L’été québécois a été marqué par les controverses entourant le streamer Médusa et ses nombreux propos misogynes au bord d’un yacht. Malgré la mauvaise presse entourant le milieu, la communauté de petits créateurs de contenus continue à grandir.
Plus d’une centaine de personnes ont répondu présentes lors de l’évènement Meet Up pour faire du réseautage et se conseiller sur les différentes facettes du streaming (diffusion en continu).
Kiosques, entrevues, jeux vidéos, conférences, fond vert et diffusion en direct font partie de la journée organisée au Collège LaSalle.
«Je trouve que la communauté, principalement à Montréal, est en train de grandir énormément», raconte la jeune streameuse Yasmine Ibelaidene, alias Totally Yas.

Alors qu’elle est en direct sur Twitch, elle explique trouver dommage que les gens n’aient gardé que le négatif de la controverse entourant Médusa. Yasmine Ibelaidene souligne toutefois qu’il y a un intérêt grandissant pour le direct depuis cet été.
«On voulait prendre l’opportunité pour tenter d’aller chercher un peu plus de positif dans le streaming québécois», affirme Olivier Lacombe qui anime et organise en partie l’évènement.
Sa conjointe et duo sur Twitch, Tania Mayer, ne s’attendait pas à une aussi grande participation. «Ça fait vraiment chaud au cœur», ajoute-t-elle.

La pandémie comme catalyseur
Toutes les personnes questionnées le mentionnent: la pandémie a vraiment aidé plusieurs streamers à gagner en visibilité.
Une fois la plateforme Twitch plus connue, l’avènement Tiktok un peu plus tard a donné un réel coup de pouce à la diffusion en direct. Des dizaines d’extraits peuvent être tirés d’un direct et facilement promouvoir une chaîne.
Selon les chiffres compilés par une poignée de passionnés dans la communauté, il existe près de 4500 personnes inscrites et suivies sur Twitch. Un nombre qui était deux fois plus petit qu’ en 2023, selon le site.
«Ce que l’on fait, ça permet vraiment de casser l’isolement», estime Tania Mayer. L’organisatrice de l’évènement raconte que plusieurs personnes viennent se confier à eux durant leurs diffusions en direct.
On a aussi beaucoup plus de qualité qu’avant. On est passé de la vieille caméra dans le sous-sol à de petits studios maison.
— Olivier Lacombe, organisateur de l'évènement
Dur de gagner sa vie
Malgré l’engouement pour le milieu, ce n’est qu’une poignée de streamers qui arrivent à en vivre.
Sur les milliers de comptes au Québec, un peu plus de la moitié atteignent les critères nécessaires pour activer la monétisation sur la plateforme Twitch. Moins de 200 ont le statut partenaire, ce qui permet signifie généralement plus d’avantages dont un badge qui confirme qu’il s’agit d’un compte vérifié.
«J’aimerais que ça soit un travail à temps plein, mais pas pour l’instant», affirme Yasmine Ibelaidene.
Selon Marie-Hélène Aubin, aussi sur l’organisation de l’évènement, il faut être présent sur plusieurs plateformes pour gagner un salaire raisonnable.
«Juste avec Twitch, je ne pense pas que ça soit possible», renchérit-elle.

