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Caufield… enfin!

Le temps était peut-être venu de se tourner vers la magie noire pour débarrasser Caufield du grand mal qui s’apitoyait sur son sort?

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Cole Caufield Photo - AP

On va se le dire : le Canadien et son as marqueur Cole Caufield n’ont pas amorcé le match de la meilleure façon qui soit.

Contre le premier trio des Sabres qui avait tout plein de choses à se faire pardonner, un trio qui a amorcé le match avec vitesse et vigueur, Cole Caufield s’est rendu coupable d’un revirement qui a permis à Tage Thompson de marquer quelques secondes plus tard.

Après 53 secondes, les Sabres étaient en avant 1-0.

Déjà que les partisans, gavés par sa saison régulière historique de 51 buts, tapaient du pied mécontents qu’ils étaient du seul but offert par Caufield depuis le début des séries, le petit Cole a attisé l’impatience d’un peu tout le monde en se rendant coupable d’une gaffe aussi coûteuse.

Dès la 54e seconde de la période médiane, Caufield est passé à un cheveu, peut-être deux, de faire oublier sa gaffe du début de match. Campé tout juste devant le but laissé libre par Alex Lyon, déporté sur sa droite en raison de la menace que représentait Lane Hutson, Caufield a reçu une passe parfaite que le défenseur a effectuée avec la magie qu’on lui connaît. Caufield n’avait qu’à rediriger la rondelle dans la cage déserte.

Mais non! Trop facile? Trop beau pour être vrai? La rondelle a raté le but.

Le regard de Caufield, qui a levé les yeux en direction du plafond du Centre Bell où il a tenté de repérer les fantômes du Forum qui venaient de le hanter au lieu de lui porter chance, en disait long sur sa déception. Son désarroi.

Comment un gars qui a marqué plusieurs fois de l’arrière du but cette saison, qui a enfilé la rondelle entre les gardiens ennemis et les poteaux dans des trous à peine plus grands que la rondelle elle-même, pouvait-il bousiller une telle occasion?

Le temps était peut-être venu de se tourner vers la magie noire pour débarrasser Caufield du grand mal qui s’apitoyait sur son sort?

Après tout : un petit but sur les 16 tirs cadrés lors des 10 premiers matchs des séries, sur les 37 décochés depuis le début des séries, ce n’était pas normal.

La magie noire n’a finalement pas été nécessaire.

Une pénalité écopée par Josh Doan a sauvé le jeu. Surtout que cette pénalité, c’est le petit Cole qui l’a provoquée en obligeant le jeune attaquant des Sabres à l’accrocher.

Bon! Caufield a eu besoin de deux chances. Car dès la mise en jeu remportée par Nick Suzuki pour lancer l’attaque massive, Caufield a tiré tout juste au-dessus de la barre transversale. Mais 77 secondes plus tard : il marquait. Enfin!

Caufield était visiblement content. Ses coéquipiers aussi. Mais les plus heureux, les plus soulagés, étaient les partisans entassés dans les gradins. Ils ont ovationné l’as marqueur qui venait de retoucher le fond du filet et ils se sont ensuite mis à scander le nom de Caufield dès que Michel Lacroix a amorcé la confirmation de son but.

À l’unisson, les « Caufield! Caufield! Caufield » se sont prolongés pour la durée de la pause de 90 secondes au cours de laquelle les diffuseurs enfilent les commerciaux et les préposés ramassent la neige sur la patinoire.

Ce n’est donc qu’à la reprise du jeu que Michel Lacroix a pu confirmer que les passes sur ce but de Caufield étaient décernées à Lane Hutson – avec un autre tour de passe-passe dont il a le secret en zone ennemie – et Ivan Demidov sur ce but qui n’a pas seulement lancé le Canadien en avant 2-1, mais l’a propulsé vers une victoire convaincante de 6-2 aux dépens de Sabres. Vers un deuxième gain de suite – une première depuis le début des séries – qui pourrait avoir changé le cours de la série.

Si ses partisans étaient visiblement soulagés, Cole Caufield l’était beaucoup moins. Du moins, c’est ce qu’il assurait après la victoire.

« Je suis content que la rondelle soit entrée, c’est sûr, mais j’ai tout fait pour ne pas laisser cette séquence m’atteindre. Je me suis assuré d’être un bon coéquipier, de continuer à chercher les meilleurs endroits pour obtenir des chances. Plusieurs autres gars ont pris la relève en matière de buts marqués et l’important demeure les victoires que nous avons signées », que Caufield a indiqué.

Avec raison!

Alex Newhook a marqué deux fois encore hier. Il est rendu à cinq buts depuis le début des séries. Il a marqué 5 des 15 derniers buts du Tricolore. Kirby Dach a enfilé son quatrième des séries. Un but important qui a démoli les Sabres qui, après un solide début de troisième période, se sont butés à Jakub Dobes avant de voir Dach propulser le Tricolore vers une avance de 5-2.

Mais quand même. Le Canadien aura besoin de la contribution offensive de son premier trio pour battre les Sabres à nouveau, peut-être les éliminer, et obtenir le privilège d’affronter les Hurricanes de la Caroline en finale de l’Est.

Ensuite?

Commençons par les Sabres!

Mais après les deux victoires du Canadien, il semble évident que les Sabres, aussi gros, aussi forts, aussi rapides soient-ils, sont menaçants en attaque, mais ô combien désorganisés en défense!

S’ils continuent à offrir autant d’occasions de qualité aux joueurs du Tricolore, ils mineront leurs chances de faire honneur à leur deuxième portion de saison régulière, aussi sensationnelle fut-elle.

Car les Sabres sont bien trop généreux en défensive. En plus, ils sont bien trop généreux en matière d’attaques massives offertes au Canadien. Et ce n’est pas Alex Lyon qui a les jambières assez solides pour les sauver trois, cinq, dix fois par match.

Surtout s’il faut que Cole Caufield sorte de sa torpeur qui inquiétait bien des partisans, mais qui était loin d’inquiéter ses coéquipiers et son entraîneur-chef Martin St-Louis.

Lindy Ruff a d’ailleurs servi un avertissement à ses joueurs. Un avertissement qui est aussi un compliment à l’endroit du Canadien :

« Cette équipe (le Canadien) a battu une très bonne équipe en première ronde. Cette équipe (le Canadien) forme une très bonne équipe. Une équipe que nous ne pouvons nous permettre de prendre à la légère. Si on ne le réalise pas rapidement, on n’aura jamais l’occasion de le réaliser. »

On verra si le message aura été compris mardi soir!