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Pompéi: les archéologues ont recours à l'IA pour reconstituer le visage d'une victime

«Bien utilisée, l’IA peut contribuer à un renouveau des études classiques.»

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ARCHIVES - Vue du parc archéologique de Pompéi, près de Naples, dans le sud de l'Italie, le 14 décembre 2022. Photo AP/Andrew Medichini Vue du parc archéologique de Pompéi, près de Naples, dans le sud de l'Italie, le 14 décembre 2022. (Andrew Medichini/The Associated Press)

Des archéologues du site antique de Pompéi ont utilisé pour la première fois l’intelligence artificielle (IA) afin de reconstituer numériquement le visage d’une victime de l’éruption du Vésuve de l’an 79 après J.-C. qui a enseveli la ville, offrant ainsi un nouvel éclairage sur l’une des catastrophes naturelles les plus célèbres de l’histoire.

Le portrait numérique représente un homme âgé qui faisait partie des deux victimes découvertes alors qu’elles tentaient de fuir la ville en direction de la côte de l’Italie actuelle pendant l’éruption volcanique. Les chercheurs pensent que cet homme est mort au début de la catastrophe, lors d’une forte chute de débris volcaniques.

La reconstitution a été réalisée par le Parc archéologique de Pompéi en collaboration avec l’Université de Padoue et s’appuie sur les données archéologiques issues des fouilles menées près de la nécropole de Porta Stabia, juste à l’extérieur des murs de la ville antique.

Pompéi, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO situé près de Naples, a été ensevelie sous les cendres et la pierre ponce lors de l’éruption du Vésuve il y a près de 2000 ans, préservant ainsi la ville et des milliers de ses habitants avec un niveau de détail remarquable.

Les archéologues ont trouvé la victime tenant un mortier en terre cuite, qu’ils interprètent comme une tentative improvisée de protéger sa tête contre les lapilli, ces petites pierres volcaniques qui ont plu pendant l’éruption.

Des récits anciens – notamment ceux de l’écrivain romain Pline le Jeune – décrivent des habitants utilisant des objets pour se protéger alors que les cendres et les débris recouvraient la ville.

L’homme portait également une lampe à huile, un petit anneau en fer et dix pièces de bronze, des objets personnels qui donnent un aperçu de ses derniers instants ainsi que de la vie quotidienne à Pompéi avant la catastrophe.

Le portrait numérique a été créé à l’aide de l’intelligence artificielle et de techniques de retouche photo conçues pour traduire des données squelettiques et archéologiques en une représentation humaine réaliste.

«L’ampleur des données archéologiques est désormais telle que seule l’intelligence artificielle nous permettra de les protéger et de les mettre en valeur de manière adéquate. Bien utilisée, l’IA peut contribuer à un renouveau des études classiques», a souligné Gabriel Zuchtriegel, directeur du parc de Pompéi, dans un communiqué.

Le projet vise à rendre la recherche archéologique plus accessible et plus captivante sur le plan émotionnel pour le public, tout en conservant une base scientifique, ont expliqué les chercheurs.