Une sculpture représentant un castor aux couleurs des États-Unis, destinée à accueillir les touristes venus assister à la Coupe du monde dans le centre-ville de Toronto, a été détruite cette fin de semaine ce qui a donné lieu à une enquête policière et suscité l’indignation de l’ambassadeur des États-Unis au Canada.
Cette sculpture faisait partie d’un ensemble de 51 statues de castors distinctes, tenant des ballons de soccer entre leurs pattes, qui étaient exposées à divers endroits près du marché St. Lawrence et du Temple de la renommée du hockey dans le cadre d’un événement spécial organisé par le quartier des affaires local.
Jusqu’à récemment, ce castor mesurait quatre pieds de haut, avec des drapeaux américains sur chaque joue encadrant un large sourire aux dents apparentes. Il arborait un maillot des États-Unis orné d’étoiles et était paré de symboles américains emblématiques, notamment la Statue de la Liberté, une fleur d’hibiscus hawaïenne et un poing noir levé, représentant le mouvement Black Lives Matter (Les vies noires comptent).
Des photos publiées sur les réseaux sociaux montrent le castor réduit en morceaux, gisant sur le flanc et entouré d’un ruban de signalisation jaune.
La statue a été endommagée dans la nuit de samedi, a indiqué l’Old Town Toronto Business Improvement Area dans un courriel. L’organisation a signalé cet acte de vandalisme à la police, a déclaré Robyn Posner, directrice marketing de l’organisation.
Ce rongeur américain n’est pas la seule victime: une «poignée» d’autres installations ont été endommagées au cours de l’exposition, a précisé Mme Posner.
«Même si c’est décevant, les dégâts causés aux installations temporaires et aux œuvres d’art publiques constituent un risque malheureux auquel nous nous attendons lorsque nous les plaçons dans des espaces publics», a expliqué Mme Posner.
Elle a qualifié la destruction du castor de «particulièrement regrettable», quelles qu’aient été les intentions du coupable.
La police a été informée et mène actuellement une enquête sur ce qui est arrivé au castor américain, a indiqué un porte-parole de la police de Toronto dans un courriel.
Alyah Holmes, l’artiste américano-canadienne qui a conçu la sculpture, a refusé d’accorder une entrevue mardi après-midi, expliquant qu’elle avait reçu des messages de menaces depuis que la nouvelle de cet acte de vandalisme avait commencé à se répandre.
L’incident a attiré l’attention de l’ambassadeur américain Pete Hoekstra, qui s’est exprimé sur les réseaux sociaux. «Ce sont les Canadiens qui ont été lésés dans cette affaire», a-t-il affirmé, faisant écho à un commentaire formulé par Alyah Holmes à CTV News.
«Cet acte n’a pas porté préjudice aux États-Unis, a soutenu M. Hoekstra. Il a porté préjudice à une artiste canado-américaine talentueuse, à la communauté de Toronto et à l’association caritative à laquelle cette œuvre d’art devait profiter.»
Parmi cette flotte de rongeurs, 48 rendent hommage à un pays représenté à la Coupe du monde, un célèbre le quartier accueillant pour les touristes et deux souhaitent la bienvenue aux visiteurs du monde entier.
Ensemble, ils constituent une chasse au trésor artistique organisée par le comité de promotion du quartier. Aucune créature ne ressemble à une autre.
Chaque castor a été peint à la main par des artistes ayant des racines ou d’autres liens avec les pays participants, et est muni d’un code QR permettant aux passants de s’inscrire à la chasse au trésor. Les participants peuvent gagner des points en relevant des défis et avoir ainsi une chance de remporter des cartes-cadeaux valables dans des commerces locaux.
La chasse au trésor se poursuit jusqu’au 16 août.
