Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a jugé lundi « incompréhensible » la décision de la FIFA de suspendre le carton rouge qui avait été infligé à la Coupe du Monde de la FIFA à l’attaquant américain Folarin Balogun, questionnant aussi l’intervention politique de Donald Trump.
« Si vraiment c’est un coup de fil qui explique cette décision incompréhensible, cela serait bafouer les règles les plus élémentaires du football et du sport », a déclaré le ministre dans un communiqué transmis par son service de presse.
« Ce serait très grave. Comment la FIFA pourrait-elle encore plaider le fair-play avec crédibilité? », a-t-il insisté, à quelques heures du match entre la Belgique et les États-Unis.
De son côté le premier ministre belge Bart De Wever a préféré ironiser sur la polémique... Par félin interposé, en faisant réagir son chat gris Maximus qui est son vecteur de communication humoristique sur Instagram.
« Carton rouge? Je vais quand même jouer! », a lancé Maximus, en commentaire d’une photo le montrant avec une carte rouge au bout d’une patte, se prélassant sur la moquette grise au siège de la Chancellerie à Bruxelles.
Sollicité par l’AFP pour savoir si Bart De Wever comptait lui-même réagir, son service de communication a renvoyé vers les propos de Maximus sur Instagram.
Les réactions indignées se multipliaient lundi après la décision de la FIFA rendue publique dimanche de suspendre le carton rouge qui avait été infligé à l’Américain Folarin Balogun et devait le priver du huitième de finale États-Unis/Belgique.
Deux sources proches du dossier ont confirmé dimanche à l’AFP que Donald Trump, qui vante de longue date son amitié le patron de la FIFA Gianni Infantino, l’avait appelé mercredi pour demander le réexamen de la suspension de l’attaquant américain.
Le coup de fil est intervenu quelques heures à peine après le 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine lors duquel Balogun avait été exclu. Finalement le meilleur buteur de « Team USA » dans cette Coupe du monde pourra bien être aligné à Seattle lors du huitièmes de finale face aux Diables rouges.
L’intégrité du sport mise à mal
L’UEFA, l’instance dirigeante du soccer européen, a quant à elle déclaré dans un communiqué que la FIFA avait « franchi une ligne rouge » en décidant de ne pas appliquer la suspension obligatoire.
La décision prise dimanche par la FIFA tranche avec les principes traditionnels de l’État de droit dans le soccer et a suscité de vives critiques à l’échelle mondiale, notamment de la part d’ex-joueurs étoiles de la Coupe du monde et d’entraîneurs participant à ce tournoi.
« C’est une très, très, très, très, très mauvaise décision qui va nuire à la Coupe du monde », a déclaré dimanche le sélectionneur norvégien Stale Solbakken, après la victoire de son équipe face au Brésil, qui lui a permis d’accéder aux quarts de finale.
L’UEFA, qui compte notamment la Belgique parmi ses fédérations membres, a insisté: « Parfois, les règles sont sujettes à interprétation. Ce n’est pas le cas ici ».
«Lorsque la certitude des règles n’est plus garantie par ceux-là mêmes qui sont chargés de les faire respecter, l’intégrité du jeu est remise en question et la crédibilité d’une compétition est compromise», a déclaré l’UEFA, qui s’est souvent heurtée au président de la FIFA, Gianni Infantino, au cours de ses 10 années au pouvoir.
«Nous exprimons notre incrédulité face à une décision aussi inédite, incompréhensible et injustifiable», a poursuivi l’UEFA, au sein de laquelle Infantino a occupé le poste de secrétaire général – équivalent à celui de président et directeur général – de 2009 jusqu’à son élection à la tête de la FIFA, en février 2016.
La fédération belge de soccer préparait un recours à Seattle aux premières heures du matin, lundi, afin de contester la décision concernant Balogun devant un juge d’appel désigné par la FIFA.
Le tacle de Balogun
Balogun a été expulsé pour avoir planté son pied chaussé de crampons sur la cheville du défenseur de la Bosnie-Herzégovine, Tarik Muharemovic, lors de la victoire 2-0 des États-Unis en seizièmes de finale, mercredi dernier.
Ce type de tacle a régulièrement donné lieu à un carton rouge tout au long de la saison dans les compétitions du monde entier, et Balogun aurait pu s’attendre à une suspension de deux matchs pour faute grave.
Pourtant, des tacles similaires commis par des joueurs vedettes sont restés impunis lors de cette Coupe du monde — notamment celui de l’Argentin Lionel Messi contre l’Algérie, et celui du Marocain Achraf Hakimi face au Brésil. Le Portugais Bernardo Silva n’a écopé que d’un carton jaune contre le Congo.
« Je pense qu’un carton jaune aurait été juste », a dit Balogun par la suite.

