Technologie

De nombreux médias s’allient pour former une coalition face à l’IA

«Chaque jour, les assistants d’IA répondent aux questions de millions de personnes avec des informations qui ont souvent d’abord été recueillies et vérifiées par des journalistes d’agence.»

Publié le 

L'historique de ChatGPT rédigé par un adolescent est visible dans un café de Russellville, dans l'Arkansas, le 15 juillet 2025. Photo AP L'historique de ChatGPT rédigé par un adolescent est visible dans un café de Russellville, dans l'Arkansas, le 15 juillet 2025. Photo AP (Katie Adkins)

L’Agence France-Presse, Radio France et le New York Times font partie d’une quarantaine d’acteurs des médias qui ont rejoint une coalition mondiale d’éditeurs pour peser face à l’intelligence artificielle et obtenir de ses entreprises une juste rémunération de leurs contenus, a annoncé mardi l’organisation.

Parmi les nouveaux entrants, qui portent les membres de la coalition SPUR (Standards for Publisher Usage Rights) à plus de 80, figurent aussi L’Équipe, The Atlantic, The Observer, The Economist, ainsi que des associations d’éditeurs du Brésil, du Japon, d’Argentine et de Colombie.

Fondée notamment par les Britanniques BBC, Sky News et The Guardian, «SPUR fédère les éditeurs afin de créer un marché équitable pour l’utilisation des contenus par les systèmes d’IA», défend la coalition.

«Chaque jour, les assistants d’IA répondent aux questions de millions de personnes avec des informations qui ont souvent d’abord été recueillies et vérifiées par des journalistes d’agence. Cette valeur à la source doit être reconnue, citée et rémunérée», a souligné de son côté le PDG de l’Agence France-Presse, Fabrice Fries, dans un communiqué.

«Nous ne pouvons pas nous contenter d’espérer que tout se passe bien entre les entreprises d’IA et l’avenir de l’édition. Les organisations médiatiques du monde entier doivent s’unir pour se protéger elles-mêmes, se protéger mutuellement et protéger l’avenir du journalisme», a renchéri le cofondateur et porte-parole de la coalition SPUR, David Buttle.

La coalition veut développer et mettre en place une infrastructure technique qui permette aux éditeurs de mesurer concrètement comment les systèmes d’IA exploitent leurs contenus, un véritable défi technologique.

Les grands patrons de l’IA promettent de s’autoréguler: doit-on s'inquiéter? Confrontés à des inquiétudes croissantes concernant les dangers de l’intelligence artificielle, les grands patrons du secteur ont adopté lundi un code de bonne conduite non contraignant, sous l’œil satisfait de Donald Trump, hostile à toute réglementation obligatoire.

«Objectiver ces usages est le préalable à toute négociation», souligne l’AFP dans son communiqué.

La rémunération des contenus est perçue comme un sujet vital pour les éditeurs de médias, dont le modèle économique souffre de la concurrence des réseaux sociaux et des grandes plateformes numériques et d’intelligence artificielle comme ChatGPT ou d’AI Overview (Google).

«Les géants de la tech pillent les sites d’information sans autorisation ni compensation. Ils se réapproprient ces contenus volés comme s’ils en étaient les auteurs, détournant ainsi l’audience et les revenus», avait déploré le 1er juin le patron du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, lors d’un discours en forme de réquisitoire prononcé au congrès de l’association mondiale des médias, WAN-IFRA.

Le New York Times a entamé une longue et coûteuse procédure devant la justice américaine contre OpenAI et Microsoft pour infraction au droit de la propriété intellectuelle, mais le quotidien américain a aussi signé un accord avec Amazon sur le sujet de l’IA.

D’autres médias, comme News Corp (Wall Street Journal), Le Monde, le Washington Post ou Axel Springer (Politico, Bild et Die Welt) ont noué des partenariats avec OpenAI, tandis que l’AFP s’est alliée au français Mistral.