Les négociations tendues entre WestJet et le syndicat représentant ses agents de bord se sont encore intensifiées jeudi, après que le SCFP a déposé un préavis de grève de 72 heures, ouvrant la voie à un éventuel arrêt des activités de la compagnie aérienne pendant la haute saison estivale.
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a annulé une conférence de presse prévue jeudi matin à Calgary, expliquant qu’il souhaitait se concentrer sur la conclusion d’un accord.
Le syndicat, qui représente 4400 membres du personnel navigant commercial chez WestJet, souligne que les deux parties restent très éloignées sur des questions clés.
«Nous avons clairement indiqué ce qui devait changer et nous avons essayé très fort de parvenir à une entente équitable», précise Alia Hussain, présidente de la section WestJet du syndicat, dans un communiqué publié tôt jeudi matin.
«La grève peut encore être évitée, ajoute Mme Hussain. Nous sommes prêts à poursuivre les négociations jour et nuit jusqu’à ce que la situation soit réglée.»
WestJet a répondu à l’avis de grève du syndicat en émettant un avis de lock-out de 72 heures.
La compagnie aérienne — la deuxième plus importante du Canada — dit poursuivre activement les négociations en vue de parvenir à un accord.
«La décision d’émettre un avis de lock-out, en réponse aux mesures prises par le syndicat, n’a pas été prise à la légère. Nous regrettons sincèrement les inconvénients et l’incertitude que cela continue de causer à nos invités», affirme le chef de la direction du groupe WestJet, Alexis von Hoensbroech, dans un communiqué.
«Nous accordons une grande importance au travail et aux contributions de notre personnel de cabine, et il est de notre responsabilité d’assurer l’intégrité de notre réseau et de minimiser le risque d’immobilisation de nos invités, de notre équipage et de nos avions.»
Bien que l’avis ne contraigne pas le syndicat à se mettre en grève, les moyens de pression pourraient débuter dès dimanche à 00 h 01, heure des Rocheuses, si les deux parties ne parviennent pas à un accord.
À moins qu’un accord provisoire ne soit conclu, certains vols pourraient commencer à être annulés dès vendredi.
600 vols par jour
Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a déclaré mercredi que les négociations progressaient et qu’il gardait l’espoir qu’une nouvelle convention collective puisse être négociée.
WestJet autorise les passagers dont les vols sont prévus entre le 30 juillet et le 4 août à modifier une seule fois leur réservation ou à l’annuler sans frais.
Les voyageurs ayant réservé sur son service régional WestJet Encore ou sur des vols en partage de code opérés par une compagnie aérienne partenaire comme Delta Air Lines ne seront pas affectés par une grève, a précisé la compagnie.
En cas de retards ou d’annulations de vols, la compagnie aérienne a indiqué que les passagers concernés seraient remboursés ou réacheminés, le cas échéant.
Les deux parties ont également signé cette semaine un accord — communiqué aux membres du syndicat et obtenu par La Presse Canadienne — qui définit les modalités de mise au sol des avions et de rapatriement du personnel navigant en cas d’arrêt de travail.
Le personnel navigant en service au moment du début de moyens de pression mènera son vol à son terme jusqu’à la destination prévue. Ceux qui ne peuvent pas regagner immédiatement leur ville d’origine bénéficieront d’un hébergement à l’hôtel pendant une semaine au maximum ou d’un vol de retour vers une autre ville canadienne, sous réserve de la disponibilité des places, selon les termes de cet accord.
Le syndicat a indiqué que parmi les principaux points de discorde figurait le travail non rémunéré pour des tâches au sol, tandis que WestJet a déclaré que toutes les tâches étaient rémunérées par un système d’«heures de crédit» plutôt que par un taux horaire.
John Gradek, qui enseigne la gestion aéronautique à l’université McGill, a précisé que même un arrêt de courte durée coûterait des millions de dollars à la compagnie aérienne en pleine saison estivale — pendant une longue fin de semaine dans une grande partie du Canada.
La compagnie aérienne précise qu’elle assure plus de 600 vols par jour, transportant un nombre considérable de passagers — plus de 70 000 certains jours.


