Une foule monstre a envahi les rues bondées de Madrid, où quelque deux millions de personnes sont venues lundi assister au retour triomphal de leurs champions du monde, après leur victoire contre l’Argentine 1-0 en finale de la Coupe du monde de la FIFA 2026.

«C’est un moment unique» pour Pablo Perello, 33 ans. Tout juste revenu de Valence pour l’occasion, il est «très heureux» d’«être près des joueurs, de voir la coupe si possible et de revivre ce moment qu’on a déjà vécu il y a deux ans lors de la victoire de l’Espagne à l’Euro en Allemagne».
Le passage de l’autobus des joueurs de la Roja, sur lequel est inscrit «Rois du monde», a provoqué des scènes de liesse et de délire collectif, toutes les générations se mélangeant dans une ambiance survoltée et assourdissante.
Concert de klaxons, cris de joie et drapeaux jaunes et rouges brandis fièrement: les partisans étaient encore sur un nuage pour célébrer leurs campeones, au lendemain de la victoire, et comptent bien faire durer la fête toute la soirée.
«C’est très impressionnant, je n’avais jamais vu ça, je ne pensais pas que ce serait comme ça», a raconté à l’AFP Marina Fenoghieto, 50 ans, venue avec son fils de 14 ans, «très ému depuis hier» et «très heureux» d’assister au retour des champions.
Certains partisans se sont installés sur leur balcon, tandis que d’autres chantent joyeusement la Macarena ou Dai Dai, le succès de Shakira cette année pour la Coupe du monde de soccer tenue au Canada et aux États-Unis.
Pour apercevoir les héros d’East Rutherford – la banlieue de New York ou a eu lieu la finale – et communier avec eux, les deux millions de personnes massées le long du parcours sous une forte chaleur estivale a toutefois dû s’armer de patience, le défilé ayant pris du retard sur l’horaire annoncé.
Mais tous semblaient ensuite vouloir étirer le moment le plus longtemps possible, immortalisant ces instants avec leur téléphone, en famille ou entre amis, pour pouvoir dire plus tard: «J’y étais», 16 ans après le premier titre mondial de l’Espagne.
Depuis l’autobus, les joueurs, tout sourire, certains torse nu et d’autres un verre à la main, ont salué la foule et brandi la coupe sous les applaudissements.
«On ne touche plus terre depuis notre départ de New York», a confié Ferran Torres, l’homme du match et auteur de l’unique but qui a mené son pays vers une deuxième étoile, lors de la visite des champions à la Moncloa, siège du gouvernement, où ils ont été reçus par le premier ministre Pedro Sánchez.
«Gagner avec ton pays, c’est ce qu’il y a de plus beau, surtout une Coupe du monde. Soulever le trophée, c’est la plus grande chose que tu puisses accomplir dans le soccer», a déclaré le capitaine de l’Espagne, Rodri Hernández, élu meilleur joueur du Mondial 2026 après la finale.
Les joueurs avaient auparavant été reçus par le roi Felipe VI, son épouse Letizia et leurs filles, les princesses Leonor et Sofia, toutes les deux vêtues du maillot de la Roja.
Ce nouveau titre mondial résonne tout particulièrement dans ce pays passionné de soccer, où ce sport rassemble ses 50 millions d’habitants, dont une partie de la jeune génération n’avait pas vécu le premier titre de la Selección au Mondial 2010 en Afrique du Sud.
Leur bain de foule devrait se terminer sur la célèbre place de la fontaine de Cibeles, où un concert est prévu.
Environ deux millions de personnes se sont rassemblées dans les rues de la capitale espagnole, selon les estimations des autorités locales, qui avaient précisé dimanche que 2050 policiers et 400 agents de la Garde civile seraient mobilisés pour l’occasion.
Les champions sont arrivés lundi en début d’après-midi des États-Unis, peu après 14h30, heure locale, médaille autour du cou. Ils sont descendus sur le tarmac précédés de leur sélectionneur, Luis de la Fuente, et de leur capitaine, Rodrigo Hernández, dit Rodri, qui tenait le trophée doré dans ses mains.