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OpenAI s’associe avec une compagnie pétrolière du Golfe

Cet accord fera d’Adnoc «la première entreprise énergétique au monde à déployer OpenAI Frontier».

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Identité visuelle de la Compagnie nationale pétrolière d'Abu Dhabi. Identité visuelle de la Compagnie nationale pétrolière d'Abu Dhabi. (Christopher Pike/Bloomberg)

La compagnie pétrolière émiratie Adnoc a annoncé lundi à Abou Dhabi la mise en place d’un partenariat avec le géant américain de l’intelligence artificielle OpenAI, le présentant comme le premier de ce type au monde dans le secteur énergétique.

Cet accord, accompagné d’une série d’autres annonces, a été dévoilé à l’occasion d’une conférence de l’industrie pétrolière, à laquelle assistait le patron du créateur de l’agent conversationnel ChatGPT, Sam Altman.

Il fera d’Adnoc «la première entreprise énergétique au monde à déployer OpenAI Frontier», plateforme destinée aux entreprises, a déclaré son directeur général et ministre émirati de l’Industrie Sultan Ahmed Al Jaber.

Aucun détail financier n’a été communiqué.

Aujourd’hui acteurs modestes dans les dépenses en IA, les pétromonarchies du Golfe investissent très lourdement dans l’infrastructure (data centers et énergie) afin de s’affirmer comme un pôle régional.

Cette offensive s’inscrit dans le cadre de leurs efforts de diversification de leur économie au-delà du secteur énergétique.

Dans la même optique, le géant pétrolier Aramco avait annoncé dimanche l’acquisition de 49% du capital de la jeune entreprise saoudienne d’IA humain, créé en 2025 par le royaume.

Si les producteurs de la région bénéficient de l’envolée des cours du brut liée à la guerre au Moyen-Orient, ils ont vu leurs exportations entravées par le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran et les attaques répétées contre leurs navires.

«Avant ces perturbations, le transport maritime et l’électricité représentaient moins de 5% du coût d’un baril. Aujourd’hui, ils en représentent plus de 30%», a souligné Sultan Al Jaber, cité dans un communiqué.

«Visionnaire»

Dans ce contexte, les compagnies cherchent à doper leur productivité, et l’IA est l’un de ces moyens.

«Des agents d’intelligence artificielle interconnectés prévoiront en continu l’offre, la demande, les prix et les marges du pétrole brut, anticiperont leurs répercussions avant même qu’elles ne surviennent, et évalueront l’impact commercial et opérationnel de chaque décision», explique Adnoc dans un communiqué.

Le partenariat, qui associe la société émiratie d’intelligence artificielle G42, pourrait également permettre d’«évaluer chaque baril alors qu’il se trouve encore dans le sous-sol», ajoute le groupe.

Le tout en se basant sur «des décennies de données provenant de milliers de puits, de multiples réservoirs superposés et de centaines d’installations de surface».

Quelle est l'influence de l'IA sur la recherche scientifique ? Comment l’intelligence artificielle transforme-t-elle la recherche scientifique? Deux étudiants en sciences quantiques de l’Université de Sherbrooke ont organisé une série de panels pour discuter des possibilités, mais aussi des inquiétudes liées à l’IA.

L’entreprise G42 a été fondée dès 2018 avec le soutien de Mubadala, le fonds souverain basé à Abou Dhabi. Présidée par le frère du dirigeant des Émirats arabes unis, elle emploie plus de 23 000 personnes.

Son développement s’est accéléré en 2025, après l’autorisation des États-Unis d’exporter les indispensables puces Nvidia vers les Émirats et l’Arabie saoudite.

S’exprimant lors du salon Adipec, Sam Altman a qualifié les Émirats arabes unis de «pays le plus visionnaire au monde en matière d’adoption de l’intelligence artificielle».

Investissements massifs

Ils sont devenus en 2017 le premier pays à nommer un ministre chargé de l’IA et le deuxième, après le Canada, à dévoiler une stratégie nationale.

À Abou Dhabi, le patron d’OpenAI s’est entretenu avec le prince héritier Khaled ben Mohamed ben Zayed Al Nahyane, et quatre accords ont été signés pour intégrer l’intelligence artificielle dans les institutions gouvernementales, fonds d’investissement et le secteur de l’éducation, selon un communiqué de l’émirat.

Il s’agit notamment d’assister les agents publics dans leur tâche quotidienne. Un premier projet pilote, qui porte sur les importations de denrées alimentaires, est déjà opérationnel en collaboration avec l’Autorité nationale pour l’agriculture et la sécurité alimentaire.

L’IA générative s’est développée à très grande vitesse ces dernières années, souvent à coup d’investissements massifs, mais les géants du secteur restent en quête de rentabilité.

Pour gagner de l’argent, les acteurs se tournent désormais vers les entreprises, auxquelles elle proposent d’intégrer leurs systèmes pour gagner en productivité. Certains commercialisent également des contrats de location de puissance de calcul, qui peuvent représenter leur principal moteur de croissance.