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Coupe du monde 2026: Balogun incarne un débat américain explosif

«(Ma mère) est venue aux États-Unis rendre visite à sa sœur. Elle avait son billet de retour, mais on lui a dit qu’elle était trop avancée dans sa grossesse. Donc je suis né à New York.»

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L'Américain Folarin Balogun (au centre) célèbre avec ses coéquipiers le troisième but de son équipe contre le Paraguay lors du match de la Coupe du monde, dans le groupe D, disputé le 12 juin 2026 à Inglewood, en Californie, près de Los Angeles. Photo AP L'Américain Folarin Balogun (au centre) célèbre avec ses coéquipiers le troisième but de son équipe contre le Paraguay lors du match de la Coupe du monde, dans le groupe D, disputé le 12 juin 2026 à Inglewood, en Californie, près de Los Angeles. Photo AP (Andre Penner)

Au moment où Donald Trump remet en cause le droit du sol aux États-Unis, l’attaquant vedette de la sélection américaine, Folarin Balogun, en est devenu l’un des symboles.

Auteur d’un doublé lors de la large victoire 4-1 contre le Paraguay en entame de la Coupe du monde de soccer, le joueur de 24 ans, ne serait en effet pas américain sans un concours de circonstances.

«(Ma mère) est venue aux États-Unis rendre visite à sa sœur. Elle avait son billet de retour, mais on lui a dit qu’elle était trop avancée dans sa grossesse. Donc je suis né à New York», raconte l’attaquant de Monaco dans une vidéo Instagram publiée cette semaine par l’équipe américaine.

Traditionnellement, toute personne née sur le sol américain obtient automatiquement la citoyenneté.

Pur produit britannique, après avoir grandi à Londres et joué pour les Three Lions jusqu’à ses 21 ans, l’attaquant a ainsi bénéficié du droit du sol et choisi de représenter les États-Unis plutôt que l’Angleterre ou le Nigeria, pays d’origine de sa famille.

avec son accent londonien caractéristique.

«J’étais éligible pour représenter l’Amérique… je ne serai pas celui qui fera obstacle à cette histoire.»

—  Folarin Balogun avec son accent londonien caractéristique

Mais une telle trajectoire pourrait devenir impossible. Donald Trump souhaite en effet revenir sur le principe du droit du sol, consacré par le 14e amendement de la Constitution américaine, dans le cadre d’un durcissement plus large de la politique migratoire.

Le président américain souhaite limiter la citoyenneté aux enfants nés aux États-Unis dont au moins un parent est citoyen américain ou résident permanent légal — ce qui n’était pas le cas de Folarin Balogun.

Deuxième nationalité

Selon des experts interrogés par l’AFP, le cas de Folarin Balogun reste atypique dans le monde du soccer, mais il illustre l’imbrication croissante des dynamiques migratoires dans ce sport.

Près d’un quart des joueurs de cette Coupe du monde sont nés dans un pays autre que celui qu’ils représentent, explique Marissa Kiss, de l’Institut de recherche sur l’immigration de l’université George Mason.

«Comme pour les Jeux olympiques ou la Coupe du monde, les pays sont en concurrence pour attirer les talents, et la politique d’immigration constitue un outil stratégique», affirme-t-elle.

«Les pays qui facilitent l’accès à la citoyenneté disposent d’un avantage pour recruter des talents.»

Les diasporas jouent un rôle de plus en plus important dans l’élargissement des viviers de joueurs, ajoute Gijsbert Oonk, professeur à l’université Erasmus de Rotterdam, spécialiste des liens entre migration et sport.

«La France est devenue ainsi le principal exportateur mondial de talents de soccer. Lors de la Coupe du monde 2026, près de 100 joueurs étaient nés en France. Pourtant, seule une minorité d’entre eux représente l’équipe nationale», écrit-il dans un récent billet de blogue, évoquant des joueurs évoluant pour l’Algérie, le Maroc, le Sénégal, le Mali ou Haïti — reflet de l’histoire coloniale française.

Cette Coupe du monde compte également quatre paires de frères jouant pour des équipes différentes. C’est notamment le cas des frères Doué: Désiré porte le maillot de l’équipe de France tandis que Guéla, son frère aîné, représente la Côte d’Ivoire.

Au sein de l’équipe américaine, la moitié des 26 joueurs possède au moins une deuxième nationalité. C’est le cas de Tim Weah, fils de la légende du soccer George Weah, seul Africain à avoir remporté le Ballon d’Or et devenu par la suite président du Liberia.

L’ailier de l’Olympique de Marseille a choisi de jouer pour les États-Unis, bien qu’il ait été également éligible pour représenter le Liberia, la Jamaïque ou la France.

La Cour suprême américaine doit se prononcer sur le droit du sol d’ici fin juin ou début juillet, coïncidant avec la phase finale de la Coupe du monde, dont la finale se déroule le 19 juillet. Une décision aux répercussions ressenties jusque sur le terrain.