Le portrait de l’état du réseau routier et collectif québécois serait encore plus sombre qu’il ne l’apparaît à première vue. D’après l’Alliance Transit, le réseau routier supérieur québécois, qui comprend notamment les autoroutes de la province, se dégrade deux fois plus rapidement que les travaux ne sont effectués.
C’est l’un des constats que dresse le groupe, qui réunit une cinquantaine d’organismes militant pour le développement et l’amélioration des services de transport collectif, dans son plus récent rapport dévoilé jeudi.
Par ailleurs, «seul le tiers des travaux de maintien du réseau routier supérieur en mauvais état est financé dans les dix prochaines années», prévient l’Alliance Transit, ce qui «laisse 16 milliards de travaux pour plus tard».
Il est à noter que pour la période 2026-2036, 32 G$ ont été prévus dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) pour le maintien du parc du réseau routier supérieur. De ce montant, 8,4 G$ sont réservés à la réparation des infrastructures en mauvais état.
On note d’ailleurs que les dépenses du Fonds des réseaux de transport terrestre (FORT), responsable du réseau routier supérieur et du transport collectif, augmentent cinq fois plus rapidement que les revenus. Dans son rapport, l’Alliance Transit évalue à 3,7 milliards dollars le manque à gagner du FORT.
«Une détérioration est donc minimalement attendue pour la décennie à venir», prévient le groupe.
L’Alliance Transit montre aussi du doigt le financement insuffisant du transport collectif, notamment à Montréal. «L’enveloppe pour le maintien du transport collectif stagne depuis 2013 et ne couvre que le cinquième des besoins de la STM», mentionne-t-on dans un communiqué.
L’alliance mentionne que le montant pour le bon état des actifs de transport collectif était de 3,8 G$ de 2018 à 2028 et est de 3,5 G$ pour la période 2026-2036.
«On ne peut pas continuer de répéter les mêmes choix budgétaires année après année en s’attendant à un résultat différent. Le déficit du FORT s’aggrave, les réparations ne suivent pas la dégradation, et les Québécois en vivent déjà les conséquences : nids-de-poule, stations de métro dégradées, pannes et services réduits», affirme Samuel Pagé-Plouffe, porte-parole de l’Alliance Transit et directeur des affaires publiques chez Vivre en Ville.

