinne Muschi)

Les Canadiens continuent de prendre l’avion cet été, même si les prix des billets restent bien supérieurs à ceux de l’année dernière, et ce, malgré une récente baisse du coût du carburant.

Fin juin, les tarifs aériens en classe économique sur les vols intérieurs restaient supérieurs de 11 % à ceux de l’année précédente, tandis que les tarifs internationaux étaient globalement comparables d’une année à l’autre, selon la plateforme de recherche de voyages Kayak.

Néanmoins, les principales compagnies aériennes nord-américaines ont indiqué que la demande à l’approche de la haute saison s’était révélée solide, malgré l’intensification des conflits mondiaux et le désintérêt des Canadiens pour les voyages aux États-Unis.

«Nous sommes dans le vert depuis la majeure partie des deux derniers mois. Malgré de multiples hausses des tarifs, nous n’avons pas constaté de baisse de la demande», a rapporté Mark Galardo, directeur commercial d’Air Canada, aux analystes le 30 avril, en référence aux vols estivaux.

Le fait que les clients acceptent des prix de billets plus élevés signifie que ces tarifs ne baisseront probablement pas avant le début de l’automne, juge John Gradek, qui enseigne la gestion aéronautique à l’Université McGill.

«Sur le marché intérieur, c’est la folie, a-t-il avancé. Les transporteurs sont fermement décidés à ne pas proposer de promotions sur les vols intérieurs cet été, car la demande reste forte, même à ces tarifs plus élevés.»

Quelque 2,5 millions de passagers ont embarqué sur des vols intérieurs en mai, soit une hausse de 6,4 % par rapport à mai 2025, selon Statistique Canada.

Le trafic aérien vers les États-Unis a légèrement reculé de 2,1 % — ce qui marque le 16e mois consécutif de baisse en glissement annuel — tandis que le trafic transfrontalier automobile a augmenté.

Le regain d’intérêt des Canadiens pour leur propre pays s’inscrit en grande partie dans la poursuite d’un désintérêt pour les voyages aux États-Unis qui a débuté l’année dernière, un changement provoqué par la guerre tarifaire déclenchée par le président américain Donald Trump et sa rhétorique sur le «51e État».

«La politique joue un rôle important», a expliqué Wayne Smith, directeur de l’Institut de recherche sur l’hôtellerie et le tourisme de l’Université métropolitaine de Toronto.

Mais l’aversion des Canadiens pour les États-Unis et leur enthousiasme pour les voyages à l’intérieur du pays vont au-delà des déclarations présidentielles.

«J’appelle cela un décalage des valeurs, a précisé M. Smith. Si vous êtes LGBTQ+, si vous appartenez à une minorité (…) vous vous inquiétez de la manière dont vous allez être traité.»

Les craintes abondent quant à une attitude plus agressive de l’agence américaine de l’immigration et des douanes (ICE), a-t-il ajouté. D’où l’engouement des voyageurs pour les destinations canadiennes.

Certains habitants font des sacrifices dans d’autres domaines afin de pouvoir se permettre de voyager.

Environ 42 % des Canadiens ayant répondu à une enquête menée par l’entreprise de récompenses en remises en argent Rakuten ont déclaré réduire leurs dépenses dans d’autres domaines, même s’ils dépensent davantage pour des voyages en avion plus onéreux.

«Malgré la hausse des coûts et la volatilité qui influencent les habitudes de consommation, nombreux sont ceux qui font délibérément des compromis dans d’autres domaines pour préserver leurs voyages, ce qui reflète un désir croissant de renouer des liens et de se ressourcer», a soutenu Jennifer LaForge, directrice générale de Rakuten, dans un communiqué de presse.

Pas de baisse importante des prix

Tant que la demande reste stable, les compagnies aériennes n’ont guère intérêt à baisser leurs tarifs, même si les prix du carburant reviennent à la normale, a expliqué Barry Choi, qui dirige le site web de finances personnelles et de voyages «Money We Have».

«Je déteste le dire, mais une fois que les prix ont augmenté, les compagnies aériennes ont tendance à ne pas les baisser», a-t-il dit.

Un vol aller simple qu’il espère prendre en décembre pour se rendre à Toronto depuis Los Cabos, au Mexique, coûte déjà environ 700 $, a indiqué M. Choi. «J’ai déjà fait un aller-retour en Europe pour moins cher que ça.»

«Il n’y a aucune raison pour que ce vol soit aussi cher qu’il l’est actuellement, a-t-il ajouté. Mais elles (les compagnies) disposent des algorithmes, elles ont les chiffres. Elles savent exactement ce que les gens sont prêts à payer et ce qu’ils vont acheter.»

Les vols internationaux au départ du Canada ont en réalité coûté entre 2 et 3 % de moins en juin, après avoir grimpé bien au-delà des niveaux de 2025 pendant une grande partie des mois d’avril et de mai.

Les experts ont attribué la quasi-stabilité des tarifs en juin par rapport à l’année précédente en partie au fait qu’ils avaient atteint des sommets l’année dernière en raison d’une demande explosive dans un contexte de boycottage partiel des voyages vers les États-Unis.

Vendredi dernier, le prix du baril de kérosène était inférieur de 24 % à celui d’un mois auparavant, mais supérieur de 30 % à celui de fin juin de l’année dernière, selon l’Association internationale du transport aérien.

Certaines compagnies aériennes canadiennes ont réduit leurs surcharges carburant à mesure que les prix de l’énergie baissent, mais d’autres les maintiennent inchangées pour l’instant.

WestJet a réduit sa redevance sur les bons pour compagnon de 60 $ à 40 $ par aller-retour ou aller simple.

Quant à Porter Airlines, elle a divisé par deux la surtaxe carburant pour les nouvelles réservations de vols en prime, la ramenant à 20 $.

Toutefois, ces réductions ne concernent qu’une part relativement restreinte des passagers.

«Quand on examine en détail ces surcharges sur le kérosène, on constate qu’elles s’appliquent parfois uniquement aux vols prime ou au tarif accompagnateur. Cela n’affecte donc pas vraiment le grand public», a précisé M. Choi.

Christopher Reynolds

Christopher Reynolds

Journaliste