🏅 Jeux olympiques

Megan Oldham remporte la médaille d’or au grand saut

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LIVIGNO — Après être arrivée quatrième à Pékin il y a quatre ans, la Canadienne Megan Oldham a trouvé la rédemption de la plus belle façon qui soit, en remportant l'or du grand saut en ski acrobatique des Jeux olympiques de Milan-Cortina.

«Pékin, ça m’a brisé le cœur. Je savais que je pouvais me battre avec les meilleures, mais d’être juste à court, ça a aiguisé mon appétit», a raconté la sympathique athlète de Newmarket, en Ontario.

Lundi soir, sur le grand saut du Parc à neige de Livigno, la menue skieuse a été impériale. Elle a atterri ses deux premières manœuvres, deux quadruples vrilles avec prise de carre. Elle a d'abord reçu 91,75 points, ce qui la plaçait au deuxième rang après le premier tour, puis 89,00 points pour un total de 180,75, ce qui lui a permis de se hisser au sommet.

Personne n'a pu la déloger à sa troisième tentative. Une fois sa victoire confirmée, elle a sauté dans les bras de son entraîneur, JF Cusson.

«On s'est enlacés, on a même versé une petite larme», a raconté Cusson.

«En ski acro, c’est tellement difficile de savoir ce que les autres vont réussir, a dit Oldham. J'avais confiance, mais je savais que toutes ces filles avaient des manœuvres qui pouvaient leur permettre de gagner. Je me suis concentrée à réussir les miennes afin de me donner une chance.»

Oldham a devancé la Chinoise Eileen Gu (179,00), médaillée d'or devant les siens à Pékin, ainsi que la championne du monde en titre, la jeune Italienne de 18 ans Flora Tabanelli (178,25).

«C’est complètement fou! Je pense que je suis en train de digérer tout ça. Je crois que je ne vais le réaliser pleinement que demain», a admis Oldham, qui a dû surmonter une sévère commotion cérébrale en décembre et une violente chute en slopestyle afin de remporter cette médaille.

«Une commotion, je n’ai jamais eu à vivre cela auparavant. Je ne savais pas comment ça allait se passer et les Jeux étaient de plus en plus près. Je suis très heureuse d’avoir eu le support de toute l’équipe pour m’amener jusqu’ici.

«Cette chute en slopestyle a été très sérieuse, a poursuivi la championne. Les premiers jours d’entraînement en grand saut, je souffrais d’un hématome au quadriceps et c’était plutôt difficile. Mais je voulais faire tout en mon pouvoir pour venir montrer ce que j’étais capable de faire.»

La Québécoise Naomi Urness participait également à la finale après avoir pris la septième place des qualifications. Elle a finalement terminé au sixième rang.

«Mon objectif était de faire les deux finales, a dit Urness, septième en slopestyle. J’ai fait mieux que je croyais, ça me donne beaucoup de motivation pour le futur. Je sais ce que je dois travailler.»

Météo capricieuse

Comme si de dévaler une pente de 55 mètres et de s'élancer dans les airs pour des quadruples et quintuples vrilles n'était pas assez difficile en soi, les compétitrices ont dû composer avec une météo capricieuse, alors qu'une tempête de neige aussi subite que violente s'est abattue sur le site environ une heure avant l'heure de départ prévue de la compétition, soit 13h30, heure de l'Est.

Les organisateurs ont alors mis fin à la séance d'entraînement des skieuses, qui ont dû passer une heure à patienter que le temps permette de nouveau la pratique de sports extrêmes. Afin de ne pas relancer la compétition trop tard — une autre dépression étant attendue plus tard en soirée — les organisateurs ont écourté la séance d'entraînement à trois sauts seulement.

«Le plan original était de faire un 1440 (quadruple vrille) lancé par-derrière, mais là, la tempête s’est levée et on a attendu une heure. Nous n’avons eu que trois sauts d’entraînement. (…) On a donc changé les plans, y allant de façon plus sécure, avec des manœuvres plus petites, a expliqué Cusson. Mais le 1440, elle l’a essayé en dernier. Elle ne voulait pas juste gagner avec ses petites manœuvres.»

«J'aurais vraiment voulu atterrir ce 1440. Je l’ai tellement pratiqué pour les Jeux. Je voulais vraiment le montrer», a ajouté Oldham, qui a malheureusement chuté en tentant cet ultime saut.

«Cette météo, on ne croyait pas que ce serait aussi intense, a-t-elle poursuivi. On a eu une pause d’une heure. Ça a été difficile de rester concentrées, mais je ne crois pas qu’aucune d’entre nous se soit retenue ce soir.»

On ne peut la contredire sur ce point. Cette finale, amorcée avec 75 minutes de retard, a donné lieu à des sauts de très grande qualité. L'une des finales les plus relevées en ski acrobatique à ces Jeux.

Les deux autres Canadiennes en lice n’avaient pas réussi à se qualifier. Skye Clarke (132,00) a conclu les qualifications en 17e place, tandis qu’Elena Gaskell (122,00), malgré un deuxième saut lui ayant valu 82,00 points, n’a pu faire mieux que le 20e rang.

La finale masculine aura lieu mardi.

Le Québécois Dylan Deschamps y participera après avoir obtenu le neuvième meilleur pointage lors des qualifications. Il sera le seul représentant de l'unifolié.

Frédéric Daigle, La Presse Canadienne