⚽ Coupe du monde

Un accomplissement majeur à la portée du Canada

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Davies est prêt à revenir au jeu au besoin

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« Davies sera disponible selon l'allure du match »

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VANCOUVER – Quand il s’agit de péter les bretelles d’un de ses joueurs, de faire un exploit du fait de jeu le plus banal ou de mobiliser son auditoire autour d’une cause qui lui est chère, Jesse Marsch est habituellement votre homme.

Où le commun des mortels voit juste une tache beige, l’entraîneur de 52 ans vous convaincra qu’il y a en fait un arc-en-ciel. Son énergie naturelle combinée à ses talents d’orateur en ont fait depuis deux ans le promoteur parfait de ce que Canada Soccer souhaitait bâtir en vue de cette Coupe du monde jouée sur son territoire.

C’est ce qui rend la position qu’il a adoptée mercredi soir, à la veille du deuxième match de son équipe en phase de groupes, étonnante. Compréhensible, mais quand même étonnante.

En conférence de presse, Marsch s’est fait offrir deux occasions de mousser l’affiche qui opposerait le lendemain son équipe au Qatar. Deux offrandes en plein cœur du marbre sur lesquelles il aurait pu s’élancer de toutes ses forces.

Il a plutôt décider de s’accroupir pour déposer l’amorti.

Un journaliste lui a demandé sans détour s’il s’apprêtait à diriger le plus gros match de l’histoire du programme national canadien. La réponse courte, à notre avis, est « oui ». Pour la première fois depuis qu’elle a été assemblée, cette génération dorée menée par Alphonso Davies et Jonathan David se prépare à jouer un match de Coupe du monde qu’elle est non seulement attendue de gagner, mais qu’elle doit absolument gagner.

Il y a quatre ans, le Canada s’est présenté au Qatar avec les meilleures intentions, mais sans aucune réelle pression de performance. Contre la Belgique, la Croatie et le Maroc, le simple fait de mettre un pied devant l’autre était considéré comme une petite victoire.

La semaine dernière, contre une Bosnie-Herzégovine tout à fait prenable, un match nul demeurait acceptable étant donné les opportunités qu’il restait à saisir. Le sentiment d’urgence était là, mais l’erreur était pardonnable.

Contre le Qatar, le Canada met les pieds dans le rectangle des frappeurs avec la chance de la sortir du stade. Une victoire, dont on parlerait jusqu’à la fin des temps comme la première de son histoire en Coupe du monde, assurerait pratiquement sa qualification pour la ronde éliminatoire du tournoi et validerait ainsi ses ambitions élevées exprimées en amont de la compétition.

Une défaite ou même en match nul, en contrepartie, lui compliquerait la vie comme pas possible dans la poursuite de ses objectifs et augmenterait à un niveau insupportable la pression considérable qui pèse déjà sur ses joueurs.

« J’apprécie le fait que tout le monde dans les médias saisit l’importance de cette Coupe du monde à la maison », a été capable de dire Marsch sans rire, comme s’il n’était pas lui-même au cœur de la propagation de ce message depuis deux ans.

« Davies sera disponible selon l'allure du match » Jesse Marsch et Ismaël Koné répondent aux questions des journalistes à la veille du match du Canada face au Qatar à la Coupe du Monde.

Marsch a commencé à faire l’énumération des réussites canadiennes des dernières années, de la médaille d’or olympique de l’équipe féminine à la présence de ses hommes à la demi-finale de la Copa América en 2024. Il a terminé sa longue réponse un peu décousue en parlant du match contre la Bosnie, des erreurs qui y ont été commises et qu’il voudrait voir corrigées.

« On sait que parce que notre groupe est très serré, chaque moment et chaque point est important et on se concentre là-dessus. On n’essaie pas d’être magnanimes à l’excès. On se concentre juste sur notre prochain match contre le Qatar. »

Un peu plus tard, un autre reporter l’a relancé sur les avantages mathématiques évidents d’une victoire hypothétique et de ses répercussions historiques sur l’histoire du soccer au pays.

Marsch a badiné pendant un moment, puis il est revenu plus sérieusement sur l’importance pour son équipe de ne pas regarder au-delà de son prochain match. Il a parlé du Qatar comme d’un adversaire qu’il fallait respecter.

« J’étais à leur match contre la Suisse et j’ai été témoin de leur mentalité. J’ai vu leur niveau d’engagement pour s’assurer que même quand ils tiraient de l’arrière, ils allaient s’assurer de se donner toutes les chances de revenir et d’accrocher un résultat. On dit souvent des équipes du monde arabe qu’elles manquent de discipline, mais j’ai vu une équipe très engagée et je me suis dit qu’on n’était pas sortis du bois. »

Deux questions, deux opportunités de crinquer le volume pour attirer l’attention sur l’accomplissement majeur à la portée de son équipe. Marsch a plutôt utilisé tous les trucs du métier pour réduire le son ambiant. Il a dit à qui voulait l’entendre que le match n’est pas plus important qu’un autre et que ses joueurs ne sont pas davantage sous pression qu’à l’habitude.

Mais personne n’est dupe. Il l’est et ils le sont.