Beaucoup de gens utilisent les réseaux sociaux pour rester en contact avec leur famille et leurs amis et pour publier des photos et des vidéos, mais certaines applications bloquent des utilisateurs et suppriment leurs comptes alors même que ceux-ci affirment n’avoir rien fait de mal.
«Ma sœur m’a envoyé un texto pour me demander: “Est-ce que tu as désactivé ton compte Instagram ou l’as-tu supprimé?” J’ai répondu: “Quoi?” Je suis donc allée sur Instagram, et j’ai vu une page qui disait: “Votre compte a été désactivé”», a raconté Laetitia Van Ruymbeke, de Toronto.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Elle possède son compte Instagram depuis 16 ans et l’utilise pour publier des photos de sa famille et de ses amis. Elle compte également des centaines de contacts qu’elle a rencontrés au cours de ses voyages à travers le monde.
C’est pourquoi, il y a deux mois, elle a été stupéfaite de se retrouver bloquée hors de son compte.
«C’est vraiment décourageant quand votre fille utilise Instagram pour rester en contact avec ses amis et sa famille. Elle était en larmes quand ça s’est produit», a confié sa mère Chantal Fry.
Le compte de Laetitia Van Ruymbeke a été bloqué après qu’on lui a indiqué qu’elle avait publié quelque chose qui enfreignait les lignes directrices de la communauté.
Cependant, elle estimait n’avoir rien publié qui aurait pu poser problème, et personne chez Instagram ni chez sa société mère, Meta, n’a pu lui indiquer quelle publication avait causé le problème.
Mme Fry a tenté d’aider sa fille à retrouver l’accès à la plateforme, mais sans succès. «Elle a essayé de créer un autre compte, et le même message est apparu. C’est comme si elle avait été bannie d’Instagram sans aucune raison», a-t-elle dit.
La réaction de Meta
Mme Van Ruymbeke n’a pas été informée de la publication à l’origine du problème, mais elle a reçu un courriel de l’équipe Meta Pro indiquant : «Je comprends parfaitement votre frustration, d’autant plus que Meta a déjà reconnu une erreur concernant votre compte Instagram. En examinant attentivement la capture d’écran, l’avis “Vous ne pouvez pas demander un autre examen de cette décision” indique que Meta a finalisé sa décision concernant ce compte en particulier.»
«Lorsqu’un compte atteint cette étape finale, leur système ferme complètement tous les canaux de révision, et malheureusement, il n’y a aucun moyen pour nous de contourner ou d’annuler cette décision. Puisque ce profil ne peut être récupéré, la seule solution est de télécharger les renseignements de votre compte tant que cela est encore possible. Afin de protéger votre présence future et d’éviter que cela ne se reproduise, veuillez vous assurer que tout le contenu, toutes les interactions et tous les outils tiers respectent strictement les lignes directrices de la communauté de Meta dès le premier jour», a-t-on ajouté.
«Personne ne sait vraiment pourquoi»
L’analyste en technologie Carmi Levy a rapporté que de nombreuses personnes se retrouvent exclues des plateformes de médias sociaux pour des raisons similaires, et bien que la plateforme puisse affirmer qu’une personne a enfreint les normes communautaires, celle-ci n’a peut-être rien publié de controversé ou de problématique.
«Personne ne sait vraiment pourquoi son compte a été suspendu», a-t-il avancé.
Il a souligné que la plupart du contenu sur les plateformes de médias sociaux est examiné par des robots d’IA, qui peuvent donc interpréter à tort des photos comme étant offensantes alors qu’elles sont tout à fait inoffensives.
Une fois que l’on est banni d’une plateforme de médias sociaux, il peut être presque impossible d’y revenir, selon l’expert.
«Aucun humain n’intervient dans le processus. C’est l’IA qui détermine quels comptes ont franchi la ligne rouge. C’est l’IA qui décide s’ils sont réactivés ou non, et il n’y a tout simplement aucune possibilité de parler à un humain qui pourrait les aider et corriger cette injustice», a souligné M. Levy.
Pour Laetitia Van Ruymbeke, il est difficile de devoir cesser d’utiliser quelque chose qui avait occupé une place si importante dans sa vie.
«C’est vraiment déstabilisant de devoir renoncer à quelque chose qui a toujours été mon outil de prédilection, car cela fait partie de ma vie depuis 16 ans, depuis mon adolescence jusqu’à aujourd’hui où je suis adulte», a-t-elle affirmé.
Elle a ajouté qu’elle était heureuse de pouvoir conserver certains de ses précieux souvenirs grâce à d’autres sources et qu’elle essayait de retrouver ses contacts, mais qu’elle estimait que Meta devrait faire appel à des personnes pour signaler le contenu inapproprié, et non à l’IA.
«J’espère simplement qu’ils feront appel à des humains pour s’en occuper, qu’ils pourront éliminer les mauvais et laisser les bons conserver leur contenu», a-t-elle conclu.

