Gianni Infantino devrait démissionner de son poste de président de la FIFA pour avoir «détruit l’industrie du soccer» en multipliant les compétitions internationales, a déclaré lundi le président de la Liga espagnole, Javier Tebas.
Ce n’est pas la première fois qu’il s’en prend à Infantino au sujet de la surcharge du calendrier et de son intention d’étendre la Coupe du monde de soccer masculin de 2030 de 48 à 64 équipes.
«Augmenter le nombre de sélections nationales n’a aucun sens. L’industrie du soccer ne se résume pas à la Coupe du monde, qui est certes l’événement le plus important. Mais tout ne peut pas tourner autour de la Coupe du monde», a déclaré Tebas à ‘La Gazzetta dello Sport’.
«À mon avis, oui, je pense que son heure est venue, a-t-il déclaré à propos d’Infantino. Cependant, il bénéficie du soutien du système et des fédérations, donc il n’y a pas grand-chose à ajouter, n’est-ce pas? Il n’y a pas de candidat de l’opposition, personne ne veut se présenter juste pour perdre. C’est le système, et il est pourri jusqu’à la moelle.
«Il ne devrait pas rester, mais il ne partira pas. J’ai entendu beaucoup de gens dire qu’ils sont contre Infantino. Ils le disent, mais ensuite ils ne font rien. Je ne sais pas ce qui est le pire, le silence ou la complicité, car ceux qui se taisent sont parfaitement conscients des dégâts que subit le soccer», a-t-il renchéri.
La CONMEBOL, l’instance dirigeante du soccer sud-américain, a présenté une proposition officielle visant à porter à 64 le nombre d’équipes participant à la Coupe du monde de 2030. Cette compétition s’annonce d’ores et déjà comme l’édition la plus tentaculaire de l’histoire, avec six pays hôtes répartis sur trois continents.
«Ce sont les championnats nationaux qui font vivre ce sport, a rappelé Tebas. Ils sont en train de détruire l’industrie du soccer, qui génère des dizaines de milliers d’emplois, pour un événement qui dure 40 jours et ne concerne qu’une minorité de joueurs.»
Il a également critiqué la FIFA, l’instance dirigeante du soccer mondial, au sujet des nouvelles pauses d’hydratation mises en place lors de la Coupe du monde qui s’est achevée dimanche, ainsi que de la prolongation de la mi-temps à 27 minutes — au lieu des 15 minutes habituelles — lors de la finale qui a vu l’Espagne battre l’Argentine 1-0.
Les pauses d’hydratation à mi-chemin de chaque demie ont été introduites pour aider les joueurs à supporter la chaleur estivale aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Mais les détracteurs affirment qu’elles ont eu des conséquences imprévues, perturbant le rythme du match et donnant aux entraîneurs l’occasion de renverser la dynamique en faveur de leur équipe par des ajustements tactiques.
«La FIFA organise les choses comme bon lui semble, selon ses propres objectifs et ses propres intérêts — certainement pas pour le soccer, a évoqué Tebas. Les pauses d’hydratation sont un mensonge. Nous en avons en Liga, mais uniquement lorsqu’il fait vraiment chaud. Ici, les terrains de Dallas, Los Angeles et Atlanta étaient climatisés. C’était un mensonge — et rien d’autre qu’une pause publicitaire.»
Infantino a annoncé en avril qu’il se présenterait à sa réélection pour un quatrième mandat à la présidence. Le vote pour la période 2027-2031 est prévu le 18 mars 2027 au Maroc.
