🔵⚪️🔴 Canadiens de Montréal

L’inconnu qui a tout fait basculer

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Le Lightning revient de l’arrière dans un duel palpitant

Le Lightning revient de l’arrière dans un duel palpitant

« Il faut essayer d’être discipliné »

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« Nous aurons besoin de la contribution de tout le monde »

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Brandon Hagel se donne des airs de Brad Marchand

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Lightning 3 - Canadiens 2

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MONTRÉAL – Le Lightning tirait de l’arrière par deux buts, un déficit qu’aucune équipe n’avait eu à gérer depuis le début de sa série contre le Canadien, et la deuxième période tirait à sa fin. L’équipe de la Floride avait comblé cinq retards de deux buts ou plus en saison régulière, mais ce n’était pas la saison régulière.

Sur une échelle d’hostilité où 1 peut être représenté par la foire alimentaire d’un centre commercial un mardi matin et 10 par un petit village coincé au pied d’un volcan en éruption, le Centre Bell était à 11. Dans une séquence folle d’une trentaine de secondes, Cole Caufield avait enfilé le deuxième but des siens, du brasse-camarade avait éclaté après une blessure à Corey Perry et une maladresse de Darren Raddysh avait donné un autre avantage numérique au Canadien. Absolument tout souriait aux hommes en rouge. Le Lightning, à l’inverse, était dans le trouble.

Puis il y a eu cette mise en échec. Sourde et violente, le genre de coup qui fait automatiquement raidir la nuque de ceux qui en sont témoins. Distributeur : Max Crozier, un défenseur somme toute anonyme qui disputait son deuxième match seulement depuis le 1er février. Destinataire : Juraj Slafkovsky, un intimidant jeune premier qui vient d’atteindre le plateau des 30 buts pour la première fois de sa carrière à 22 ans et qui avait été le héros du premier match de la série avec un tour du chapeau.

Avec deux minutes à jouer en deuxième, l’épaule de l’un a rencontré le menton de l’autre au centre de la patinoire et le match a pris un virage à 180 degrés.

Crozier a raconté qu’il avait vu Slafkovsky patiner dans sa direction avec la tête baissée et qu’il n’avait pas eu à y penser deux fois avant d’ajuster sa trajectoire pour aller à sa rencontre. « C’est une série très robuste depuis le début et j’ai juste voulu faire ma part », s’est-il bombé le torse.

Crozier, qui a joué deux fois plus de matchs dans la Ligue américaine (110) que dans la Ligue nationale (54) depuis qu’il a été repêché en quatrième ronde par le Lightning en 2019, n’a pas hésité à placer cette action au sommet de la liste des mises en échec les plus significatives de sa carrière.

« C’en était toute une, a acquiescé Jake Guentzel quelques minutes plus tard. Ça a mis tout le monde dans le match, notre banc s’est enflammé. Parfois, ça prend quelque chose comme ça pour changer un match. »

« Aussitôt intégré dans la formation, il a trouvé une façon de provoquer une étincelle. Je lui lève mon chapeau », a renchéri Brandon Hagel.

Bien sûr, si le Canadien ferme l’accès à son but pendant les quelque 120 secondes qui le séparent de l’entracte, peut-être que personne, à part bien sûr Slafkovsky (qui est revenu dans le match en troisième) ne ressent les contrecoups de cette percutante collision demain matin. Mais ce n’est pas ce qui s’est produit.

Dans la dernière minute de la période, alors que le jeu se déployait à 4-contre-4, Guentzel s’est libéré de la couverture de Jayden Struble pour réduire l’avance du CH de moitié. Puis dès le début du troisième vingt, Hagel a créé l’égalité pendant la première de trois pénalités mineures consécutives décernées aux locaux.

« C’est vrai que la mise en échec a été un point tournant. Personne n’est resté assis sur notre banc quand c’est arrivé, a reconnu l’entraîneur-chef Jon Cooper. Mais il fallait quand même qu’on en tire profit par la suite. »

« Si Crozier a frappé le premier coup, [le but de Guentzel] a vraiment, vraiment aidé, a poursuivi Cooper. Un but en fin de période, un but au début de la suivante et soudainement, on avait un tout autre match. La foule est devenue un peu plus calme. Mais si vous regardiez le match, c’est évident que la mise en échec a joué un gros rôle dans cette remontée. »

Hagel, le moteur

On pensait se diriger vers une quatrième prolongation consécutive dans cette série quand un but un peu chanceux de Hagel – un tir de loin de Nikita Kucherov a dévié sur son avant-bras avant de tomber derrière Jakub Dobes – a fait tomber le ciel sur la tête du Canadien.

Hagel continue d’être le moteur qui fait tourner les roues du Lightning. Il a marqué dimanche ses cinquième et sixième buts de la série, rejoignant ainsi Steven Stamkos et Vincent Lecavalier parmi les joueurs du Lightning qui ont fait mouche dans quatre matchs de suite pour commencer un tournoi éliminatoire.

Des 25 minutes 37 secondes qu’il a passées sur la glace, il en a joué presque huit en avantage numérique et près de six en désavantage numérique.

« Il fait toutes les bonnes choses, a louangé Yanni Gourde. Il joue dans toutes les situations, il va en avant du net, il bloque des lancers. Il fait tout ce qu’il faut faire. Il joue de l’excellent hockey. »

« Il n’y a rien qu’il ne fait pas, s’est émerveillé Guentzel. Son impact se fait sentir partout sur la patinoire, des deux côtés de la rondelle. Il n’y a personne de plus en feu que lui dans la ligue en ce moment, mais on est habitués de voir ça, il a fait ça toute l’année. »

Guentzel avait commencé la série aux côtés de Hagel avec Anthony Cirelli. Au fil des rencontres, Cooper les a séparés pour greffer Kucherov au trio. Dimanche, Brayden Point a remplacé Cirelli au centre des deux vétérans. Et l’effet Hagel s’est fait sentir. Cooper n’a pas hésité à dire que ses deux partenaires de jeu avaient connu leur meilleur match du tournoi printanier.

Point n’a pas trouvé le fond du filet, mais a dirigé un total de neuf tirs en direction du filet montréalais. Quant à Kucherov, malgré un effort inégal, il a été le complice direct des deux buts de Hagel. Ses deux points lui ont permis de devancer Sergei Fedorov et Jean Béliveau au 16e rang du classement des meilleurs pointeurs de l’histoire de la LNH en séries.

Kucherov a toujours trouvé le moyen de faire mal au Canadien en séries. S’il fallait qu’il se rapproche d’une meilleure version de lui-même dans les prochains matchs, les Montréalais pourraient regretter de n’avoir su accentuer leur avance quand ils avaient une si belle occasion de le faire.