Les commerçants d’un tronçon de la rue Sherbrooke, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, sont mécontents et affirment que les modifications apportées aux règlements de stationnement nuisent à leurs affaires.
«Deux clients sont venus me voir aujourd’hui pour me dire qu’on ne les avait pas autorisés à payer», a raconté Evelyn Couture, copropriétaire de Dog Haus, un salon de toilettage et une boutique d’articles pour animaux.
Mme Couture était au téléphone avec le 311 jeudi, essayant d’obtenir des réponses de la part de la Ville.
Les automobilistes ne peuvent pas stationner devant son magasin pendant les heures d’ouverture, car il s’agit d’une zone de livraison de 9h à 15h30, puis d’une voie réservée aux autobus jusqu’à 18h30.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
Et pourtant, la Ville a installé des parcomètres le long de la rue.
«Pourquoi installeraient-ils des parcomètres si on n’a pas le droit de se stationner devant et de payer pour ces places?», a demandé Mme Couture.
Ce tronçon de la rue Sherbrooke, entre le Grand Boulevard et l’avenue Hampton, était l’une des dernières artères commerciales de Montréal où le stationnement était gratuit.
Au printemps, l’arrondissement a annoncé l’installation de parcomètres, mais à la suite d’une levée de boucliers de la part du public, il a réduit le nombre de parcomètres prévus à environ 250, soit près de la moitié des 447 initialement prévus.

Mme Couture craint que les clients trouvent que magasiner dans ce secteur soit trop compliqué.
«La rue est déjà en difficulté et cela n’aide pas. C’est plutôt préjudiciable. Je sais pertinemment que je vais choisir un endroit où je peux simplement me garer dans un stationnement plutôt que d’aller au centre-ville», a-t-elle dit.
Alan Lipinski, caissier à la Banque Scotia, a expliqué que les clients ont l’habitude de passer rapidement pour un service bancaire, mais que s’ils ne nourrissent pas le parcomètre, ils se retrouvent avec une contravention.
«Il y a beaucoup de plaintes en général», a-t-il indiqué. «Ça leur prend 10 ou 15 minutes, puis ils sortent et 92$, jetés par la fenêtre, juste comme ça.»
À Ophtalmo Vétérinaire, une clinique vétérinaire spécialisée dans les soins oculaires, les propriétaires ont exprimé leur frustration face aux parcomètres en installant des affiches devant leur établissement accusant la ville de vouloir se remplir les poches.
Les clients viennent de partout au Québec, a rapporté la réceptionniste Louise Provost, ajoutant qu’il est difficile de trouver un stationnement gratuit dans les rues latérales et que cela est également devenu un problème pour les employés.
«Mon plus gros problème, ce sont tous les employés», a-t-elle dit. «La plupart d’entre eux ne sont pas du quartier. On va devoir rester ici 8, 10, 12 heures pour payer le parcomètre. C’est un gros problème pour le budget. Et pour les citoyens qui habitent la rue Sherbrooke, s’ils conduisent une auto, où vont-ils se stationner?»
Selon l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, l’objectif des parcomètres est «d’améliorer la rotation des places de stationnement et d’encourager un plus grand respect des règlements de stationnement».
«Nous savions que ce projet susciterait des opinions tranchées, c’est pourquoi nous avons passé les derniers mois à rencontrer les résidents et les commerçants et à écouter leurs préoccupations. Ces discussions ont directement influencé la forme finale du projet», a fait savoir Sonny Moroz, conseiller municipal de Snowdon, dans un communiqué.
Cependant, Mme Provost ne croit pas que leurs préoccupations aient été entendues. «Il aurait dû y avoir davantage de négociations, au moins avant que ce ne soit déjà une affaire conclue», a-t-elle lancé.
Mme Couture partage cet avis. «Ils disent qu’il y a eu consultation. C’était après coup. Ils ont tenu quelques réunions, ce qui est vraiment frustrant. Je paie beaucoup de taxe d’entreprise. Je ne sais même pas ce que j’obtiens en contrepartie, vraiment pas», a-t-elle ajouté.
L’arrondissement a demandé à l’association commerciale locale Biz NDG de continuer à dialoguer avec les commerçants et à surveiller les répercussions.
«Nous reconnaissons que tout le monde n’est pas d’accord avec le résultat final, et nous respectons cela», a expliqué Sonny Moroz. «Bien qu’aucune solution ne puisse satisfaire tout le monde, nous croyons avoir trouvé une approche équilibrée qui soutient à la fois la vitalité commerciale de Sherbrooke-Ouest et les besoins de la communauté environnante.»

