L’autorité canadienne responsable de la protection de la vie privée a ouvert une enquête sur une fuite de données qui aurait touché à grande échelle le programme «Échec au crime», alors que les services de police de tout le pays ont suspendu la réception d’informations par l’intermédiaire de cette plateforme.
Le bureau du commissaire à la protection de la vie privée, Philippe Dufresne, indique que l’enquête portera sur l’incident de cybersécurité impliquant Navigate360, l’entreprise tierce qui gère la plateforme utilisée par Échec au crime.
Cette enquête fait suite à un reportage de la CBC selon lequel 1,5 million de signalements transmis aux programmes canadiens d’Échec au crime au cours des 25 dernières années ont été exposés lorsque Navigate360 a été piratée en mars.
L’entreprise basée aux États-Unis a confirmé cette violation la semaine dernière, précisant qu’elle avait immédiatement ouvert sa propre enquête, pris des «mesures d’atténuation» et «mis en place des mesures de protection supplémentaires et renforcées» avec le soutien d’une autre entreprise spécialisée en cybersécurité après la découverte de la faille.
Les services de police de tout l’Ontario, dont plusieurs de la région du Grand Toronto, ont temporairement cessé de rediriger les appels du public vers Échec au crime après cette révélation.
Au-delà de l’Ontario, au moins deux services de police du Manitoba, dont celui de Winnipeg, ont déclaré qu’ils cesseraient de recueillir des informations par l’intermédiaire du programme le temps d’examiner et d’évaluer l’incident.
«Saskatchewan Crime Stoppers» a demandé au public cette fin de semaine d’éviter d’envoyer des informations via sa plateforme.
«Cette suspension est temporaire. Nous recommencerons à accepter de nouveaux renseignements dès que nous serons certains que cela peut se faire en toute sécurité», a-t-il indiqué dans un communiqué.
Le bureau du commissaire à la protection de la vie privée a indiqué avoir pris contact avec les programmes Échec au crime, afin de leur offrir «son expertise et ses conseils» en réponse à cette violation.
«L’enquête portera sur les mesures de sécurité que Navigate360 avait en place au moment de l’atteinte en vue d’établir si l’organisation respecte la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé au Canada», a-t-il indiqué mardi dans un communiqué.
L’organisme de surveillance a également indiqué avoir contacté Navigate360, sans toutefois préciser si l’entreprise avait répondu.
Il a précisé que les discussions «avec les deux organisations visent à ce que les mesures nécessaires soient prises pour réagir à l’atteinte et protéger les renseignements personnels des Canadiennes et des Canadiens».
