Les conséquences de l’essor rapide de l’intelligence artificielle sur l’avenir de l’humanité suscitent des inquiétudes croissantes. Des patrons américains ont eux-mêmes plaidé pour ralentir son développement.
L’AFP est allée à la rencontre de citoyens du monde entier pour leur demander leur avis sur l’IA.
Italie : «En privé, ça me fait peur»
«J’essaie de l’utiliser dans ma vie professionnelle, mais dans ma vie privée, cela me fait encore peur», confie dans le centre de Rome, Frida Awrohum, architecte de 43 ans.
Pour Diego Sermattei, 18 ans, l’IA peut être très utile pour les étudiants comme lui, car «il suffit de chercher quelque chose et elle le trouve tout de suite. Donc c’est très pratique pour les étudiants, pour les employés, pour faire des recettes».
Indonésie: informations inexactes
«Parfois, les informations ne sont pas exactes. Du coup je compare en consultant à la fois ChatGPT et Gemini», confie Astrid Anindya une étudiante de 18 ans.
États-Unis : «On a ouvert la boîte de Pandore»
«La réalité, c’est que l’IA est là. On a créé un monstre (…). Il faut se concentrer sur les mesures à prendre pour la maîtriser», estime Maliyka Muhammad, analyste de 46 ans pour l’État de New York.
À San Francisco, l’ingénieure informatique Lucy Pen, 30 ans, a déjà vu son travail évoluer : au lieu de coder (écrire un programme informatique) elle-même, elle demande désormais à des agents d’IA de le faire pour elle.
«Dans le futur, il n’y aura peut-être plus besoin de moi pour diriger l’intelligence artificielle», avance-t-elle.
Chine : «De vraies difficultés»
Dans les rues de Shanghai, Xie Zongbo, 42 ans, estime qu’«aucune nouvelle technologie ne se développe de façon totalement fluide».
«Nous apprendrons peu à peu à en réduire les impacts négatifs, afin que ses aspects positifs puissent mieux servir l’humanité et aboutir à davantage de confort», avance-t-il.
Jenny, une employée de l’industrie pharmaceutique de 50 ans qui a refusé de donner son nom de famille, trouve que «les entreprises ne peuvent pas se réguler elles-mêmes». Elles doivent selon elle être contraintes par des politiques et des lois.
Pour l’homme d’affaires Yang Shuai, 42 ans, «l’intelligence artificielle remplace bien trop de choses, ce qui signifie que les générations futures rencontreront inévitablement d’énormes obstacles dans leur recherche d’emploi».
Chili : «Nous rend plus bêtes»
Pour Catalina Cruz, 19 ans, étudiante en publicité, l’IA «nous rend plus bêtes» parce que «les gens ne sont plus capables de réfléchir par eux-mêmes». «Il y a aussi la question environnementale, car elle consomme trop d’eau », relève-t-elle. Cette technologie «doit absolument être régulée», insiste-t-elle.
Constanza Medel, ergothérapeute de 29 ans, considère l’IA «comme un atout évident, tant que l’on prend les précautions adéquates».
France : «pas assez de barrières»
En formation de conducteur de train, Romain Hamel, 34 ans, à Paris trouve que l’IA se développe tellement vite qu’«on n’a pas assez de recul». «On ne met pas assez de barrières», poursuit-il.
«C’est surtout une volonté des États-Unis et de la Chine, il y a une histoire de conflits, de courses un peu à l’intelligence artificielle», ajoute-t-il.
Israël : «Elle peut en finir avec nous»
Le créateur de vidéos Yotam Katzor, 32 ans, s’inquiète de ce qui se passera lorsque les humains ne seront plus les êtres les plus intelligents sur Terre.
«Si elle le veut, elle peut nous anéantir. Mais nous avons encore le pouvoir de gagner et d’appuyer sur le bouton de fin, si nous mettons en place des réglementations à son sujet.»
Japon : «L’IA n’a pas d’émotions»
Pour Atsukuni Tabata, 56 ans, qui travaille dans une agence de publicité, «À mesure que l’IA accumule de plus en plus de données, j’ai l’impression qu’on ne sait pas vraiment quelles actions elle va entreprendre ni sur quelles normes ces actions vont se fonder, et c’est justement cela qui fait vraiment peur.»
Mais Konno Hazuki, 29 ans, employée à temps partiel dans le secteur des services, ne pense pas être «sur le point d’être remplacée par l’IA». «Comme l’IA est dépourvue d’émotions, il y a des choses qu’elle ne pourra jamais offrir aux clients», estime-t-elle.
