BROSSARD — Jacob Fowler a perdu son pari au camp d’entraînement et a commencé la saison dans la Ligue américaine de hockey. Visiblement déçu, le gardien est rapidement revenu avec le Canadien de Montréal en raison de la blessure de Samuel Montembeault, et il a saisi cette occasion avec brio.
Le Tricolore a annoncé lundi que Fowler a gagné la Coupe Molson du mois d’octobre après avoir maintenu une fiche de 7-1-0, un taux d’efficacité de ,932 et une moyenne de buts alloués de 1,84 en huit rencontres. Il a notamment réussi deux blanchissages pendant cette séquence.
Après un premier match au cours duquel il a cédé trois fois sur 18 tirs dans une défaite de 5-2 aux mains de Predators, le 8 octobre à Nashville, Fowler a tourné la page deux jours plus tard avec un jeu blanc de 30 arrêts contre les Red Wings de Detroit. Il amorçait alors une série de sept victoires, qui est toujours active.
Doté d’un tempérament très calme, autant sur la glace qu’à l’extérieur, qui lui vaut de nombreuses comparaisons avec l'ancien gardien étoile Carey Price, Fowler n’a pas voulu s’enflammer avec ses récents résultats.
«C’est un bon mois, ce n’est pas encore une bonne saison, a lancé Fowler, lundi, au terme de la séance d’entraînement de l’équipe. Il reste encore tellement de hockey à jouer. Et, encore une fois, on doit donner beaucoup de crédit à notre groupe, qui joue du très bon hockey.
«C’est un bel honneur pour le mois d’octobre, mais tu veux juste être meilleur chaque mois», a-t-il ajouté.
Malgré ses 17 matchs disputés au cours de la dernière campagne, Fowler demeure une recrue dans la LNH. À 21 ans, il vient d’entamer sa troisième saison professionnelle. Ses coéquipiers s’entendent pour dire que son développement et ses apprentissages sont loin d’être terminés, alors qu’il n’a toujours pas connu de mauvaises séquences prolongées avec le Canadien.
Ils estiment tous, toutefois, qu’il est bien outillé pour faire face aux aléas d’une saison, même si le marché montréalais peut parfois exacerber les hauts et les bas.
«C’est assurément différent ici, a reconnu l’attaquant Cole Caufield. Il y a plus de notoriété ici, il y a plus de hauts et de bas. Il faut juste garder la tête froide. Il (Fowler) est en bonne position, avec la façon dont il se comporte chaque jour. Je suis sûr que ça va continuer.»
Le défenseur Alexandre Carrier a tenu des propos semblables, ajoutant que Fowler semble «carburer à la pression et aux matchs importants».
À propos des similitudes avec Price, qui sera intronisé au Temple de la renommée en fin de semaine, le Québécois a laissé entendre que Fowler avait encore des «croûtes à manger» avant d’atteindre le même statut, mais que le jeune gardien pouvait puiser de la confiance de ces comparaisons.
«Il est juste solide, a dit Carrier. Pour un gars de son âge – c'est rare un gardien de but qui commence aussi tôt –, avoir autant de calme et de confiance, c'est impressionnant.»
L’entraîneur-chef du CH, Martin St-Louis, répète fréquemment qu’il est important d’avoir une bonne tête sur les épaules, pour éviter de s’emporter quand les victoires se succèdent, et pour éviter de perdre confiance quand les choses vont moins bien.
À ses yeux, certains joueurs y arrivent plus facilement que d’autres.
«C’est toujours un défi de ne pas être trop haut, ni trop bas, et ça part avec moi, a avancé St-Louis. Si tu veux que tes joueurs restent calmes, comme entraîneur, tu es mieux d’être pas loin de ça aussi. Notre environnement nous aide beaucoup.
«C’est le 'fun' que ça aille bien pour lui, mais c’est toujours à recommencer, a-t-il dit à propos de Fowler. Il est toujours axé sur son processus, donc il ne se laisse pas emporter par les émotions qui viennent avec les résultats.»
Un piège à éviter
Le capitaine Nick Suzuki participait par ailleurs à un deuxième entraînement consécutif, après avoir sauté sur la glace lors de la séance optionnelle de samedi, avant le match contre les Penguins de Pittsburgh. Il portait un chandail rouge, comme ses compagnons de trio habituels, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky.
L’équipe n’a toutefois pas confirmé la date de son retour au jeu. Il est absent depuis qu'il a reçu un tir sur la main gauche dans une défaite en prolongation de 4-3 contre les Sharks de San Jose, le 20 octobre. La durée de son absence avait alors été évaluée de deux à quatre semaines.
Kirby Dach était quant à lui toujours absent, après avoir raté le dernier match du club en raison d’un virus.
Le Tricolore tentera de signer une sixième victoire d'affilée, mardi, lorsque les Jets de Winnipeg seront de passage au Centre Bell. La formation du Manitoba tentera quant à elle d’éviter une 10e défaite de suite.
«Il faut comprendre où cette équipe se situe émotionnellement. On verra probablement une équipe désespérée, avec un sentiment d’urgence. Il ne faut pas être surpris», a averti St-Louis.
Tommy Thurber, La Presse Canadienne

