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Les États-Unis rejettent «totalement» une gouvernance mondiale de l’IA

«Nous estimons que son développement ne peut pas conduire à un avenir meilleur si elle est soumise à la bureaucratie et un contrôle centralisé.»

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Le premier ministre indien Narendra Modi, septième à gauche, pose pour une photo avec les PDG de divers groupes spécialisés dans l'intelligence artificielle lors du sommet sur l'IA à New Delhi, en Inde, le jeudi 19 février 2026. Le premier ministre indien Narendra Modi, septième à gauche, pose pour une photo avec les PDG de divers groupes spécialisés dans l'intelligence artificielle lors du sommet sur l'IA à New Delhi, en Inde, le jeudi 19 février 2026. (Uncredited)

Les États-Unis ont rejeté vendredi toute gouvernance mondiale de l’IA, avant une déclaration des dirigeants du monde entier réunis en Inde sur l’intelligence artificielle.

«Comme l’administration Trump l’a désormais affirmé à de nombreuses reprises, nous rejetons totalement la gouvernance mondiale de l’IA», a déclaré Michael Kratsios, conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies.

Quelques heures auparavant, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait confirmé le lancement d’une commission scientifique destinée à faire «du contrôle humain» de l’IA «une réalité technique».

À l’issue de ce sommet, les dizaines de dirigeants et de ministres du monde entier présents à New Delhi devraient publier un communiqué commun sur les apports de l’IA — comme la traduction instantanée ou la découverte de médicaments — mais aussi sur les risques qu’elle comporte.

Les trois précédentes éditions sur l’intelligence artificielle avaient abouti à un texte vague.

Le patron d’OpenAI, Sam Altman, avait déclaré jeudi que cette technologie en plein essor avait un besoin urgent de régulation, alors que grandissent les inquiétudes quant à son impact sur la société et l’environnement.

«Nous fonçons dans l’inconnu. L’innovation liée à l’IA avance à la vitesse de la lumière et dépasse notre capacité collective à la comprendre et encore plus à la gouverner», a souligné vendredi M. Guterres, devant le sommet mondial sur l’IA.

La majorité des emplois touchés par l’IA, selon une étude Une étude de l’Institut de la statistique du Québec suggère que 60% de la population québécoise est exposée à l’intelligence artificielle (IA) au travail. Cela veut dire qu’une personne pourrait éventuellement voir son emploi être amélioré, transformé ou remplacé par la technologie.

Favoriser l’«esprit d’entreprise»

À l’opposé, pour le représentant de la Maison-Blanche, l’intelligence artificielle a le potentiel de «favoriser l’épanouissement humain et de générer une prospérité sans précédent».

«Les obsessions idéologiques axées sur les risques, comme le climat ou l’équité, sont des prétextes à une gestion bureaucratique et à la centralisation», a-t-il affirmé.

Lors de l’édition de l’an dernier à Paris, les États-Unis n’avaient pas signé la déclaration commune à l’issue du sommet.

Washington a publié vendredi après-midi une déclaration commune avec l’Inde, affirmant que les deux pays allaient «adopter une approche mondiale de l’IA résolument favorable à l’esprit d’entreprise et à l’innovation».

«Les deux parties s’engagent à adopter… des cadres réglementaires (…) favorisant l’innovation technologique et encourageant l’investissement», précise le texte.

Le gouvernement américain refuse d’encadrer les accès et les contenus sur les plateformes, au nom de la liberté d’expression notamment.

Le Sommet pour l’action sur l’IA à New Delhi était le plus important sommet à ce jour, avec des dizaines de milliers de participants et visiteurs, et le premier à se tenir dans un pays en développement.

Le prochain sommet se tiendra à Genève début 2027.

Manifestation contre Modi

La police a interpellé des militants se réclamant de la branche jeunesse du parti d’opposition du Congrès, qui ont manifesté vendredi dans le parc d’exposition où se déroulait l’événement contre le premier ministre Narendra Modi.

Outre une vingtaine de dirigeants politiques venus du monde entier, des patrons du tech, parmi lesquels le directeur général de Google Sundar Pichai ou Jensen Huang, dirigeant de Nvidia, le géant américain des microprocesseurs, ont participé au sommet.

Le développement de l’IA nourrit toutes les inquiétudes quant à son impact sur l’environnement, l’emploi, la création artistique, l’éducation ou l’information.

Jeudi, les dirigeants ont plaidé pour que soit garanti un accès universel à cette technologie. Narendra Modi a ainsi appelé à ce que cette technologie soit «accessible et inclusive».

Avec ses 1,4 milliard d’habitants, le pays le plus peuplé de la planète a profité de ce coup de projecteur pour afficher ses ambitions. New Delhi a dit espérer dans les deux ans un total de 200 milliards de dollars d’investissements d’entreprises sur son sol, notamment pour des projets d’IA.

Le ministre indien des Technologies de l'information, Ashwini Vaishnaw, deuxième à droite, pose pour une photo avec l'ambassadeur américain en Inde, Sergio Gor, au centre, le sous-secrétaire d'État américain aux Affaires économiques, Jacob Helberg, premier à gauche, et d'autres responsables après la signature d'un accord à New Delhi, en Inde, le vendredi 20 février 2026. Le ministre indien des Technologies de l'information, Ashwini Vaishnaw, deuxième à droite, pose pour une photo avec l'ambassadeur américain en Inde, Sergio Gor, au centre, le sous-secrétaire d'État américain aux Affaires économiques, Jacob Helberg, premier à gauche, et d'autres responsables après la signature d'un accord à New Delhi, en Inde, le vendredi 20 février 2026. (Photo AP)

Les géants mondiaux du tech ont aussi profité de l’occasion pour faire part de nouveaux accords, ainsi que des investissements et projets d’infrastructures pour ce pays d’Asie du Sud en passe de devenir la quatrième économie mondiale.

L’Inde a «rejoint» officiellement Pax Silica, le groupe de pays constitué par les États-Unis pour assurer la sécurité de leurs approvisionnements en matériaux et technologies liées à l’intelligence artificielle (IA), a déclaré Jacob Helberg, sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires économiques, lors du sommet.