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L’autorité de régulation irlandaise ouvre une enquête européenne sur Grok

Après que Grok AI a commencé à diffuser des images hypertruquées non consenties.

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ARCHIVES - Des ouvriers installent l'éclairage du panneau «X» au sommet du siège de l'entreprise anciennement connue sous le nom de Twitter, dans le centre de San Francisco, aux États-Unis, le 28 juillet 2023. ARCHIVES - Des ouvriers installent l'éclairage du panneau «X» au sommet du siège de l'entreprise anciennement connue sous le nom de Twitter, dans le centre de San Francisco, aux États-Unis, le 28 juillet 2023. (Noah Berger)

La plateforme de médias sociaux X d’Elon Musk fait l’objet d’une enquête de l’Union européenne sur la protection de la vie privée après que son agent Grok AI a commencé à diffuser des images hypertruquées non consenties, a indiqué mardi l’autorité irlandaise de régulation de la protection des données.

La Commission irlandaise de protection des données a notifié lundi à X l’ouverture d’une enquête en vertu des réglementations strictes de l’UE en matière de confidentialité des données, s’ajoutant ainsi à la surveillance dont fait l’objet X en Europe et dans d’autres parties du monde en raison du comportement de Grok.

Grok a suscité une vague de protestations à l’échelle mondiale le mois dernier après avoir commencé à répondre aux demandes des utilisateurs de X qui souhaitaient déshabiller des personnes grâce à ses capacités de génération et d’édition d’images par IA, notamment en habillant des femmes de bikinis transparents ou de vêtements révélateurs.

Des chercheurs ont souligné que certaines images semblaient inclure des enfants. La société a ensuite introduit certaines restrictions sur Grok, mais les autorités européennes ne se sont pas satisfaites de cette mesure.

L’organisme de surveillance irlandais a avancé que son enquête se concentrait sur la création et la publication apparentes sur X d’images intimes ou sexualisées «potentiellement préjudiciables» contenant ou impliquant des données personnelles d’Européens, y compris des enfants.

X n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Grok a été développé par la société d’intelligence artificielle xAI d’Elon Musk et est disponible via X, où ses réponses aux demandes des utilisateurs sont visibles publiquement par tous.

L’organisme de surveillance a précisé que l’enquête visera à déterminer si X s’est conformé aux règles de l’UE en matière de confidentialité des données, connues sous le nom de règlement général sur la protection des données.

En vertu de ces règles, l’autorité de régulation irlandaise est chargée de faire respecter les règles de confidentialité de l’Union européenne, car le siège européen de X est établi à Dublin. Les violations peuvent entraîner de lourdes amendes.

L’autorité de régulation «est en contact» avec X depuis que les médias ont commencé à publier, il y a quelques semaines, des informations sur «la capacité présumée des utilisateurs de X à demander au compte @Grok sur X de générer des images à caractère sexuel de personnes réelles, y compris des enfants», a déclaré le commissaire adjoint Graham Doyle dans un communiqué de presse.

Au début du mois, les procureurs français ont perquisitionné les bureaux de X à Paris et convoqué le milliardaire Elon Musk, propriétaire de la plateforme, pour l’interroger.

Parallèlement, les autorités britanniques chargées de la protection des données et des médias, qui ont quitté l’UE, ont ouvert leur propre enquête sur X.

La plateforme fait déjà l’objet d’une enquête distincte de Bruxelles visant à déterminer si elle respecte le règlement numérique de l’Union européenne visant à protéger les utilisateurs des réseaux sociaux, qui exige des plateformes qu’elles limitent la diffusion de contenus illégaux, tels que les images pédopornographiques.