Le premier ministre Mark Carney a annoncé jeudi que son gouvernement allait investir jusqu’à 1,6 milliard $ dans l’entreprise canadienne d’intelligence artificielle (IA) Cohere.
Il a fait cette annonce alors qu’il accueillait les dirigeants de l’Union européenne à Montréal, à l’occasion d’un sommet visant à resserrer les liens entre les deux parties.
«Quand l’intelligence artificielle qui fait tourner notre économie et nos services publics est conçue au Canada, ce sont les Canadiennes et les Canadiens qui décident de son fonctionnement et à qui elle doit rendre des comptes», a déclaré M. Carney.
En avril, Cohere avait annoncé sa fusion avec la société allemande Aleph Alpha, précisant que la nouvelle entité serait implantée en Allemagne et au Canada.
Jeudi, M. Carney a qualifié ce partenariat d’«exemple concret» de ce que le Canada et l’Europe peuvent construire ensemble.
Il a ajouté que, dans le cadre de cet accord, Cohere resterait une entreprise canadienne.
«Votre gouvernement prend la protection de vos données très au sérieux. Nous n’allons pas les envoyer à l’étranger, a insisté le premier ministre. Avec Cohere, nous allons les garder ici, au Canada, où elles vont être régies par nos lois et nos valeurs.»
M. Carney a précisé que le gouvernement faisait cette annonce sur une base commerciale, aux côtés d’investisseurs privés, notamment Nvidia, Bell et le groupe allemand Schwarz.
Aidan Gomez, cofondateur et chef de la direction de Cohere, a déclaré lors de l’annonce que l’entreprise, fondée il y a sept ans, est désormais l’une des très rares entreprises au monde à développer des technologies d’IA de pointe à l’échelle mondiale.
Il a ajouté qu’il s’agissait de la plus grande entreprise d’IA en dehors des États-Unis et de la Chine.
Dans un communiqué de presse publié jeudi, le gouvernement a précisé que le financement serait versé «graduellement», et que l’entreprise rendrait régulièrement compte des engagements pris.
Ces engagements comprennent la création d’au moins 1000 «nouveaux emplois techniques bien rémunérés au Canada» et l’investissement d’au moins 1,7 milliard $ dans le développement d’«infrastructures informatiques supplémentaires» d’ici 2030.
Le gouvernement précise que Cohere conservera également son siège social et sa constitution en société au Canada, investira dans des partenariats de recherche, créera des opportunités pour les étudiants et les diplômés et continuera à collaborer avec l’Institut canadien de la sécurité de l’IA.
«Cohere sera ainsi en mesure de mettre au point des modèles et des produits ultra avancés, de renforcer son infrastructure informatique et d’élargir ses effectifs au Canada afin de servir davantage d’entreprises et d’administrations publiques au Canada et ailleurs dans le monde», indique le communiqué de presse.
«Bâtir cette capacité au pays, c’est offrir aux entreprises et aux administrations publiques canadiennes plus de choix dans la manière dont elles adoptent l’IA, ainsi qu’un meilleur contrôle sur leurs informations sensibles.»
En 2024, le gouvernement a annoncé qu’il allouerait jusqu’à 240 millions $ à Cohere pour renforcer sa capacité de calcul. En 2025, Ottawa a signé un accord avec l’entreprise afin d’identifier les domaines dans lesquels l’IA peut améliorer le fonctionnement des services publics.
Le ministre chargé de l’intelligence artificielle, Evan Solomon, a souvent cité Cohere comme un atout du Canada en matière d’IA, affirmant que le Canada est l’un des rares pays au monde à disposer d’un modèle linguistique de grande envergure.

