🏅 Jeux olympiques

L’Olympienne Eileen Gu sous les feux des projecteurs... et des critiques

Choisir de compétitionner pour la Chine lui a valu de nombreux blâmes.

Mis à jour le 

Publié le 

La Chinoise Eileen Gu célèbre sa participation aux qualifications féminines de slopestyle en ski acrobatique lors des Jeux olympiques d'hiver de 2026, à Livigno, en Italie, le samedi 7 février 2026. La Chinoise Eileen Gu célèbre sa participation aux qualifications féminines de slopestyle en ski acrobatique lors des Jeux olympiques d'hiver de 2026, à Livigno, en Italie, le samedi 7 février 2026. (Gregory Bull)

Eileen Gu, une athlète de 22 ans participant actuellement aux Jeux olympiques de Milan-Cortina sous les couleurs de la Chine, attire l’attention non seulement pour ses performances en ski acrobatique, mais aussi pour les controverses liées à son parcours.

Née à San Francisco en Californie d’un père américain et d’une mère chinoise, Eileen Gu a décidé en 2019 de représenter la Chine.

Eileen Gu était la vedette des Jeux olympiques de Pékin il y a quatre ans, où elle a remporté deux médailles d’or et une d’argent, devenant ainsi la première skieuse acrobatique à décrocher trois médailles lors d’une seule édition des Jeux d’hiver.

Aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, elle a remporté deux médailles d’argent, en slopestyle et en big air. Elle vise d’autres victoires à l’avenir, et peut-être même l’or.

La Canadienne Megan Oldham célèbre sa médaille d'or avec le drapeau canadien sur le podium, entourée de la médaillée d'argent Eileen Gu, de Chine, à gauche, et de la médaillée de bronze Flora Tabanelli, d'Italie, après la finale féminine de ski acrobatique big air aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026 à Livigno, en Italie, le lundi 16 février 2026. La Canadienne Megan Oldham célèbre sa médaille d'or avec le drapeau canadien sur le podium, entourée de la médaillée d'argent Eileen Gu, de Chine, à gauche, et de la médaillée de bronze Flora Tabanelli, d'Italie, après la finale féminine de ski acrobatique big air aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026 à Livigno, en Italie, le lundi 16 février 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick)

Son choix de compétitionner sous le drapeau chinois plutôt qu’américain lui vaut de nombreuses critiques, notamment à cause des tensions commerciales croissantes entre les deux pays. Toutefois, elle reste positive et se concentre sur la compétition

«Aux États-Unis, en grandissant, j’avais tellement d’idoles extraordinaires à admirer », avait confié l’athlète à l’Associated Press. «Mais en Chine, j’ai l’impression qu’il y en a beaucoup moins. J’aurais beaucoup plus d’impact en Chine qu’aux États-Unis, et c’est finalement pour cela que j’ai pris cette décision.»

«J’ai reçu beaucoup de haine, beaucoup de gens disant: “C’est une question de loyauté et de savoir quel pays elle préfère”. Ce n’est vraiment pas le cas. C’était vraiment une décision importante entre l’impact que je pourrais avoir et ce que je pourrais faire avec le ski.»

—  Eileen Gu dans une entrevue avec l'Associated Press

Dans une récente entrevue avec The Athletic, elle a raconté avoir reçu des menaces de mort en plus de subir des «attaques physiques dans la rue».

Son dortoir de l’Université Stanford a aussi été cambriolé. «À 22 ans, j’ai vécu des choses que personne ne devrait jamais avoir à endurer, selon moi», a-t-elle affirmé à The Athletic.

Preuve de sa notoriété mondiale, elle était la quatrième sportive la mieux payée au monde en 2025, selon Forbes, la grande majorité de ses revenus provenant d’activités hors des pistes, notamment de contrats publicitaires.

De la mode au ski

En plus de ses exploits sportifs, Eileen Gu mène une carrière de mannequin, apparaissant sur les couvertures de magazines et défilant dans diverses villes comme Paris, Shanghai, Barcelone et Milan.

La jeune femme, qui a obtenu son diplôme d’études secondaires avec un an d’avance, s’est accordé une pause durant ses études à l’Université Stanford afin de pouvoir se concentrer sur le ski.

À l’université, elle se spécialise en relations internationales et suit des cours de physique quantique. En plus, elle fait partie d’un club d’échecs, un club de lecture, une sororité et a formé une ligue de basketball.

Contrairement à d’autres athlètes, Eileen Gu assume pleinement sa notoriété. Elle partage des textes sur ses réseaux sociaux abordant divers thèmes comme la santé mentale, la communication par le sport et le dépassement de soi.

«J’espère que les gens peuvent lire ces articles et se sentir réellement touchés, plutôt que de se dire: “Oh, voici une photo d’Eileen qui sourit”», avait-elle dit à l’Associated Press. «J’essaie vraiment de faire quelque chose avec ma plateforme. Cela rend la célébrité épanouissante et significative, plutôt qu’un fardeau, ce que je n’ai jamais ressenti.»

Elle a toujours insisté sur le fait qu’elle est prête à risquer sa vie pour faire ce qu’elle aime, qui est le ski.

«Je peux concentrer mon attention sur les domaines qui m’intéressent le plus et dans lesquels j’ai le plus d’impact, et travailler aussi dur que possible pour faire autant de bien que possible dans le monde», avait-elle expliqué dans une entrevue avec l’Associated Press. «Et souhaiter aux personnes qui ne sont pas d’accord avec moi d’utiliser cette énergie pour rendre le monde meilleur à leur manière, plutôt que de la diriger contre moi. C’est tout ce que je peux espérer.»

«La femme la plus décorée de l’histoire du ski acrobatique»

Après sa deuxième victoire à l’épreuve de big air lundi, un journaliste de l’AFP l’a interrogée: considère-t-elle ces résultats comme «deux médailles d’argent gagnées, ou deux médailles d’or perdues ?»

Après un éclat de rire, Eileen Gu a rétorqué: «Je suis la femme la plus décorée de l’histoire du ski acrobatique, je pense que cela répond à la question!»

«Comment dire...» poursuit-elle en se reprenant, «remporter une médaille aux Jeux olympiques est une expérience qui change la vie de chaque athlète. Le faire cinq fois est exponentiellement plus dur, car chaque nouvelle médaille est tout aussi difficile à gagner pour moi, mais les attentes des gens autour augmentent».

La Chinoise Eileen Gu, à gauche, reçoit un câlin de sa mère Yan Gu alors qu'elle participe aux qualifications féminines de ski acrobatique big air aux Jeux olympiques d'hiver de 2026, à Livigno, en Italie, le samedi 14 février 2026. La Chinoise Eileen Gu, à gauche, reçoit un câlin de sa mère Yan Gu alors qu'elle participe aux qualifications féminines de ski acrobatique big air aux Jeux olympiques d'hiver de 2026, à Livigno, en Italie, le samedi 14 février 2026. (AP Photo/Abbie Parr)

«Pour être tout à fait honnête, je pense que considérer cela comme deux médailles perdues est une approche quelque peu ridicule», a-t-elle conclu.

L’extrait vidéo de cet échange est devenu viral sur les réseaux sociaux, recueillant des millions de vues, commentaires et réactions.

L’athlète souhaite avant tout inspirer les prochaines générations, notamment les jeunes filles chinoises, dans la pratique des sports d’hiver.

«Certaines personnes prennent leur retraite avec 10 médailles d’or, puis, à 30 ans, elles ne savent pas quoi faire», avait lancé Eileen Gu à l’Associated Press en 2022. «Je veux pouvoir avoir ces médailles et avoir le sentiment d’avoir changé la vie de quelqu’un, d’avoir changé le sport ou d’avoir introduit ce sport dans un pays où il n’existait pas auparavant.»

Avec des informations de l’Associated Press, de l’Agence France-Presse et de CNN