Transport

Le métro a 60 ans et il a besoin d’investissements, plaide la directrice de la STM

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Des gens empruntent la station de métro Parc à Montréal, le vendredi 20 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov Des gens empruntent la station de métro Parc à Montréal, le vendredi 20 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov (Christopher Katsarov)

Acteur majeur de l’économie de la métropole, le métro de Montréal a besoin d’investissements pour maintenir ses actifs, affirme la directrice générale de la Société de transport de Montréal (STM), Marie-Claude Léonard.

Lors d’une conférence organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mardi, Mme Léonard plaide pour l’importance d’investir dans le maintien du réseau de métro, qui fête ses 60 ans.

«Le métro de Montréal, on le prend souvent pour acquis. On oublie que c’est 78 km de voies souterraines qui opèrent 20 heures par jour. (…) Toutes les nuits, il y a plus de 100 chantiers dans le métro», souligne d’emblée Mme Léonard devant un parterre de gens d’affaires.

Elle rappelle que le métro correspond à 50 milliards $ d’actifs et que, «malheureusement», 46 % sont en mauvais état.

Le déficit d’investissement est désormais de 7 milliards $ et, si davantage de fonds ne sont pas alloués à l’entretien et à la modernisation du réseau, celui-ci pourrait atteindre 9 milliards $ en 2030, selon Mme Léonard.

Ces investissements sont indispensables pour garder le rôle de «levier économique» du métro de Montréal et son rôle stratégique, précise-t-elle.

Le métro permet 800 000 déplacements par jour, soit «plus que les cinq ponts de la région de Montréal», indique Mme Léonard. Elle ajoute que de grands événements, comme l’Expo 67, les Jeux olympiques ou, plus récemment, les Championnats du monde de cyclisme n’auraient pas pu être accueillis à Montréal sans la présence du métro.

La modernisation des actifs du métro de Montréal figure d’ailleurs parmi les projets structurants prioritaires ciblés par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) dans son livre blanc sur les infrastructures publié le mois dernier.

«À dépenses équivalentes, le transport collectif soutient deux fois et demie plus d’emplois au Québec que le transport automobile privé», rappelle la présidente et cheffe de la direction de la CCMM, Isabelle Dessureault, lors de la conférence.

Une prévisibilité nécessaire

Alors que la campagne électorale bat son plein au Québec, Mme Léonard souligne que les projets dans le métro durent plus longtemps que quatre ans et que la STM a donc besoin de prévisibilité.

En mêlée de presse, elle estime que les investissements en transport collectif sont en baisse au Québec. «Année après année, c’est de plus en plus difficile et les sommes sont moins prévisibles», souligne celle qui a pris il y a quatre ans la tête de la société de transport où elle travaille depuis 1992.

«Quand j’investis en mode urgence, ça coûte plus cher en fonds publics. Ce qu’on souhaite pour le maintien d’actifs, c’est avoir les bons niveaux d’investissements. Ça prendrait un 630 millions $ annuellement. On en a un peu près 270 millions $», indique Mme Léonard.

Elle ajoute qu’il est essentiel de trouver le juste équilibre entre les investissements dans le maintien des infrastructures et le développement du réseau. Mais, «si on a un choix à faire, le premier choix, c’est de le mettre dans l’infrastructure», dit-elle.

Malgré les besoins dans le maintien des actifs existants, plusieurs projets sont sur les rails. Le prolongement de la ligne bleue du métro dans l’est de Montréal suit son cours.

«En 2031, on va ouvrir le prolongement de la ligne bleue et, si mes stations en amont ne fonctionnent pas, c’est quoi que je vais offrir comme service, comme mobilité, à Montréal?», se demande Mme Léonard.

La même question se pose quant au projet abandonné du REM de l’Est, que le Parti québécois souhaite relancer, pour relier la station de métro Honoré-Beaugrand à la Pointe-de-l’Île, voire à Repentigny.

«Pour ça, il faut que ma ligne verte soit en bonne santé et que je puisse investir les bons niveaux en maintien d’actifs pour avoir la fiabilité, la fréquence, que je modernise la ligne», précise la directrice générale.

De plus, avec l’ouverture du prolongement de la ligne bleue, les anciens trains, moins fiables, seront transférés sur la ligne verte.

Des besoins urgents

Mme Léonard estime d’ailleurs que le remplacement de ces rames MR-73, qui ont 50 ans et une durée de vie de 60 ans, est essentiel, et il s’agit d’un projet complexe qui nécessite aussi de moderniser le système de contrôle des trains.

«La première étape avec un gouvernement élu, c’est d’aller chercher le financement complet pour monter le bureau de projet, indique-t-elle. Il ne faut vraiment pas trop perdre de temps dans les étapes administratives pour avoir des trains qui vont rouler en 2036.»

La rénovation des stations de métro, alors qu’une sur deux est en mauvais état, est un autre projet urgent de la STM.

Pas moins de 88 lieux endommagés sont soutenus par des piliers temporaires. «Donc ça tient, mais pour combien de temps?», conclut-elle.

Johanna Pellus

Johanna Pellus

Journaliste