MONTRÉAL – Sans surprise, la version du Canadien détonnait de celle du Lightning à propos de la virulente mise en échec encaissée par Juraj Slafkovsky.
Dans le camp montréalais, Martin St-Louis et ses joueurs ont assuré que ce puissant coup d’épaule n’avait pas représenté le point tournant de cette défaite.
« Je ne pense pas », a réagi Mike Matheson.
« Je ne crois pas que ce soit le cas, a renchéri Kaiden Guhle. De grosses collisions arrivent dans ces matchs. »
Guhle semblait même avoir oublié que le Lightning avait marqué quelques secondes plus tard. À moins que ce fût une amnésie volontaire pour ne pas admettre que ce jeu du Ligthning avait pesé lourd dans l’équation.
Le seul joueur interviewé qui a reconnu une certaine influence de cette mise en échec, c’est Zachary Bolduc.
« Peut-être que ça leur a donné un peu de gaz, mais ça n’a pas affecté tout le match, il faut surtout éviter les punitions, ils ont gagné beaucoup d’énergie avec leur jeu de puissance », a évoqué Bolduc.
Les joueurs du CH étaient surtout ravis de voir que leur coéquipier avait été en mesure de reprendre la bataille après avoir mis un « genou au sol ».
« Il est gros et fort, il peut gérer ces coups », a noté Guhle.
« C’était une grosse collision, mais il est costaud, c’est un compétiteur donc il est revenu », a ajouté Cole Caufield.
Évidemment, plusieurs partisans du Canadien auront eu l’impression de revivre le cauchemar du printemps dernier alors que Tom Wilson avait asséné une mise en échec déterminante dans la série perdue par Montréal contre les Capitals.
Il appartiendra au CH de démontrer que ce coup de Max Crozier ne l’anéantira pas.
Kucherov ne laisse personne indifférent
Les punitions, parfois contestables, représentaient l’autre dossier qui retenait l’attention après ce duel. À commencer par celle imposée à Jake Evans alors que Nikita Kucherov a bien vendu la scène.
Étant donné que Kucherov est revenu sur la glace 18 secondes après ce double-échec, les joueurs du Canadien pouvaient difficilement accepter sa réaction.
« Ouais, frustrant », a sèchement réagi Guhle sans vouloir se mettre dans le trouble en élaborant sur le sujet.
« On essaie simplement de jouer de notre mieux, quelques décisions n’étaient pas évidentes à accepter, mais le jeu est si rapide », a-t-il ajouté.
Mike Matheson n’a pas caché que ça devient ardu de comprendre où la limite se situe pour les arbitres afin de sévir.
« C’est une bonne question, on se la pose aussi, mais c’est hors de notre contrôle. Tu peux te fâcher, mais ça ne va pas t’aider à gagner des matchs », a déclaré le vétéran.
Quant à l’entraîneur-chef Martin St-Louis, la punition imposée à Oliver Kapanen, pour bâton élevé, l’a forcé à se réfugier dans l’humour pour ne pas regretter ses paroles.
« Je vais me rabattre sur Seinfeld (la série qui l’aide à s’endormir) pour celle-là », a répondu St-Louis.
« Il faut que tu sois calculé dans tes actions, tu ne dois pas donner la chance à l’arbitre de sévir. Quand tu mènes, tu dois faire attention. Je trouve qu’ils sont bons à nous faire prendre des punitions », a-t-il répété plus d’une fois.
Les nombreuses punitions et une absence temporaire de Josh Anderson ont incité St-Louis à employer régulièrement Nick Suzuki en infériorité numérique. Le capitaine a répondu de façon admirable et il a joué l’un de ses matchs les plus physiques.
Suzuki s’est attiré des éloges pour cette implication. Cependant, des leçons s’imposent en infériorité numérique alors que Brandon Hagel a encore marqué en se faufilant derrière les défenseurs. Sur cette séquence, Alexandre Carrier l’avait bien surveillé deux fois avant son but qui a créé l’égalité 2 à 2.
« Il est très bon, il joue de manière intense offensivement et défensivement. On peut effectuer un meilleur travail, ça fait plus d’un but de cet endroit, notre infériorité numérique devra travailler là-dessus pour éviter que ça se reproduise », a reconnu Guhle.






