⚽ Coupe du monde

«Je serai là à la prochaine Coupe du monde», assure l’arbitre somalien refoulé des États-Unis

«Malgré ce qui m’est arrivé, je ne suis pas découragé.»

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L'arbitre Omar Artan, à qui l'entrée aux États-Unis a été refusée, est accueilli par des supporters à son arrivée à Mogadiscio, en Somalie, le mercredi 10 juin 2026. Photo AP L'arbitre Omar Artan, à qui l'entrée aux États-Unis a été refusée, est accueilli par des supporters à son arrivée à Mogadiscio, en Somalie, le mercredi 10 juin 2026. Photo AP (Farah Abdi Warsameh)

«Je serai là à la prochaine Coupe du monde» en 2030, a assuré Omar Artan mercredi à la foule venue l’accueillir à l’aéroport de Mogadiscio, quelques jours après avoir été refoulé des États-Unis où il devait officier comme arbitre de la Coupe du monde de soccer 2026.

Plus d’une centaine de personnes s’étaient rassemblées à l’aérodrome Adan Adde pour soutenir M. Artan, qui a été refoulé samedi des États-Unis et dont la FIFA a ensuite annoncé qu’il n’officierait pas à la Coupe du monde qui démarre jeudi.

«Malgré ce qui m’est arrivé, je ne suis pas découragé», leur a-t-il lancé. «Nous avons notre pays, la Somalie, et ce drapeau, dans les bons moments comme dans les mauvais. Nous devons défendre son honneur, rester fidèles à nos responsabilités et poursuivre nos efforts pour servir notre nation avec fierté.»

La Somalie a réagi avec indignation à la triste aventure vécue par M. Artan, pourtant désigné meilleur arbitre africain l’an dernier.

Mardi, le gouvernement somalien a défendu son «intégrité», tandis que l’opposition critiquait abondamment l’administration du président Donald Trump, qui a lui-même multiplié les assauts verbaux contre la Somalie — il l’a notamment qualifiée de «pays pourri» —, et la FIFA pour n’avoir pas soutenu son arbitre.

L'arbitre somalien Omar Artan (au centre) est pris à partie par des joueurs après avoir sifflé un penalty lors de la finale de la Ligue des champions de la CAF opposant l'AS FAR Rabat aux Mamelodi Sundowns, à Rabat, au Maroc, le dimanche 24 mai 2026. AP Photo L'arbitre somalien Omar Artan (au centre) est pris à partie par des joueurs après avoir sifflé un penalty lors de la finale de la Ligue des champions de la CAF opposant l'AS FAR Rabat aux Mamelodi Sundowns, à Rabat, au Maroc, le dimanche 24 mai 2026. AP Photo (Mosa'ab Elshamy)

M. Artan doit apparaître mercredi après-midi en tant qu’invité d’honneur dans un stade de Mogadiscio où se déroule d’un match de soccer entre deux équipes somaliennes.

Omar Artan a été refoulé samedi à son arrivée à l’aéroport international de Miamim en Floride.

Un responsable du Département d’État américain a déclaré mardi soir à l’AFP que l’arbitre était «lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes», ce qui «rendait le voyageur inéligible à l’entrée» sur le sol américain.

Dans un entretien téléphonique accordé mardi au New York Times depuis Istanbul, où il a été renvoyé, l’arbitre somalien, âgé de 34 ans, a indiqué qu’il ignorait les raisons pour lesquelles il avait été interdit d’entrée sur le territoire des États-Unis.

«J’avais les bons documents, j’avais tout, j’avais le bon visa», a-t-il noté, faisant part de sa déception. «Je ne suis qu’un arbitre qui tentait de vivre son rêve, le plus grand rêve de ma vie, participer à la Coupe du monde.»

Omar Artan a raconté avoir été interrogé pendant 11 heures avant d’être emmené vers une cellule de rétention où il a été détenu pendant plusieurs heures puis embarqué à bord d’un vol retour pour Istanbul.

Titulaire du statut FIFA depuis 2018, M. Artan, qui officie dans le championnat somalien, était le premier arbitre somalien retenu pour une phase finale de Coupe du monde.