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Dobeš, un gardien rigolo, mais surtout dévoué

Jeff LoVecchio, préparateur physique de Jakub Dobes depuis qu’il a 17 ans, n’est pas étonné de le voir oser narguer l’adversaire avec autant de confiance.

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Jakub Dobes

Dire que personne ne voulait de Jakub Dobeš dans son pays. À 17 ans, à sa deuxième saison en Amérique du Nord, Dobeš avait lancé cette phrase : «j’ai quitté ma maison et ma famille parce que je veux jouer dans la LNH. Je ne suis pas venu ici seulement pour jouer bien.»

Le jeune gardien tchèque n’était pas satisfait de sa progression et il s’était confié à Jeff LoVecchio qui en était à sa première année comme préparateur physique pour l’équipe 18U AAA des Blues à St. Louis.

«Je ne vais jamais oublier cette conversation. Il ne sentait pas qu’il jouait à la hauteur de son potentiel», a confié, à RDS, LoVecchio qui l’a incité à améliorer sa nutrition et à investir plus de temps en gymnase.

Une première photo est arrivée, une suivante et encore une autre. Dobeš a envoyé une photo de CHACUN de ses repas à LoVecchio pendant des lunes.

Il était déjà un bon gardien. Mais, à partir de ce moment, il a grimpé en flèche! Il s’est impliqué à fond pour maximiser son potentiel. Il n’a pas manqué un seul entraînement jusqu’à la fin de la saison», a poursuivi LoVecchio qui avait abordé cette anecdote dans sa balado Hockey Think Tank.

Jeff LoVecchio, préparateur physique de Jakub Dobes depuis qu’il a 17 ans, n’est pas étonné de le voir oser narguer l’adversaire avec autant de confiance.

Si Dobeš disait, il y a une dizaine de jours, qu’il «n’est pas un héros, mais seulement un gardien un peu bouffon», vous aurez compris que son côté givré ne l’empêche pas de gérer sa carrière avec le sérieux nécessaire.

La plus grande preuve demeure son départ de la Tchéquie vers St. Louis puisque les clubs de son pays ne s’intéressaient pas à lui.

«Pour quitter la maison à cet âge, tu dois avoir quelque chose en toi qui veut vraiment réussir. Cette confiance en ses moyens a toujours été présente. Quand tu ajoutes à ça son développement, l’évolution de sa maturité, son travail sur la glace et à l’extérieur, la nutrition et la préparation mentale… ça fait en sorte qu’il est très bien préparé et la préparation = confiance. Quand tu es confiant, tu joues bien plus souvent. Jakub a compris ça rapidement alors que plusieurs joueurs le réalisent un peu plus tard», a réagi LoVecchio.

Ravi de le voir répliquer à ses adversaires

En 2018, LoVecchio venait tout juste d’accrocher ses patins quand il a découvert Dobeš.

«Je l’ai vraiment, vraiment aimé. Il avait tout le potentiel au monde. C’était un jeune homme merveilleux qui devait travailler légèrement sur certains aspects de sa maturité et il l’a fait», s’est souvenu celui qui a notamment évolué pour les Bruins de Providence dans la Ligue américaine de hockey.

Depuis que ce lien s’est créé à St. Louis, Dobeš n’a jamais cessé son association avec LoVecchio. Cependant, durant la première année, Dobeš a pris son courage à deux mains pour lui dire qu’il le narguait gentiment un peu trop fort.

«C’est très drôle parce que je le vois maintenant déranger les joueurs adverses et j’aime tellement ça», a rigolé LoVecchio qui n’est pas surpris de voir son volet frondeur en séries.

«Pas du tout. Il est très calme alors que jeunes joueurs se font secouer facilement, ça joue dans leur tête. Jakub peut connaître une mauvaise période ou une mauvaise partie, mais il se reprend ensuite. C’est la marque d’un vrai professionnel qui parviendra à jouer longtemps à ce niveau. Il a travaillé très fort pour demeurer en contrôle malgré son jeune âge. À mes yeux, c’est la raison pour laquelle il impressionne tant de gens», a vanté son allié alors que Dobeš a remporté ses six matchs en séries à la suite d’une défaite.

LoVecchio savait que Dobeš jouerait dans la LNH

En 2020, le Canadien a repêché Dobeš en cinquième ronde, il devenait le 13e gardien de sa cuvée à être sélectionné.

Mais LoVecchio était déjà convaincu que Dobeš se rendrait dans la LNH en vertu de son éthique de travail, ses habiletés naturelles et son attention aux détails.

«Il y a seulement deux joueurs que j’ai entraînés et que j’ai garanti, avant leur 20e anniversaire, qu’ils allaient jouer dans la LNH, ce sont Dobeš et Joseph Woll», a expliqué LoVecchio qui avait toute la misère du monde à marquer contre Dobeš quand il avait 18 ans.

LoVecchio n’a aucunement l’intention de s’attribuer le mérite, mais il a permis à Dobeš de devenir un meilleur athlète si bien qu’il résiste mieux au trafic près de son filet.

«Jakub est énorme, il a assumé la responsabilité de sa préparation physique. Ça le rend plus confiant et ça l’aide actuellement», a soutenu l’Américain de 40 ans.

Choix de 5e ronde lors du repêchage de 2020, rien ne laissait présager que Jakub Dobes serait la vedette des Canadiens de Montréal lors des séries 2026. À l’instar de Jaroslav Halak et Patrick Roy avant lui, Dobes est arrivé par la porte arrière pour marquer l’imaginaire des partisans du Tricolore. Daniel Richard nous résume le tout et se pose des questions par rapport à son avenir à Montréal.

Ce qui le rend fier, c’est aussi de le voir exprimer sa personnalité. Que ce soit en souriant sous son masque en plein match ou en évitant les clichés en entrevue.

«J’adore ça! J’étais tout le contraire quand je jouais aux États-Unis. On m’avait donné le conseil de ne pas m’ouvrir la trappe, tu es une recrue. C’est vraiment cool de voir qu’il demeure lui-même. Il a un côté très sec et sarcastique ainsi que très humble et confiant à la fois», a indiqué LoVecchio.

On y revient, mais Dobeš l’a fait mourir de rire quand il s’est traité de bouffon.

«C’était si drôle parce que c’est tellement vrai. Il démontre sa personnalité et la LNH a besoin de ça, aucun sport professionnel n’existe sans les partisans qui vont se rapprocher de lui et de l’équipe», a conclu LoVecchio.