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IA: une entreprise québécoise devient un partenaire de Nvidia au Canada

Cette entente avec le géant des puces va faciliter la construction d’usines d’IA au pays à un moment où la souveraineté numérique est devenue une préoccupation au Canada.

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L’entreprise québécoise Hypertec devient le premier partenaire désigné de Nvidia à pouvoir construire des usines d’intelligence artificielle (IA) au Canada. Le logo de Nvidia lors d’une exposition à Tapei à Taiwan le mercredi 21 mai 2025. (AP Photo/C... L’entreprise québécoise Hypertec devient le premier partenaire désigné de Nvidia à pouvoir construire des usines d’intelligence artificielle (IA) au Canada. Le logo de Nvidia lors d’une exposition à Tapei à Taiwan le mercredi 21 mai 2025. (ChiangYing-ying/The Associated Press)

MONTRÉAL — L’entreprise québécoise Hypertec devient le premier partenaire désigné de Nvidia à pouvoir construire des usines d’intelligence artificielle (IA) au Canada.

Cette entente avec le géant des puces va faciliter la construction d’usines d’IA au pays à un moment où la souveraineté numérique est devenue une préoccupation au Canada, souligne le PDG du Groupe Hypertec, Simon Ahdoot, en conférence de presse, jeudi.

«Le développement se fait ici, l'ingénierie se fait ici, la recherche se fait ici, donc la propriété intellectuelle et ses bénéfices restent ici», insiste l’homme d’affaires.

Les puces de Nvidia sont des équipements complexes et il faut une expertise pour bien les intégrer, précise M. Ahdoot, en entrevue en marge de l’événement.

Il peut arriver qu’il y ait des défauts de fabrication et Nvidia veut s’assurer que «tous les systèmes atteignent certains standards» avant d’accorder une garantie, d’où l’avantage d’être reconnue officiellement comme un partenaire, explique l’entrepreneur.

L'entreprise québécoise a déjà des activités aux États-Unis et en Europe. En tant que partenaire désigné pour le Canada, Hypertec pourra plus facilement faire profiter les organisations canadiennes de son expertise, avance M. Ahdoot.

Les chercheurs canadiens auraient ainsi accès à des infrastructures technologiques plus modernes pour développer leurs innovations.

Avoir des infrastructures locales permet aussi d’héberger les données confidentielles au pays, comme les données médicales ou des informations dans le secteur de la défense, par exemple.

«Si on veut être capable d'utiliser l'IA, elle doit être capable de lire l’information, explique le PDG d’Hypertec. Si l’IA est basée aux États-Unis, en Chine ou n'importe où ailleurs, si ce n’est pas local, ça veut dire qu'on va, dans une certaine mesure, exposer ces données à l’extérieur.»

Le Canada prend du retard par rapport à la Chine et aux États-Unis dans le déploiement d’une intelligence artificielle souveraine, reconnaît le dirigeant, mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, nuance-t-il.

En allant trop vite, l’acceptabilité sociale peut être mise à mal. Il donne l’exemple de la facture d’électricité qui a augmenté dans certaines régions aux États-Unis en raison de la consommation des centres de données.

«Les citoyens n'apprécient pas ce problème, constate-t-il. Ils ne veulent pas que le prix de l’électricité augmente. C'est comme une taxe imposée à tout le monde pour faire avancer les projets. Ce n'est pas quelque chose qui est toléré.»

L’approche américaine est «risquée», croit M. Ahdoot. En prenant le temps de bien faire les choses, le modèle canadien pourrait permettre de rallier davantage la population et éviter que des projets soient bloqués, selon lui.

Hypertec construit une usine dans l’arrondissement LaSalle à Montréal, un investissement estimé à 250 millions $. L’inauguration devrait avoir lieu cet automne. «Ça va quand même créer beaucoup de capacité», explique l’homme d'affaires.

«Si le potentiel qu'on voit se réalise, on pourrait avoir des besoins d'en ouvrir plusieurs autres, ajoute-t-il. C'est quelque chose qu'on va évaluer avec le temps.»

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

Stéphane Rolland

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Journaliste