Les médias canadiens se disent préoccupés par les modifications apportées aux conditions d’utilisation de Meta et souhaitent que l’entreprise précise en quoi celles-ci les concerneront.
Les modifications apportées l’entreprise, rapportées pour la première fois par Neiman Lab, ont conduit certains à suggérer qu’elles pourraient autoriser l’extraction de données sur les sites web associés à un compte professionnel à des fins d’entraînement de l’IA.
Meta a depuis révisé ces conditions, mais l’inquiétude persiste. Les éditeurs européens et britanniques ont demandé aux gouvernements et aux autorités de régulation d’intervenir.
L’association d’éditeurs Médias d’Info Canada a déclaré: «À l’instar des associations d’éditeurs du monde entier, nous sommes très préoccupés et souhaitons obtenir des éclaircissements.»
Le fait que Meta ait bloqué l’accès aux contenus d’actualité au Canada à la suite de l’adoption de la Loi sur les nouvelles en ligne en 2023 suscite une incertitude supplémentaire quant à la manière dont les médias canadiens pourraient être affectés par ces nouvelles conditions.
L’Association canadienne des radiodiffuseurs a indiqué que ses membres avaient fait part de leurs inquiétudes et qu’à tout le moins, Meta devrait faire preuve de transparence quant à l’impact des nouvelles conditions sur les médias canadiens.
Le président de l’association, Kevin Desjardins, a souligné qu’il existait une «contradiction évidente» et que Meta avait bloqué l’accès aux actualités «en arguant que celles-ci n’apportaient pas suffisamment de valeur à ses plateformes».
«Or, [Meta] semble désormais chercher à obtenir des autorisations étendues pour accéder au contenu des sites web des éditeurs et l’utiliser à ses propres fins commerciales», a-t-il ajouté.
«Les diffuseurs canadiens ne devraient pas être placés dans une situation où leurs contenus journalistiques ne seraient pas accessibles aux Canadiens sur les plateformes de Meta, alors que Meta se réserve potentiellement des droits étendus pour les exploiter.»
En réponse à une question sur l’application de ces conditions au Canada, un porte-parole de Meta a déclaré: «Les conditions d’exploration que nous avons harmonisées ne s’appliquaient qu’à nos publicités et à nos produits professionnels, et nous l’avons précisé dans les conditions elles-mêmes.
«Cela ne change en rien la manière dont Meta utilise les robots d’indexation. Comme toujours, les propriétaires de contenu peuvent utiliser le fichier robots.txt pour indiquer leurs préférences. Il ne s’agit pas d’extraire le contenu des sites d’information, et ces mises à jour ne nous confèrent pas de nouveaux droits qui prévalent sur ces préférences.»
Plusieurs éditeurs de presse canadiens utilisent déjà un fichier robots.txt pour bloquer les robots des entreprises d’IA, telles qu’OpenAI.
Plusieurs médias canadiens, dont La Presse Canadienne, ont engagé des poursuites judiciaires contre OpenAI et Anthropic concernant l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur pour l’entraînement de systèmes d’IA.
