TABLEAU DES MÉDAILLES| SECTION SPÉCIALE
Pendant la grande majorité du match pour la médaille d’or du tournoi de hockey masculin des Jeux olympiques de Milan-Cortina, les joueurs du Canada ont pris d’assaut le territoire des États-Unis et tourbillonné tout autour de la cage du gardien de but Connor Hellebuyck.
Tour à tour, l’exceptionnel premier trio formé de Macklin Celebrini, Connor McDavid ainsi que Nathan MacKinnon, celui d’énergie composé de Brad Marchand, Sam Bennett et Tom Wilson, mais également les deux autres menés par Nick Suzuki et Bo Horvat ont multiplié les occasions de marquer. Mais absolument rien ne parvenait à décontenancer Hellebuyck.
Traînant la réputation d’être incapable de s’imposer dans les rencontres sans lendemain, malgré tous les honneurs individuels qu’il a remportés depuis le début de sa carrière dans la Ligue nationale de hockey, le gardien de but des Jets de Winnipeg a été le grand artisan du triomphe des États-Unis de 2-1 en prolongation, dimanche à l’aréna Milano Santagiulia.
Une victoire enregistrée après un but de Jack Hughes après une habile mise en scène de Zach Werenski à 1:41, mais d’abord et avant tout grâce aux 41 arrêts de Hellebuyck, qui a – vraisemblablement signe du destin – obtenu une mention d’assistance sur le but vainqueur.
« Je suis tout simplement très déçu, a lâché McDavid, qui a été blanchi après avoir inscrit 2 buts et récolté 11 passes en 6 matchs dans le tournoi, au micro de Radio-Canada. Je pense que nous avons joué un bon match, mais leur gardien a bien joué. C’est une fin décevante, mais nous avons travaillé dur pour nous rendre jusque-là. Je suis fier de mes coéquipiers. »
« Nous aurions pris ce genre de match tous les jours avec toutes les chances que nous avons eues, a ajouté MacKinnon. Nous avons pris le contrôle du match... il nous fallait marquer, mais nous ne l’avons pas fait. Nous n’étions pas destinés à gagner aujourd’hui... »
« Nous avons joué un grand match. Nous avons tout fait sauf gagner, a continué Sidney Crosby, qui n’a pas joué en raison d’une blessure au bas du corps subie en quart de finale contre la Tchéquie. Je suis fier de l’effort du groupe. Mais ce sont des choses qui arrivent. »
Il serait difficile de cibler un moment en particulier où le portier âgé de 32 ans s’est illustré, tellement ils ont été nombreux et parsemés ici et là dans la rencontre. En vrac, il pourrait y avoir la double supériorité numérique du Canada à mi-chemin en deuxième période ou bien cet arrêt miraculeux du bâton contre Devon Toews en début de troisième, sans oublier les deux fois où il a fermé la porte à Celebrini et McDavid qui s’étaient présentés en échappée.
Les défenseurs des États-Unis se sont également sacrifiés les rares fois où Hellebyuyck a semblé vulnérable. Charlie McAvoy a réussi le plus bel arrêt dans ces circonstances en repoussant un lancer de Tom Wilson qui se dirigeait vers le fond du filet avec sa poitrine.
La tenue de Hellebuyck a évidemment été cruciale dans cette troisième conquête de l’or des États-Unis après celles de Squaw Valley en 1960 et Lake Placid en 1980, car pendant qu’il se dressait tel un mur, ses coéquipiers ont généré que bien peu de choses en attaque.
C’est d’ailleurs à la faveur d’un bon favorable et de la confusion entre Cale Makar et Devon Toews – paire canadienne la plus fiable depuis le début du tournoi – que Matt Boldy a ouvert le score à 6:00 en première période, sur le premier tir au but des Américains dans la partie.
Mais il est ensuite possible de compter sur les doigts d’une seule main les fois où ils ont réellement menacé sur les vingt-huit lancers qu’ils ont dirigés vers Jordan Binnington. Ce dernier n’a d’ailleurs que très peu de choses à se reprocher à son unique défaite des Jeux.
« On dirait que tout était déjà écrit, a déploré Binnington. C’était une histoire de fou. C’était un match de fou. C’était assez surréaliste d’aller sur la patinoire en prolongation pour la médaille d’or. C’est quelque chose dont je vais me rappeler pour le restant de mes jours. »
« C’est une défaite qui fait très mal, a renchéri Suzuki. Nous avons fait tout ce qu’il fallait. »
Ses coéquipiers aussi, mais ils reverront certainement en boucle dans leur tête toutes ces chances où ils ont eu la possibilité d’inscrire le but qui aurait fait la différence. En plus des exemples cités plus haut, MacKinnon se demandera comment il a fait pour rater un filet ouvert à mi-chemin en troisième. Celebrini repensera quant à lui à son échappé et à cette fois où il a été frustré à deux reprises sur la même séquence par Hellebuyck en première.
Le seul qui a finalement été en mesure de percer le mystère a été Makar à l’aide d’un tir bas, après un brillant jeu de Suzuki aux dépens de Jake Sanderson le long de la rampe, quelques instants seulement après que Bo Horvat eut gagné une mise en jeu en territoire américain.
Au final, après être revenu de l’arrière contre la Tchéquie en quart de finale et la Finlande en demi-finale, le Canada a été à court de miracles. Une fin de carrière internationale amère pour plusieurs piliers de l’Unifolié, dont Crosby, le cœur et l’âme de cette équipe, qui est certainement devenue celle de McDavid et Celebrini au cours de ces Jeux de Milan-Cortina.



