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Le chef du renseignement chinois alerte sur les dangers de l’IA

Des «forces hostiles» exploitent les technologies d’IA générative pour «fabriquer des rumeurs en matière de politique et diffuser des informations nuisibles».

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Des visiteurs passent devant une installation illustrant l'intelligence artificielle et une main humaine lors du Salon international de la chaîne d'approvisionnement de Chine, à Pékin, le lundi 22 juin 2026. Photo AP Des visiteurs passent devant une installation illustrant l'intelligence artificielle et une main humaine lors du Salon international de la chaîne d'approvisionnement de Chine, à Pékin, le lundi 22 juin 2026. Photo AP (Ng Han Guan)

Le chef du renseignement chinois a estimé que l’intelligence artificielle (IA) était de nature à menacer la sécurité nationale, des puissances étrangères pouvant utiliser cette technologie pour déstabiliser le pays.

Des «forces hostiles» exploitent les technologies d’IA générative pour «fabriquer des rumeurs en matière de politique et diffuser des informations nuisibles», a écrit dimanche le ministre de la Sécurité d’État, Chen Yixin, dans un article publié en ligne.

«Ils mènent contre nous des guerres d’opinion publique et des guerres cognitives, menaçant directement notre sécurité politique, notre sécurité institutionnelle et notre sécurité idéologique», souligne-t-il.

Ces propos interviennent à quelques jours d’une rencontre prévue entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump à Washington. La gouvernance de l’IA devraient être à l’ordre du jour, sur fond d’appels croissants à un encadrement de cette technologie.

Des patrons américains du secteur technologique ont eux-même plaidé pour un ralentissement des avancées dans le domaine.

Samedi, le patron d’Anthropic, Dario Amodei, s’est exprimé en faveur d’une décélération, afin de permettre de mieux appréhender les risques découlant des nouvelles capacités de l’IA. Il a été soutenu publiquement par son homologue d’OpenAI, Sam Altman.

Dans son article, le ministre chinois a souligné que l’IA constituait désormais «le principal champ de bataille de la concurrence technologique mondiale et une nouvelle piste pour la rivalité stratégique entre grandes puissances».

Un modèle d’IA est trop dangereux pour être rendu public, selon ses développeurs Les dirigeants des banques canadiennes et les autorités de régulation se sont réunis le 10 avril dernier pour discuter des risques posés par Claude Mythos Preview, le nouveau modèle d’IA d’Anthropic, que l’entreprise juge si puissant qu’elle a décidé de ne pas le rendre public.

Il n’a pas évoqué le besoin de freiner les avancées, mais a pointé du doigt Claude Mythos d’Anthropic et ChatGPT‑5.5‑Cyber d’OpenAI pour leurs capacités avancées de piratage, susceptibles de «faire peser de graves risques sur les infrastructures d’information critiques de la Chine».

«Les services de renseignement étrangers recourent massivement à des technologies» faisant appel à l’IA «pour collecter et acquérir à grande échelle des informations sensibles telles que des données nationales cruciales, des secrets commerciaux ou encore relatives à la vie privée des citoyens», souligne M. Chen.

Il a également estimé que la guerre entre les Etats‑Unis et l’Iran avait démontré le rôle central de l’IA dans le domaine militaire, les technologies les plus avancées offrant des avantages sur le champ de bataille.

La Chine doit «garantir la maîtrise autonome des technologies clés essentielles» — notamment les puces informatiques de pointe indispensables à l’entraînement des modèles d’IA — afin d’assurer sa souveraineté technologique, a conclu le ministre.