Le Canada a son destin entre ses mains avant son dernier match de groupe de la Coupe du monde de la FIFA cet été.
Une victoire ou un match nul contre la Suisse à Vancouver mercredi permettrait aux Canadiens de remporter le Groupe B et de disputer un match de phase éliminatoire au BC Place.
C’est précisément ce que l’équipe nationale avait prévu depuis le début, a déclaré l’attaquant Cyle Larin.
«Aborder le match contre la Suisse en position de remporter le groupe, je pense que nous l’avons toujours espéré, a-t-il admis avant l’entraînement de lundi.
«Je pense que nous nous attendions à être là où nous sommes dans ce groupe, compte tenu de la qualité et du talent de nos joueurs. Nous nous attendions à être dans cette position.»
Tous les observateurs ne partageaient pas cet avis.
Le Canada abordait le tournoi au 30e rang du dernier classement de la FIFA, tandis que la Suisse est 19e.
Avant d’écraser le Qatar 6-0 à Vancouver jeudi dernier, les Canadiens n’avaient jamais remporté le moindre match de Coupe du monde. La Suisse, quant à elle, a atteint les huitièmes de finale du tournoi à cinq reprises.
Pourtant, c’est le pays coorganisateur qui aborde le match de mercredi en tête du groupe. Les deux équipes sont à égalité au niveau des points, avec quatre chacune, mais le Canada devance la Suisse grâce à un meilleur différentiel de buts (plus-6).
«Je pense que nous sommes dans une excellente dynamique. Il nous suffit de continuer sur notre lancée des derniers matchs, a dit Larin. Je pense que tout s’est mis en place contre le Qatar, et nous devons maintenir cette dynamique et continuer à pousser. Je pense que les joueurs sont prêts pour cela et prêts à performer.»
Le Canada et la Suisse ne se sont affrontés qu’une seule fois auparavant, les Canadiens s’imposant 3-1 en mai 2022.
L’équipe nationale sait cependant que les Suisses représentent une menace sérieuse.
Participant à sa quatrième Coupe du monde, le milieu défensif Granit Xhaka demeure un élément crucial pour la Suisse. Il a notamment marqué sur penalty dans les arrêts de jeu, contribuant ainsi à la victoire de 4-1 de la Suisse face à la Bosnie-Herzégovine jeudi dernier.
«Il a une excellente technique et c’est un joueur très intelligent, a analysé Larin à propos de l’ancien joueur d’Arsenal. Face à ce genre de joueur, il faut être concentré à 100 % en tout temps, car il est capable de faire une passe, il peut contrôler le jeu.»
La Suisse privilégie la possession et compte des joueurs performants sur les ailes, a indiqué Liam Millar.
Le défi du Canada sera de se concentrer sur son propre jeu plutôt que de laisser l’adversaire dicter le rythme, a-t-il ajouté.
«Je pense qu’il faut simplement rester fidèles à notre style de jeu. Être agressifs, ne pas leur laisser le temps de contrôler le ballon, a-t-il affirmé.
«Mais si on arrive à les presser de près, à être agressifs et à les empêcher de contrôler le ballon, ils seront obligés de prendre une décision. Et si on y parvient, je pense qu’on a de bonnes chances.»
Les entraîneurs canadiens ont donné à tous les joueurs un plan de jeu solide pour vaincre les Suisses, a dit le défenseur Derek Cornelius, et l’équipe est maintenant prête à l’appliquer.
«Je pense que nous sommes pleinement conscients que nous allons affronter une très bonne équipe suisse, a-t-il affirmé. Ils ont de l’expérience et de la qualité à tous les niveaux. Nous devons donc être prêts. Nous devons être conscients de leurs menaces et essayer d’exploiter leurs faiblesses.»
Le sélectionneur du Canada, Jesse Marsch, devra effectuer au moins un changement dans son onze de départ aligné contre le Qatar après la blessure du milieu de terrain Ismaël Koné, victime d’une fracture de la jambe gauche en début de seconde demie.
Son ami Nathan Saliba l’a remplacé, faisant ses débuts en Coupe du monde, et a marqué sur coup franc quelques minutes plus tard. Entouré de ses coéquipiers, Saliba a formé un huit avec ses doigts – le numéro de Koné – puis a pris le maillot de son coéquipier sur le banc et l’a brandi devant le public.
Perdre la créativité de Koné au milieu de terrain sera un coup dur, a admis Marsch, mais l’entraîneur-chef est convaincu que l’équipe possède la profondeur nécessaire pour pallier ce manque.
«Entre Nathan, Mathieu Choiniere, Jonathan Osario et Niko Sigur, nous allons devoir trouver comment utiliser au mieux tous nos joueurs pour tirer le meilleur parti de chaque match et compenser l’apport considérable d’Ismaël à l’équipe, a déclaré Marsch.
«Koné a été un joueur incroyable, peut-être notre meilleur joueur du tournoi jusqu’à présent. Et il a aussi une forte personnalité au sein du groupe. Nous allons nous en sortir, mais ce ne sera pas facile.»

