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Sept équipes qui pourraient gagner le derby Kucherov

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Le monde du hockey a été secoué par la demande d’échange formulée la semaine dernière par Nikita Kucherov, le joueur étoile du Lightning de Tampa Bay, ainsi que par sa décision de ne pas signer de nouveau contrat avec l’équipe à l’issue de cette saison.

(Bon, d’accord, son directeur général n’a peut-être pas été surpris, pour des raisons que nous aborderons plus tard.)

Cette nouvelle a provoqué plusieurs ondes de choc. Le fait que le joueur par excellence de la dernière saison devienne soudainement disponible, soit en tant que joueur autonome sans compensation l’été prochain, soit plus immédiatement via une transaction cette saison, a surpris tout le monde. Le fait que le Lightning perde son lauréat du trophée Hart, et au passage une chance potentielle de remporter prochainement la coupe Stanley, a eu l’effet d’un coup de tonnerre.

C’est une nouvelle étape importante dans le mouvement de prise de pouvoir des joueurs, même s’il s’agit ici d’une étoile sur le point de devenir joueur autonome plutôt que d’un joueur quittant le club alors qu’il est encore sous contrat à long terme. Ou, comme l’a formulé son coéquipier de Tampa Bay, Brandon Hagel, en faisant allusion à Connor Hellebuyck et Dylan Larkin : «Ce n’est pas comme s’il s’était engagé ici pour huit ans et qu’il avait demandé à partir au bout de deux ans.»

Mais le plus grand choc de tous, c’est que tout cela ait pu arriver : Kucherov qui souhaite partir, et le Lightning ainsi que son directeur général, Julien BriseBois, qui aient laissé la situation en arriver là.

«C’est un véritable choc de voir comment les choses ont été gérées là-bas», m’a confié cette semaine un ancien coéquipier de Kucherov. «C’est le genre de joueur pour lequel, dès le 1er juillet, on s’attend à ce qu’il ait déjà signé un contrat.»

Aucun accord n’a été conclu ni cet été, ni pendant le dernier camp d’entraînement. Kucherov a déclaré que lui et l’équipe n’avaient eu que deux discussions au sujet de son contrat au cours des quatre mois qui ont précédé sa demande d’échange.

L’informateur Kevin Weekes a rapporté que la première offre du Lightning à Kucherov s’élevait à environ 13 millions $ par année, ce qui ferait de lui le seul joueur actuel de Tampa dont le salaire annuel moyen dépasserait les 10 millions $. Weekes a indiqué que BriseBois était monté jusqu’à 15 millions $ par année après l’été marqué par les dépenses massives dans la LNH, notamment les contrats offerts à Leo Carlsson des Ducks d’Anaheim (18 M$ par saison) et à Cale Makar de l’Avalanche du Colorado (20,8 M$).

Des sources m’ont confié plus tôt cette année que Kucherov cherchait à obtenir un salaire annuel moyen supérieur à 17 millions $, ce qui correspond à la valeur annuelle moyenne du contrat de Kirill Kaprizov avec le Wild du Minnesota. Selon plusieurs informations, Kucherov chercherait désormais à obtenir un contrat de six ans à 20 millions $ par année après le bouleversement du paysage financier de la LNH cet été.

Il aura 34 ans en juin prochain. Si son âge est une source d’inquiétude pour le Lightning, cela ne devrait pas l’être. Tout d’abord, Kucherov n’est pas vraiment un as de la vitesse. Un éventuel ralentissement de son coup de patin n’aurait ainsi aucune incidence sur ses mains, qui comptent parmi les meilleures de la ligue et qui misent sur un cerveau capable de les suivre. Ensuite, tous les coéquipiers, actuels et anciens, à qui j’ai parlé de sa condition physique s’accordent pour dire qu’il restera productif jusqu’à la fin de la trentaine.

Non, ce qui préoccupe le Lightning, c’est la rémunération, son impact sur leur structure salariale et la manière dont elle affecte la marge de manœuvre de BriseBois sous le plafond salarial. Vous vous souvenez de ce qu’avait déclaré le directeur général lorsqu’il avait laissé partir Steven Stamkos? Qu’accéder à ses exigences contractuelles «ne nous mettrait pas dans la meilleure position pour viser des titres dans l’avenir».

(Et n’oublions pas à quel point toute cette situation avec Stamkos en 2024 pèse sur l’esprit de Kucherov.)

BriseBois et l’entraîneur-chef du Lightning, Jon Cooper, ont eu une réunion avec Kucherov et son agent, Dan Milstein, à Nashville vendredi dernier. À 18 h 49 ce soir-là, Elliotte Friedman, de Sportsnet, a rapporté la demande de transaction de Kucherov. À 21 h 35, le Lightning a publié une déclaration de BriseBois indiquant : «Nous n’avons absolument aucune intention d’échanger Nikita.»

Samedi, Cooper a déclaré aux journalistes : «Kuch fait partie intégrante de cette équipe à 100 %. Il souhaite faire partie de cette équipe pour cette saison, et il s’est engagé à rester aux côtés du groupe qui l’aime et qu’il aime.»

Lundi, Kucherov a enfin rencontré les journalistes pour déclarer : «Pour moi, ça n’a jamais été une question d’argent. C’était davantage un problème de mauvaise communication et de manque de respect», avant d’ajouter : «Pour l’instant, je fais partie de l’équipe, et je ferai tout ce que je peux pour aider mes coéquipiers à gagner.»

« Ça n'a jamais été une question d'argent... » Nikita Kucherov s'entretient avec les journalistes pour la première fois depuis qu'il a demandé d'être échangé par le Lightning de Tampa Bay.

Il était intéressant d’observer les réactions suscitées par la demande de départ de Kucherov. J’ai constaté sur Internet que beaucoup estimaient qu’il avait rendu service au Lightning en communiquant clairement son intention de ne pas signer et en le poussant à acquérir des actifs en retour. Je ne sais pas si les partisans sont sous l’emprise de la tendance de prise de pouvoir des joueurs ou s’ils sont simplement soulagés de voir un joueur autonome sans compensation en devenir déclarer son désir de partir plutôt qu’un joueur en plein contrat à long terme, mais Kucherov a suscité beaucoup de sympathie.

Ma première réaction a été de considérer cela comme un moment de caprice compréhensible.

C’est une superstar qui a contribué à mener le Lightning vers une décennie de succès, et soudain, il ne se sent plus apprécié à un moment crucial de son contrat. C’est compréhensible, tout comme le fait d’annoncer qu’il n’a pas l’intention de renouveler son contrat. Ce qui relève du caprice, c’est de rendre tout cela public, ce qui nuit au pouvoir de négociation du Lightning et crée une énorme distraction pour ces coéquipiers qu’il tente d’aider à gagner.

À moins, bien sûr, que ce ne soit exactement ainsi que BriseBois souhaitait que les choses se déroulent.

Voici une hypothèse que m’ont rapportée deux sources distinctes de la LNH la semaine dernière : BriseBois a montré une tendance à se séparer des joueurs qui auraient nécessité un engagement important, tant en termes de durée que d’argent. Des joueurs tels qu’Alex Killorn, Yanni Gourde et, bien sûr, Stamkos.

Si BriseBois avait également voulu se séparer de Kucherov, cela aurait suscité davantage de critiques à son égard et à celui de la franchise que pour n’importe quel autre joueur ayant quitté le club auparavant, d’autant plus qu’il est lauréat du trophée Hart. Malgré une saison à 40 buts, certains estimaient que Stamkos était sur le déclin au moment de son départ. Ce n’est pas le cas de Kucherov. L’échanger ou le laisser partir serait extrêmement impopulaire.

L’hypothèse est donc que BriseBois a ignoré les négociations et les marques d’hospitalité envers son ailier vedette, tout en s’en tenant à ses critères financiers, afin de forcer Kucherov et son agent à faire part de leurs intentions et à exiger un échange. Il s’agit désormais d’un directeur général qui accède à la demande de transaction d’un joueur plutôt que de l’échanger de manière proactive. Il y a une différence.

Est-ce plausible?

«Je n’en serais pas surpris de sa part», a déclaré un ancien joueur du Lightning à propos de BriseBois.

Interrogé sur cette théorie, un dirigeant de la LNH a répondu : «Oui, je n’y crois pas. Julien a toujours eu un prix en tête et il a tendance à garder la ligne dure avec les joueurs pour l’obtenir. Il les laissera aller jusqu’au marché des joueurs autonomes et les amènera à décider qu’ils veulent rester pour ce prix-là.»

Dans ce scénario, Kucherov resterait avec le Lightning jusqu’à la fin de la saison. Je continue de penser que c’est le scénario le plus probable. Il n’y a absolument aucune chance que le Lightning obtienne en échange de Kucherov un joueur d’une valeur même approximativement équivalente. En l’échangeant, ils sacrifieraient en substance toute chance de remporter un titre. Il est donc plausible que les deux leaders coexistent jusqu’à ce que vienne le moment soit d’accepter l’offre du Lightning, soit de partir ailleurs pour décrocher ce contrat avec un salaire annuel moyen de 20 millions $.

Mais je reviens sans cesse à cette déclaration de BriseBois : «Nous n’avons absolument aucune intention d’échanger Nikita.»

Les intentions ne sont pas coulées dans le béton. Les «bonnes intentions» signifient littéralement le désir de faire quelque chose d’utile. Cela ne signifie pas qu’on l’a fait.

Il y a donc peut-être une chance qu’un échange ait lieu. À tout le moins, il y a une chance que Kucherov parte en tant que joueur autonome. S’il emprunte l’une ou l’autre de ces voies, voici six équipes qui seraient des gagnantes fascinantes dans les enchères pour Nikita Kucherov :

Mammoth de l’Utah

Le choix du Mammoth s’est également imposé d’emblée. Le défenseur Mikhail Sergachev est un ancien coéquipier de Kucherov avec le Lightning, l’un de ses amis les plus proches, et son contrat est valide jusqu’à la fin de la saison 2030-2031. Tout comme Montréal dans l’Est, ils sont en pleine ascension dans l’Association de l’Ouest et devraient s’y maintenir compte tenu de l’âge de leur noyau dur et des renforts issus de leur banque de jeunes talents. Il pourrait jouer aux côtés de Clayton Keller, qui a déjà une saison à 90 points à son actif, ou bien avec un joueur tel que Logan Cooley, qu’il pourrait alors propulser au rang de superstar.

L’une des choses que Kucherov apprécie particulièrement à Tampa, c’est de ne pas avoir à être la figure de proue de la franchise. Il se contente en quelque sorte de faire son travail, sans avoir à donner une multitude d’entrevues aux médias ni à faire des apparitions lors d’inaugurations de concessions automobiles. On peut supposer que c’est le genre de vie qu’il pourrait mener en Utah, s’il choisissait cette destination.

Golden Knights de Vegas

La loi nous oblige à inclure les Golden Knights si un joueur étoile venait à se libérer sur le marché des joueurs autonomes ou via un échange. Il leur faudrait «enterrer» quelques contrats dans le désert pour y parvenir – et ajouter le salaire de Kucherov ferait d’eux une équipe dangereusement déséquilibrée au niveau des attaquants par rapport au plafond salarial.

Mais c’est une équipe en lice pour le titre, elle compte dans ses rangs Ivan Barbashev, son compatriote et client de Milstein, et Kucherov pourrait s’entendre à merveille avec des joueurs comme Jack Eichel et Mitch Marner. Ah, et il n’y a pas d’impôt sur le revenu dans cet État. Ça aussi, ça compte.

« 125 points, ça n'intéresse personne? » À l'Antichambre, les panélistes discutent de la situation de Nikita Kucherov.

Stars de Dallas

Un autre État sans impôt, au cas où Kucherov se tromperait et où l’argent jouerait un petit rôle. Les attaquants Jason Robertson et Tyler Seguin seront joueurs autonomes sans compensation. Cela représente 21,85 millions $ d’espace salarial qui pourraient se libérer pour un joueur qui, selon certaines informations, ne demanderait qu’un peu moins que ce montant.

Seguin ne reviendra certainement pas avec un tel salaire, si tant est qu’il revienne. Quant à savoir ce que les Stars et Robertson finiront par faire à long terme, tout le monde en spéculera. À côté de cela, la façon dont Dallas a traité Robertson donne l’impression que BriseBois, en comparaison, était à genoux en train de lire de la poésie à Kucherov. Mikko Rantanen passerait-il au centre pour jouer avec Kucherov? Ne le feriez-vous pas?

Canadiens de Montréal

Combien de cases les Canadiens cochent-ils aux yeux de Kucherov? Ils comptent dans leurs rangs l’entraîneur-chef Martin St-Louis, son ancien coéquipier. Ils disposent d’Ivan Demidov, une jeune star russe qui partage le même agent que Kucherov. Ils possèdent des moteurs offensifs avec lesquels Kucherov peut évoluer, que ce soit avec Nick Suzuki, aux côtés de Demidov ou devant Lane Hutson. C’est également une équipe gérée avec rigueur dans le respect du plafond salarial, ce qui lui permet de se préparer à un coup d’éclat de cette ampleur pour une formation en pleine ascension qui a atteint le finale d’association la saison dernière.

Si l’on peut trouver un bémol à cette opération, c’est que les Canadiens ont des besoins plus urgents, notamment au poste de centre. Mais il s’agit de Nikita Kucherov. On fait des exceptions quand il s’agit de Nikita Kucherov. (Un scénario d’échange auquel j’ai réfléchi : Dylan Larkin n’ira pas à Montréal; Nikita Kucherov ne signera probablement pas à Detroit; donc, les Canadiens envoient au Lightning l’offre qu’ils avaient proposée pour Larkin en échange de Kucherov, et les Bolts l’envoient ensuite aux Red Wings pour Larkin. Deux drames hors glace résolus d’un seul coup !).

« C'est Larkin qui répond le plus a tes besoins » À On Jase, Marc Denis se mouille. Larkin, Crosby ou Kucherov?

Rangers de New York

Arrêtez-moi si vous avez déjà entendu cette histoire. Les Rangers envoient une lettre à leurs supporters pour leur annoncer que la franchise va prendre des décisions douloureuses en matière d’effectif et entamer une phase de reconstruction. L’année suivante, ils offrent un contrat colossal à un ailier vedette d’origine russe, devenu joueur autonome, afin d’accélérer la reconstruction et de l’associer au gardien russe vedette qui, à l’époque, était sur le point de rejoindre l’équipe.

Certes, Artemi Panarin avait près de 30 ans lorsqu’il a signé avec les Rangers, tandis que Kucherov aura 34 ans. Mais c’est exactement le genre de coup de maître pour lequel New York est réputé. Ils préparent les supporters à des moments difficiles, puis font venir une grande star sous les lumières de Broadway tout en affichant leur puissance financière et culturelle. Ils disposent de la marge salariale nécessaire pour la saison prochaine. Et le fait d’avoir Igor Shesterkin dans leurs rangs ne fait pas de mal non plus.

(Bien sûr, il y a un autre gardien russe, Ilya Sorokin, chez les Islanders de New York, où l’ancien directeur général adjoint du Lightning, Mathieu Darche, occupe désormais le poste de directeur général. N’écartons pas non plus cette possibilité.)

Blackhawks de Chicago

Quand la situation devient désespérée, il faut proposer des contrats d’une valeur annuelle moyenne de 20 millions $ à des joueurs élus deux fois «MVP» de la ligue. Le directeur général Kyle Davidson ne restera pas longtemps dans ses fonctions si les choses ne commencent pas à s’améliorer à Chicago, où les Blackhawks occupaient la 31e place du classement général après 15 matchs. Ils disposent toutefois d’une star capable d’alimenter Kucherov en la personne de Connor Bedard, qui serait probablement prêt à se livrer à un rituel de magie noire pour concrétiser la signature de ce joueur autonome.

Ou peut-être un échange : quelle sélection de jeunes joueurs les Blackhawks seraient-ils prêts à céder en échange de Kucherov pour que le Lightning y voie leur prochain Brandon Hagel? Chicago est tellement à la dérive que Kucherov pourrait de toute façon ne jamais prolonger son contrat là-bas, mais Davidson doit mettre le paquet pour le découvrir.

Ajoutons une septième équipe à ce tableau : le Lightning de Tampa Bay.

Lightning de Tampa Bay

Comme l’a souligné une source de la LNH, le conflit oppose Kucherov et BriseBois. Pas les coéquipiers. Pas les partisans. Pas l’entraîneur-chef, du moins d’après ce qu’on m’a dit. Il s’agit d’un joueur vedette dont l’ego a été blessé par un directeur général qui n’est pas vraiment réputé pour son empathie lors des négociations contractuelles.

Existe-t-il un moyen de coexister? Y a-t-il un chemin pour retrouver un certain niveau de courtoisie entre Kucherov et la direction du Lightning?

Je ne sais pas. Mais si je devais faire un pari, je dirais que Kucherov ne sera pas échangé avant la date limite des transactions. S’il décide tout de même de partir, BriseBois pourra tirer quelque chose de ses droits de négociation lors du repêchage de la LNH. Mais je garde l’espoir que Kucherov et le Lightning trouvent un moyen de se réconcilier et de poursuivre une relation fructueuse et lucrative.

Dans quelle autre équipe de la ligue pourrait-il fêter un titre de champion sur une motomarine et donner une conférence de presse torse nu, trempé de bière? C’est ça, Tampa.