Après sa victoire dans le septième match de sa série contre les Sabres de Buffalo, le Canadien a publié sur ses réseaux sociaux le discours que Martin St-Louis a livré à ses joueurs dans un vestiaire euphorique.
St-Louis, en gros, demande à ses gars de se rappeler ce qu’il leur avait demandé après leur défaite dans le premier match de la série: répondre en allant gagner deux matchs de suite. «Vous savez ce qui arrive quand vous en gagnez deux de suite, hein? Vous prenez le contrôle de la situation.»
La demi-finale de l’Est est maintenant vieille de trois matchs et voilà que le Canadien vient de se faire jouer le même tour que St-Louis avait mis ses joueurs au défi de réussir dans la ronde précédente. Après une amorce catastrophique, les Hurricanes de la Caroline viennent d’aligner deux victoires serrées, mais convaincantes. C’est la première fois de ce tournoi printanier que le CH est battu de manière consécutive et honnêtement, jamais il n’a paru moins en contrôle qu’en ce moment.
Limités à 12 tirs cadrés samedi soir à Raleigh, les Montréalais n’en ont réussi qu’un de plus lundi au Centre Bell, mais en 14 minutes supplémentaires. Un seul tir en troisième période, un autre en quatrième.
Ils se consoleront peut-être en pensant aux poteaux frappés et aux quelques autres bonnes chances générées. Ils s’encourageront peut-être en se disant que justement, malgré deux performances dans lesquelles ils ont été incapables d’imposer leurs conditions, ils ont quand même poussé l’action en prolongation.
« Suzuki est parti en échappée sur un stretch... Ça aurait pu finir vite, leur donneront raison William Carrier, qui évitait de s’emporter dans le vestiaire des vainqueurs. T’as beau avoir 40 lancers, une erreur et ça s’en va l’autre bord. »
Reste que les Canes vulnérables et un peu perdus qui se sont fait surprendre par la vitesse d’exécution du Canadien dans le match no 1 n’ont jamais été revus depuis. Ils ont été substitués par la version de l’équipe qui a terminé deuxième au classement général en saison régulière et qui avait passé à travers les deux premières rondes des séries sans une égratignure.
Spontanément, le vieux débat opposant les vertus du repos aux risques de s’endormir sur ses lauriers, entendu maintes fois en préambule de la série, a refait surface dans le discours des gagnants lundi.
«La rouille est disparue et on a retrouvé nos sensations sur la glace, a dit Taylor Hall. Après douze jours d’inaction, tout semblait aller à un million de miles à l’heure dans le premier match de la série. Maintenant, on dirait que le jeu a ralenti et on a recommencé à faire nos lectures sans même avoir à y réfléchir.»
«Douze jours, c’est dur», a approuvé Carrier. «On le voit même en saison. Trois jours sans jouer et les gars sont un peu rouillés. On est maintenant revenus à notre game. Il était un peu trop tard quand on l’a fait dans le premier match, mais on essaie de juste continuer à faire ce qu’on fait, jouer de la même façon match après match.»
À court de magie
En tête de liste des images qui resteront de ce parcours éliminatoire du Canadien, il y a les célébrations en prolongation. Le but de Juraj Slafkovský au tout début à Tampa, celui de Lane Hutson dans le premier match au Centre Bell et, bien sûr, celui d’Alex Newhook à la limite contre les Sabres.
Contre la Caroline, la magie a changé de camp. Les Hurricanes ont fini ça avant que le moteur de la zamboni n’ait le temps de refroidir dans le deuxième match. Ils ont seulement étiré un peu plus leur domination dans le suivant.
Ils ont une fiche de 5-0 en prolongation depuis le début des séries.
«C’est évident qu’on est assez à l’aise dans ce contexte, a observé l’entraîneur Rod Brind’Amour. On continue de se faire confiance. Ça a été surtout vrai ce soir. Quand les choses allaient assez bien pour nous, on n’a pas fait de gros ajustements et on a juste continué à jouer. Ça ne fonctionne pas toujours, mais ce soir ça a marché.»
Une fois de plus, Taylor Hall a fait référence au fait que son équipe avait brûlé moins de cartouches dans les rondes précédentes et était ainsi équipée pour veiller tard même à l’approche du mois de juin.
«Dans tous ces matchs, à part celui à Philadelphie, j’ai l’impression qu’on était en contrôle. Pour nous, c’est presque comme une autre première période, on ne change pas grand-chose dans notre approche. Et on sent qu’on a les jambes les plus fraîches et que ça nous sera bénéfique.»
À la lumière des deux derniers matchs, il est difficile d’imaginer le Canadien renverser la vapeur au point de gagner trois des quatre suivants. Une source d’optimisme serait la tenue du gardien Frederik Andersen, qui n’inspire pas confiance dans le filet des Hurricanes. Mais encore faudrait-il lui donner l’occasion de s’enfarger.






