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Amour et IA: un sondage révèle un profond fossé générationnel

De nombreux internautes trouvent aujourd’hui un confident, voire un partenaire amoureux, auprès d’agents conversationnels.

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L'icône de l'application ChatGPT est visible sur l'écran d'un cellulaire le lundi 4 août 2025 à Chicago. (Photo AP/Kiichiro Sato) L'icône de l'application ChatGPT est visible sur l'écran d'un cellulaire le lundi 4 août 2025 à Chicago. (Photo AP/Kiichiro Sato) (Kiichiro Sato)

Près de la moitié des jeunes adultes issus de six grandes puissances économiques estiment que, d’ici 10 ans, l’intelligence artificielle (IA) contribuera au bonheur de tous en offrant un véritable soutien affectif. C’est ce qui ressort d’une vaste enquête publiée lundi.

Un enthousiasme qui s’étiole toutefois nettement avec l’âge: la proportion tombe à 25% chez les personnes âgées de plus de 55 ans, souligne cette étude consultée en exclusivité par l’AFP.

Avec les avancées fulgurantes de l’IA, de nombreux internautes trouvent aujourd’hui un confident, voire un partenaire amoureux, auprès d’agents conversationnels, les fameux chatbots.

En parallèle, les progrès de la robotique donnent naissance à des poupées sexuelles de plus en plus perfectionnées.

Menée par l’institut YouGov auprès de 10 000 personnes (aux États-Unis, au Japon, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Indonésie et à Hong Kong), cette enquête livre la photographie d’un «paysage moral en pleine mutation».

De façon générale, les générations plus âgées affichent un scepticisme beaucoup plus marqué.

Est-ce que l’IA a modifié notre sexualité? Par Alicia Miljour | L’intelligence artificielle (IA) est beaucoup plus présente dans notre quotidien qu’on pourrait le penser et elle pourrait même aller jusqu’à affecter notre lien avec la sexualité. C’est notamment ce qui a été étudié vendredi lors de la septième édition du colloque Sexualité et technologies.

L’impact psychologique des agents conversationnels sur les personnes vulnérables est scruté de près, après que la mort de plusieurs adolescents a été liée à l’utilisation de l’IA par leurs familles.

Les résultats mettent également en lumière «un profond clivage idéologique» entre l’Occident et l’Asie. Le continent asiatique se montrerait en effet beaucoup plus enclin à accepter une vie sentimentale et sexuelle assistée par la technologie.

L’ampleur de ces disparités a surpris YouGov et le commanditaire de l’étude, la société de médias japonaise Star X Gen, comme ils l’ont indiqué à l’AFP.

En Indonésie par exemple, la moitié des sondés — tous âges confondus — parient sur l’IA pour améliorer leurs liens affectifs et leur bien-être sexuel.

Cet engouement retombe à 34 % à Hong Kong et 24 % au Japon, avant de s’effondrer côté occidental: 20 % aux États-Unis, 15 % en Allemagne, et à peine 9 % outre-Manche.

«Là où l’opinion occidentale perçoit globalement l’intimité de synthèse comme une menace pour l’authenticité des rapports humains, le public asiatique semble de plus en plus disposé à faire une place à l’IA dans sa vie», estime Philippe Chan, de YouGov.

Si flirter ou avoir des échanges à caractère sexuel avec un agent conversationnel entre progressivement dans les mœurs, le passage au monde physique — via des robots ou des poupées — n’en est qu’à ses balbutiements.

Sur l’ensemble du panel, à peine 17 % se disent prêts à franchir le pas avec une «poupée intime dotée d’IA», tandis qu’une large majorité (59 %) rejette catégoriquement cette idée.

Sans surprise, l’idée séduit davantage la jeunesse que ses aînés — et au Japon et en Allemagne, la part des jeunes adultes prêts à tenter l’expérience frôle même le double de la moyenne de leur pays.