L’Iran et l’Égypte s’affrontent en quête d’une qualification pour les 16es de finale du Mondial-2026 vendredi à Seattle, qui va en profiter pour célèbrer le «match des fiertés» au nom de la cause LGBT+, n’en déplaise aux deux pays participants.
Avant le tirage au sort de décembre, Seattle avait décidé de dédier son troisième match de groupe à la cause LGBT+, au coeur des nombreuses festivités de son traditionnel «Pride Weekend», particulièrement important dans la grande ville de l’État de Washington (nord-ouest).
L’Iran et l’Égypte ont finalement hérité de la rencontre, programmée vendredi à 20 h (heure locale). De quoi alors déclencher le courroux des deux sélections, alors que l’autre match du groupe G entre la Belgique et la Nouvelle-Zélande aura lieu au même moment au Canada, à Vancouver.
Fin 2025, la Fédération égyptienne, dans une lettre adressée à la FIFA, avait rejeté «en termes absolus» toute activité susceptible d’être liée au soutien à la cause LGBT+ lors du match, arguant que de tels événements allaient à l’encontre des valeurs culturelles et religieuses de ce pays à majorité musulmane.
«Il s’agit d’une décision irrationnelle qui favorise un certain groupe», avait pour sa part fustigé le président de la Fédération iranienne, Mehdi Taj.
Les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont interdites en Iran et peuvent dans certains cas être punies par la peine de mort, quand en Égypte l’homosexualité est souvent sanctionnée en vertu de lois formulées de manière vague interdisant la «débauche».
La FIFA elle calme le jeu: ce match «des fiertés» est une initiative du comité d’organisation local, pas de la fédération internationale de football, a indiqué un de ses porte-paroles à l’AFP.
À Seattle, la fête arc-en-ciel va battre son plein hors du stade tout le week-end, entre fan zones «des fiertés», décorations en ville, concours d’art et circuits dédiés aux magasins se revendiquant LGB+.
Restrictions assouplies
«C’est plus qu’un match, c’est une célébration dans toute la ville de la visibilité, l’appartenance à une communauté, autour du Mondial», écrit le comité d’organisation, qui s’engage «à ce que tous les résidents et visiteurs bénéficient de l’accueil chaleureux, du respect et de la dignité qui caractérisent notre région».
Si aucun évènement n’est prévu dans le stade, drapeaux et symboles arc-en-ciel pourraient toutefois bien être brandis par des spectateurs dans l’enceinte comptant près de 67 000 sièges.
Or il y a un autre symbole que les officiels iraniens ne veulent pas voir apparaître, à savoir le drapeau de l’ancien régime, son lion et son soleil, très visibles lors des deux premières rencontres de la Team Melli, malgré leur interdiction plus ou moins appliquée par la FIFA en raison de leur message «politique».
Sur la pelouse, l’Iran, qui compte deux points après deux nuls contre la Nouvelle-Zélande (2-2) et la Belgique (0-0), visera une première qualification pour la phase à élimination directe d’un Mondial.
Un succès lui donnerait le sésame contre l’Égypte de Mo Salah, en ballottage favorable avec 4 points après un match nul face aux Diables rouges (1-1) et une victoire contre les Océaniens (3-1).
S’estimant maltraité depuis le début du tournoi, et handicapé par une préparation chaotique à cause de la guerre au Moyen-Orient, l’Iran a vu les restrictions de voyage imposées par les États-Unis assouplies, et a pu arriver à Seattle mercredi en provenance de Tijuana (Mexique) à deux jours du coup d’envoi, ce qui avait été refusé pour ses matches à Los Angeles.
Comme cela a été le cas à «Tehrangeles», Seattle a dit s’attendre à des manifestations contre la République islamique d’Iran, de la part de membres de l’importante communauté installée dans la région.
