Des parcomètres seront installés dans le centre-ville de L’Assomption dès la prochaine rentrée scolaire. Malgré une pétition accumulant près de 2500 signatures d’opposants, le projet va de l’avant.
La décision amène son lot de frustration auprès des commerçants, des résidents ainsi que des visiteurs des villes avoisinantes. Plusieurs Assomptionnistes ont manifesté leur désaccord au dernier conseil municipal le 12 mai.
«Vous avez réussi à mettre assez la colère au fond des citoyens pour que je prenne la parole pour la première fois en 50 ans. Vous êtes en train de défigurer complètement le paysage de L’Assomption», a fustigé une citoyenne sous des applaudissements, comme on peut le voir dans la diffusion du conseil sur Facebook.
Les protestataires déplorent la mise en place de parcomètres dans les secteurs résidentiels et la difficulté d’utilisation de l’application, notamment pour les personnes âgées.
Le plan d’optimisation et d’amélioration de la circulation prévoit également le développement d’espaces de stationnement dans un un parc en zone inondable. Ce volet du projet est aussi largement critiqué par les citoyens qui pensent que d’autres endroits auraient été plus appropriés pour la construction de stationnements.
«On savait que ce ne serait pas une décision populaire»
Le maire de L’Assomption, Sébastien Nadeau, estime que les parcomètres sont nécessaires pour améliorer l’offre de stationnement même s’ils sont impopulaires. Près de 1800 voitures associées au cégep se stationnent chaque jour alors que l’établissement ne compte que 30 places de stationnement pour les étudiants.
Le maire nie que les profits seront utilisés pour financer les opérations de la Ville. L’administration compte cependant les utiliser pour construire de nouvelles places de stationnement et développer des projets de dynamisation du centre-ville.
«On considère que ce n’est pas au citoyen de payer pour ça, mais à l’utilisateur-payeur.»
— Sébastien Nadeau, maire de L’Assomption

Une quarantaine de commerces contre le projet
Les propriétaires du restaurant le L’Assom et de l’Herboristerie Plaisir Santé, Pierre Martel et Isabelle Delisle respectivement, ont écrit une lettre pour s’opposer au projet de parcomètres. Cette lettre a été signée par 42 commerces, soit 92% des commerces du méandre de L’Assomption selon leur estimation. De nombreuses vitrines des commerces arborent des affiches contre le stationnement payant.
Les commerçants craignent que les touristes désertent leurs boutiques et restaurants en raison des frais associés au stationnement, et que les visiteurs choisissent d’aller dépenser leur argent dans des villes avoisinantes, comme Repentigny où le stationnement n’est pas tarifé.
Toutefois, les parcomètres produisent l’effet inverse, selon le professeur à l’école d’urbanisme et d’architecture de l’Université de Montréal, Jean-Philippe Meloche.
En raison de la tarification, les visiteurs ont tendance à utiliser leur espace de stationnement pour une plus courte période. Il y a donc un plus grand roulement qui amène davantage de clients dans les commerces.
«Lorsqu’il n’y a pas de parcomètres, mais qu’il y a beaucoup de voitures, c’est souvent des voitures non pertinentes qui sont stationnées. Par exemple, devant les commerces, ce sont souvent les employés qui prennent les places», explique le professeur Meloche.

Des consultations insuffisantes, selon des résidents
«Les parcomètres, c’est la goutte qui a fait déborder le vase», se désole quand même Ambre Lun Saw, instigatrice de la pétition. La citoyenne de L’Assomption est d’avis que les décisions entourant les parcomètres et les nouveaux espaces de stationnement se sont prises sans les consultations citoyennes suffisantes.
Le sujet des parcomètres a été abordé lors de cafés citoyens – des discussions avec le maire rassemblant une centaine de résidents. Selon Ambre Lun Saw, c’est insuffisant pour une ville qui compte environ 25 000 habitants.
Devant les contestations, la municipalité a adapté son projet afin de permettre aux résidents de se stationner gratuitement.