Une experte en transports à faibles émissions de carbone affirme que les quelque 1000 autobus fonctionnant au gaz naturel comprimé qui circulent au Canada sont toujours considérés comme «extrêmement sûrs», alors même qu’un de ces autobus a été impliqué dans un accident mortel à Calgary qui a coûté la vie à trois personnes.
Un accident en chaîne s’est produit jeudi lorsqu’un autobus de transport en commun a percuté plusieurs véhicules avant de heurter par l’arrière un autobus à l’arrêt, provoquant une explosion qui a également fait plus d’une dizaine de blessés.
La police de Calgary a indiqué qu’une agente avait été transportée à l’hôpital après avoir été blessée en se précipitant vers un autobus alors que le feu se déclarait.
L’un des autobus de 12 mètres de long impliqués dans l’accident fonctionnait au gaz naturel comprimé, un carburant considéré comme moins cher et plus respectueux de l’environnement que le diesel.
Les autobus fonctionnant au gaz naturel comprimé sont courants dans les transports en commun et sont en service depuis 20 ans, a déclaré Josipa Petrunic, présidente-directrice générale du Consortium canadien de recherche et d’innovation en transport urbain (CUTRIC), un organisme national à but non lucratif spécialisé dans la recherche et la planification en matière de transports à faibles émissions de carbone.
«Cette technologie est considérée comme extrêmement sûre; nous devons donc tous chercher à comprendre ce qui s’est passé pour qu’une situation d’accident ait pu créer un environnement dangereux», a soutenu Mme Petrunic.
Selon un rapport issu de la base de données du CUTRIC, 958 autobus fonctionnant au gaz naturel comprimé circulent actuellement en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique. Au Québec, la Ville de Mont-Tremblant a intégré cinq autobus de ce type dans sa flotte de transport en commun en 2024, peut-on lire sur le site web d’Énergir.
Mme Petrunic a précisé que la construction de ces autobus intègre plusieurs mécanismes de sécurité robustes, notamment une série d’outils et de technologies conçus pour gérer les fuites et réduire les risques d’incendie. Leurs réservoirs sont également conçus pour résister à des chocs violents.
En général, le principal danger de ces autobus, comme de tout moyen de transport en commun, réside dans l’absence de ceintures de sécurité, a souligné Mme Petrunic.
Un porte-parole de Nova Bus a confirmé que son entreprise était le constructeur de l’autobus qui a été percuté par l’arrière lors de l’accident de jeudi et que l’entreprise était en contact avec Calgary Transit.
Le porte-parole a également dit qu’il était «prématuré de spéculer sur la cause avant qu’une enquête approfondie n’ait été menée à bien».
«La sécurité reste la priorité absolue de Nova Bus, et nous apportons notre entière coopération à Calgary Transit et aux autorités compétentes dans le cadre de leur travail visant à établir les faits.»
Calgary Transit se procure ses autobus auprès de constructeurs soumis aux tests d’Altoona, un processus de certification rigoureux applicable à tout nouveau modèle d’autobus afin d’évaluer sa durabilité et sa fiabilité avant son intégration dans la flotte, a expliqué Mme Petrunic.
L’agence dispose de près de 250 autobus au gaz naturel comprimé, ce qui représente environ 20 % de sa flotte, selon son site web. Le site indique que la Ville prévoit d’en acheter environ 150 supplémentaires cette année pour remplacer les autobus au diesel.
Alors que les enquêteurs continuent d’examiner les causes de l’accident, Mme Petrunic a affirmé que les responsables du secteur se pencheraient sur les facteurs ayant contribué à la collision.
«Une série d’événements a dû se produire simultanément pour que cet accident catastrophique, ayant entraîné la mort, se produise, a dit Mme Petrunic. Un accident de transport en commun ne devrait pas entraîner la mort de passagers.»
