Jesse Marsch estime qu’il dirige une équipe canadienne unique en son genre à l’approche de la Coupe du monde de soccer de la FIFA cette semaine.
Les joueurs ont une envie exceptionnellement forte de se battre les uns pour les autres et pour leur pays, a-t-il souligné, ce qui rend son rôle d’entraîneur-chef unique, également.
Si l’Américain de 52 ans a sélectionné les athlètes et élaboré les tactiques, il doit également savoir rester en retrait par rapport aux joueurs.
«Parce qu’ils s’aiment et qu’ils savent que c’est leur équipe», avait expliqué Marsch lors du camp d’entraînement du Canada le mois dernier.
«C’est leur équipe nationale, c’est leur moment pour leur pays, et j’essaie simplement de faire tout ce que je peux pour leur donner l’occasion de montrer à quel point ils sont formidables. Et je sais que nous y parviendrons.»
Le parcours vers la Coupe du monde de 2026 a été sinueux pour Marsch, un ancien milieu de terrain dans la Major League Soccer (MLS).
Après avoir pris sa retraite en tant que joueur, l’ancien porte-couleurs des Tigers de Princeton a été embauché comme entraîneur adjoint de l’équipe nationale américaine et a aidé les États-Unis à remporter leur groupe lors de la Coupe du monde 2010.
Il est ensuite devenu le premier entraîneur-chef de l’Impact de Montréal, en 2012, puis a dirigé les Red Bulls de New York. En 2018, il s’est installé en Europe en tant qu’entraîneur adjoint à Leipzig avant d’en devenir l’entraîneur-chef, puis d’occuper le même poste à Salzbourg et à Leeds.
C’est alors que le Canada l’a sollicité. Marsch a pris les rênes de l’équipe nationale en mai 2024, neuf mois après que l’ancien entraîneur-chef John Herdman soit parti diriger le Toronto FC.
Herdman avait permis au Canada de revenir en Coupe du monde après 36 ans d’absence, mais lors du tournoi de 2022 au Qatar, l’équipe n’a remporté aucune victoire lors de ses trois matchs de la phase de groupes.
Le premier test de Marsch a eu lieu lors de la Copa América de 2024. Là-bas, il a mené son équipe à travers des batailles acharnées contre certaines des meilleures équipes du monde, dont deux défaites de 2-0 âprement disputées contre Lionel Messi et l’Argentine, et a terminé à la quatrième place.
Ce résultat a permis au Canada de grimper au 26e rang mondial, un sommet historique.
Sous la direction de Marsch, le Canada affiche un bilan de 13 victoires, cinq verdicts nuls et 13 défaites, avec 40 buts marqués et 24 encaissés en 31 matchs. Le pays aborde la Coupe du monde cette semaine en occupant la 30e place du classement de la FIFA.
«Il est un entraîneur très exigeant», a affirmé l’ailier Tajon Buchanan. «Il veut tirer le meilleur de chaque joueur. Il nous pousse à nous dépasser, et depuis son arrivée, il a instauré une culture de la victoire, une culture qui nous a fait croire que nous sommes peut-être meilleurs que nous ne le pensons.»
Une partie de ce succès tient aux relations que Marsch a nouées avec les athlètes qui jouent sous ses ordres.
Bien que lui et sa femme vivent en Italie, l’entraîneur parcourt souvent l’Europe pour rendre visite aux membres de l’équipe nationale canadienne alors qu’ils jouent pour leurs clubs.
Le fait d’apprendre à connaître Marsch en tant que personne a aidé Buchanan à élever son jeu, déjà impressionnant, à un niveau supérieur.
«Un gars incroyable, un entraîneur incroyable. Il m’a poussé dans tous les aspects de mon jeu à m’améliorer, à jouer selon mes forces, à avoir confiance en moi. Et je pense qu’il m’a donné la liberté d’aller sur le terrain et de le faire», a expliqué le milieu de terrain de Villarreal.
«Une fois qu’il a appris à me connaître en tant que personne et en tant que joueur, et qu’il a compris comment tirer le meilleur de moi, je pense que ça m’a beaucoup aidé, et j’ai pu le montrer et aider l’équipe de cette façon.»
Marsch met ses joueurs au défi tant sur le terrain qu’en dehors, a déclaré le vétéran défenseur canadien Richie Laryea, et il n’hésite pas à partager ses idées sur un soccer rapide et combatif.
«Jesse est très énergique, c’est un gars très aimant et attentionné. Il traite un peu tous les membres du groupe comme s’ils étaient ses fils», a-t-il illustré. «Il a toujours été très transparent, ce qui est vraiment positif dans notre milieu. On veut que les gens soient francs avec nous, et c’est ce qu’il est.»
C’est un entraîneur qui a généré une nouvelle confiance au groupe et qui ne montre jamais aucun signe de panique, même face aux blessures, a ajouté Laryea.
«Je pense que Jesse nous a tout simplement inculqué cette mentalité : ne craignons personne, jouons notre jeu ; quand on joue notre jeu, personne ne nous surpasse», a-t-il déclaré.
«Il a, je crois, insufflé beaucoup de confiance au groupe. Il nous a permis de croire qu’il n’y a pas d’idées farfelues ni d’attentes démesurées au sein de notre groupe, tant il croit en nous.»
Marsch sait qu’avec le Canada comme l’un des pays hôtes de la Coupe du monde cet été, il existe une opportunité de faire passer le soccer à un tout autre niveau à l’échelle nationale — et il veut faire partie de ce travail.
Le mois dernier, il a signé une prolongation de contrat de quatre ans qui le verra diriger l’équipe nationale jusqu’à la Coupe du monde de 2030.
«Je connais mon travail : ma mission principale est de mettre en place une équipe de premier plan afin qu’elle puisse briller lors de cette Coupe du monde et de la suivante», avait déclaré Marsch à l’époque.
«Mais je pense que nous savons tous que nous avons ici l’occasion de développer ce sport de la meilleure façon qui soit. Et j’ai senti que j’avais besoin de plus de temps pour m’y consacrer pleinement.»
Il estime également que son groupe actuel est spécial.
«On parle d’un groupe qui a un caractère irréprochable, un engagement irréprochable les uns envers les autres, un engagement irréprochable envers l’équipe nationale, et très peu d’ego chez les joueurs qui se croiraient supérieurs aux autres ou au programme», a-t-il déclaré.
«C’est une autre raison pour laquelle j’ai décidé de prolonger mon contrat : c’est un plaisir d’entraîner ces hommes.»
Marsch tentera de mener le Canada vers un moment historique vendredi, lorsque son équipe entamera sa campagne de la Coupe du monde contre la Bosnie-Herzégovine à Toronto.
Les Canadiens n’ont jamais remporté de match en Coupe du monde.
Leur entraîneur estime que cela est sur le point de changer, et que son rôle dans ce changement sera réduit le jour du match.
«Mon travail consiste à les mettre en forme, à les préparer, à faire en sorte que chacun comprenne son rôle et à les laisser aller jouer», a déclaré Marsch. «Laissez-les aller jouer.»
