Le vol de véhicules a ralenti l’an dernier au Québec, si l’on se fie aux statistiques du Groupement des assureurs automobiles (GAA) publiées mardi.
En 2025, le nombre de réclamations auprès des assureurs en matière de vol automobile s’est chiffré à 4559, un recul de 31,5 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit du plus bas niveau observé depuis 2016, d’après le GAA.
Aux yeux du directeur de l’estimation et des plans d’assurance au GAA, Dave Cavallaro, cette baisse importante est «définitivement le fruit des efforts de prévention et de lutte contre le vol automobile».
«Au cours des dernières années, il y avait un gros enjeu de vols automobiles. C’est certain que les services policiers et l’industrie de l’assurance automobile se sont mobilisés pour redoubler d’efforts au niveau de la prévention. On voit aujourd’hui que ça a donné de bons résultats», commente en entrevue M. Cavallaro.
Les véhicules utilitaires sport (VUS) récents sont demeurés les plus volés en 2025. Le Toyota Tundra (4RM) et l’Acura TLX (4P) ont été les deux modèles les plus prisés par les voleurs, mentionne le GAA.
Si ces voitures se font davantage voler, «c’est forcément qu’il y a une demande de l’autre côté pour en faire l’acquisition, que ce soit pour le véhicule lui-même ou peut-être certaines pièces», mentionne M. Cavallaro, sans toutefois pouvoir s’avancer sur une cause précise.
Certaines régions ont aussi été plus touchées que d’autres par ce type de crime l’année dernière. Selon le GAA, Montréal, Lanaudière, la Mauricie, le Centre-du-Québec et Laval figurent parmi les zones où les vols ont été les plus fréquents.
L’organisme ne fournit aucune explication quant aux raisons pour lesquelles ces régions sont davantage touchées. Cependant, une densité de population plus élevée pourrait expliquer en partie les chiffres observés à Montréal et Laval, suggère M. Cavallaro.
Un coût moyen qui a doublé
Le recul des réclamations pour ce type de sinistre constitue une bonne nouvelle pour les consommateurs. Les primes d’assurance liées au vol de véhicules risquent d’être affectées à la baisse, évoque M. Cavallaro.
Les primes liées aux collisions automobiles vivent plutôt actuellement la situation inverse, souligne-t-il, alors que le coût moyen des réclamations liées à ces sinistres a plus que doublé en dix ans.
En 2025, il était de 8638 $, contre 4083 $ il y a une décennie, montrent les plus récentes statistiques du GAA.
«La raison est fort simple, c’est que les véhicules modernes sont, oui, plus sécuritaires, mais sont aussi plus complexes et plus coûteux à réparer», soutient M. Cavallaro.
La présence de plus en plus grande de la technologie dans les voitures, comme des caméras et des capteurs, la hausse des coûts des pièces et de la main-d’œuvre spécialisée, ainsi que la valeur plus élevée des autos, expliquent en partie cette réalité, évoque le GAA.
L’organisme profite de la publication de ces chiffres pour rappeler l’importance d’un comportement prudent au volant, non seulement pour la sécurité sur les routes, mais aussi afin de réduire les coûts des réclamations et limiter la pression exercée sur le coût de l’assurance automobile.
M. Cavallaro encourage également les consommateurs à magasiner chaque année leur assurance automobile, soulignant qu’il s’agit d’un marché «hautement compétitif».

