L’Espagne n’a pas subi la moindre défaite et n’a pas encaissé un seul but lors de l'édition actuelle de la Coupe du monde de soccer. La «Roja» est invaincue lors de 36 matchs officiels consécutifs, soit depuis mars 2023.
Ce niveau de jeu exceptionnel n’effraie manifestement pas la Belgique, qui affiche elle aussi une belle dynamique à l’approche du duel de quart de finale de la Coupe du monde qui opposera les deux pays vendredi.
Alors que l’Espagne est la nation européenne la plus régulière depuis trois ans et demi, la Belgique s’est frayé un chemin vers ce qui pourrait être la dernière occasion pour toute sa «génération d’or» de réaliser ensemble un exploit spectaculaire.
Ce choc alléchant au SoFi Stadium opposera l’une des favorites d’avant-tournoi et les champions d’Europe en titre à la Belgique, qui n’a jamais tout à fait atteint son plein potentiel malgré les vedettes très bien payées qui composent son effectif.
Pourtant, le gardien Thibaut Courtois affirme que la Belgique est consciente de l’occasion qui s’offre à elle après avoir écrasé lundi les États-Unis, co-hôtes du tournoi, par un score de 4-1, lors de sa meilleure performance du tournoi, et avoir prolongé la série d’invincibilité des Diables Rouges à 18 matchs toutes compétitions confondues.
«Je pense que (les Espagnols) font partie des favoris pour remporter le titre, donc évidemment, nous partons en position de négligés face à eux», a reconnu Courtois, qui évolue au Real Madrid depuis 2018. «Mais au soccer, tout est possible, et je crois que nous pouvons gagner, avec tout le respect que je leur dois. Mais bien sûr, ce sont eux les favoris.»
Si l’Espagne a parfois eu du mal à marquer au cours du dernier mois, sa défense est restée impeccable, avec Rodri orchestrant superbement le jeu depuis le milieu de terrain.
Le gardien Unai Simón a établi un record de la Coupe du monde avec 609 minutes consécutives sans donner de but, et a effacé une autre marque de la Coupe du monde avec six jeux blancs consécutifs, une séquence qui remonte au tournoi de 2022 au Qatar.
Simón n’a eu à effectuer que six arrêts en cinq matchs de Coupe du monde, mais la Belgique dispose de suffisamment de talent offensif pour mettre à l’épreuve n’importe quel gardien — notamment Kevin De Bruyne, Youri Tielemans, l’attaquant chevronné Romelu Lukaku, le meneur de jeu Leandro Trossard et Charles De Ketelaere, qui a inscrit deux buts contre les Américains.
Malgré une pléiade de bons joueurs entourant la sensation adolescente Lamine Yamal, l’Espagne n’a pas marqué avec autant de panache que la Belgique dans ce tournoi, inscrivant sept de ses neuf buts de la Coupe du monde lors de deux écrasantes victoires contre l’Arabie saoudite et l’Autriche, nettement surpassées. La «Roja» n’a réussi qu’un seul but, celui de Mikel Merino en fin de match, pour battre le Portugal 1-0 en huitièmes de finale.
«En fin de compte, nous nous sommes beaucoup concentrés sur l’aspect défensif, mais historiquement, nous avons aussi toujours marqué beaucoup de buts», a déclaré jeudi l’entraîneur-chef de l’Espagne, Luis De La Fuente.
«Je pense que nous sommes l’équipe qui a tenté le plus de tirs au but (dans cette Coupe du monde). Avec peut-être un peu plus d’efficacité, nous pourrions même être l’équipe qui marque le plus. Mais nous sommes tellement bons en attaque que cela laisse peu d’occasions à l’adversaire de riposter.»
L’attaquant Mikel Oyarzabal a marqué deux buts lors de la première apparition de l’Espagne au SoFi Stadium la semaine dernière, menant son équipe à une nette victoire de 3-0 contre l’Autriche.
«Je pense que nous avons réussi à bâtir un noyau vraiment solide», a déclaré Oyarzabal jeudi. «Que les choses aillent bien ou mal, ou peu importe qui joue, l’équipe réagit, et je pense que c’est crucial. Nous avons accompli quelque chose de très difficile : créer ce genre d’unité au sein de l’équipe nationale.»
La Belgique s’est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde plus récemment que l’Espagne. Les vedettes belges chevronnées n’étaient encore que des jeunes joueurs il y a huit ans, lorsque les Diables Rouges avaient atteint les demi-finales en Russie, tandis que l’Espagne n’avait plus remporté de match à élimination directe depuis sa victoire à la Coupe du monde en 2010.
L'heure de Yamal?
Yamal ne s’est toujours pas illustré lors de sa première Coupe du monde, n’ayant marqué qu’un seul but pour l’Espagne. Ses coéquipiers et ses entraîneurs se disent toutefois très satisfaits de sa prestation globale dans le tournoi, qui a débuté par un temps de jeu limité lors des matchs de groupe, alors qu’il revenait d’une blessure aux ischio-jambiers subie en avril avec Barcelone.
«Il n’a peut-être pas marqué de buts, mais il anime toute l’attaque», a déclaré le milieu de terrain Gavi. «Il est incroyable. J’espère que maintenant, si on gagne – en demi-finale ou en finale, espérons-le –, il marquera des buts pour que les gens comprennent ce qu’il apporte à notre équipe.»
De La Fuente a félicité Yamal pour son excellente prestation offensive et défensive contre le Portugal. L’entraîneur a même attribué à Yamal le mérite d’avoir contraint Nuno Mendes, qui tentait de le marquer, à quitter le terrain tôt en deuxième demie en raison d’une blessure.
«Il est très motivé », a déclaré De La Fuente. « (Yamal) a tellement envie de faire la différence, et nous savons que la meilleure version de lui-même, le Lamine offensif, est quelque chose que nous n’avons pas encore vu dans cette Coupe du monde. Il a dû travailler assez dur en défense parce que nous affrontions un adversaire redoutable. Je pense que cela a été un test de maturité pour Lamine. Il va s’illustrer sur le plan offensif, c’est certain. Il possède un potentiel incroyable, et il va le démontrer.»
Préoccupations belges
La Belgique a perdu cette semaine le milieu de terrain Amadou Onana, victime d’une blessure à un genou, ce qui l’a contrainte à un changement tactique pour préserver sa structure défensive.
Ce changement pourrait simplement consister en le retour de De Bruyne, qui n’a probablement pas joué contre les États-Unis afin de le maintenir en pleine forme pour le match de vendredi. L’ailier Jérémy Doku serait rétabli, mais il n’a pas affiché un rendement constant lors de la Coupe du monde.
Nico Williams devrait être en forme après avoir été mis à l’écart plus tôt dans la Coupe du monde, et l’Espagne semble par ailleurs en bonne santé.
Greg Beacham, The Associated Press
