Une artiste d’Ottawa qui avait peint un castor rendant hommage aux États-Unis dans le cadre d’une campagne promotionnelle pour la Coupe du monde à Toronto a appris que son œuvre avait été détruite au cours du week-end.
Ce castor faisait partie d’une chasse au trésor comprenant 48 sculptures pour l’événement «Great Beaver Quest», chacune étant décorée d’une peinture unique représentant chaque pays participant au tournoi.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
L’association de promotion commerciale (BIA) du Vieux-Toronto indique que le castor d’environ quatre pieds de hauteur, situé dans le parc St. James, a été endommagé dans la nuit de samedi.

«Malheureusement, c’est un risque que nous anticipons et auquel nous nous attendons lorsque nous installons des œuvres dans l’espace public. Qu’il s’agisse d’ennui, d’ivresse publique ou de méfait, c’est particulièrement regrettable lorsque c’est une œuvre d’art qui est endommagée», a dit la BIA.
Alors que d’autres castors endommagés auparavant ont pu être réparés, celui représentant les États-Unis est irréparable, précise la BIA. Des photos publiées sur les médias sociaux montrent que le sommet de la tête du castor a été fracassé.
«J’étais au départ très, très triste. Je le suis toujours. J’ai mis un certain temps à m’en remettre», a mentionné l’artiste Alyah Holmes, née à Ottawa et détenant la citoyenneté américaine et canadienne.
«C’était un immense travail d’équipe, et c’était très excitant pour les Torontois d’avoir tous ces castors. C’était donc vraiment décevant d’apprendre ça.»

Le castor avait été conçu pour rendre hommage aux vastes paysages, aux différentes régions et aux cultures des États-Unis, mettant en vedette la Statue de la Liberté, un phare, des champs de blé dorés du Midwest et des motifs tropicaux représentant Hawaï et Porto Rico.
Mme Holmes affirme avoir passé près de 200 heures à peindre ce castor, qui avait été conçu et réalisé par un autre artiste. Les castors seront mis aux enchères après la fin de la Coupe du monde afin de recueillir des fonds pour un organisme de bienfaisance local.
Mme Holmes a déclaré ne pas connaître le motif de cet acte de vandalisme, mais elle comprend que les tensions politiques entre les États-Unis et le Canada aient pu jouer un rôle. Elle espère que les responsables réfléchiront aux personnes qu’ils blessent avant de détruire des œuvres d’art publiques.
«En fin de compte, détruire ce castor ne fait absolument rien aux États-Unis ni à ceux qui y tiennent les rênes. C’est moi-même, une artiste canadienne, un sculpteur canadien, une équipe canadienne et l’association des commerçants de la vieille ville de Toronto (BIA) qui avons mis tout cela sur pied, et l’œuvre devait être remise à un organisme de bienfaisance canadien; c’est donc comme si tous les Canadiens avaient été lésés dans cette affaire», a-t-elle dit.
Le Service de police de Toronto affirme n’avoir reçu aucun signalement concernant cet acte de vandalisme. L’association de commerce indique que les participants à la chasse au trésor peuvent scanner un code QR affiché sur un mât à drapeau situé à proximité, à la place du castor américain.
Mme Holmes affirme que malgré ce revers, elle souhaite continuer à peindre et à concevoir des œuvres d’art public.
«Même après qu’il a été brisé, je continue de recevoir de superbes messages; des gens m’envoient des photos d’eux avec l’œuvre avant qu’elle ne soit endommagée. Je suis tout de même heureuse que mon œuvre ait pu être exposée et que les gens aient pu en profiter», a-t-elle déclaré.
«J’espère simplement que les gens réfléchiront à deux fois à leurs actes et qu’ils penseront à ceux qu’ils blessent réellement par ce genre d’actions.»

