Marlen Reusser s’est offert le plus beau des cadeaux pour son 35e anniversaire de naissance.
La Suissesse a écrasé la compétition lors du contre-la-montre individuel féminin élite des Championnats du monde de cyclisme sur route, dimanche à Montréal, pour demeurer la reine de la discipline.
Reusser, qui était la grande favorite, a bouclé le parcours de 39,2 km en 50:24,44, soit 40 secondes plus rapidement que la Britannique Zoe Bäckstedt, qui a terminé deuxième.
Tout sourire sur le podium, où les spectateurs ont commencé à lui chanter «bonne fête», Reusser a pu de nouveau enfiler son maillot arc-en-ciel, qu’elle avait remporté pour la première fois l’an dernier à Kigali, au Rwanda.
Elle avait auparavant terminé deuxième de la discipline à deux reprises, en 2020 et 2021, ainsi que troisième en 2022.
«J’ai vraiment aimé ce parcours, puisque ce n’était jamais ennuyant, a indiqué la spécialiste du contre-la-montre. J’avais l’impression de partir à l’aventure.»
Dimanche, Reusser a gardé le meilleur pour la fin. Elle accusait 10 secondes de retard sur Bäckstedt au premier temps intermédiaire, mais lors du troisième point de chronométrage, elle détenait 13 secondes d’avance, puis elle a retranché 27 autres secondes dans le dernier droit.
«J’avais prévu (de monter en force), mais en même temps, je ne voulais pas savoir les écarts, je ne le savais pas (que j’avais du retard au début), a-t-elle expliqué en français.
«J’avais dit à mon équipe dans la voiture de ne pas s’inquiéter si j’avais du retard, parce que la première partie était technique et j’avais déjà assumé que j’allais perdre du temps. Mon plan était donc de me garder quelque chose pour la deuxième partie.»
L’Allemande Franziska Koch a pris le troisième rang, cinq secondes derrière Bäckstedt. La Néerlandaise Demi Vollering, favorite pour la course en ligne de samedi prochain, a terminé huitième, à 1:49 de Reusser.
Bäckstedt, qui fêtera ses 22 ans jeudi, avait remporté le contre-la-montre féminin des moins de 23 ans l’an dernier en Afrique. Elle avait bon espoir de monter sur la plus haute marche du podium au Canada lors de sa première présence au niveau élite.
«Je me suis dit que c’était possible en entendant le premier temps intermédiaire, mais je savais également que Marlen était super forte, a-t-elle dit. Je savais qu’elle avait les capacités de revenir en force et c’est ce qu’elle a fait. J’ai un immense respect pour elle.»
Pour Koch, cette médaille de bronze s’est ajoutée à un palmarès déjà bien garni en 2026. L’Allemande de 26 ans a remporté la course en ligne et le contre-la-montre lors des Championnats nationaux en juin et elle a gagné Paris-Roubaix en avril.
«Gagner un monument comme Paris-Roubaix est mieux qu’une troisième place aux Mondiaux, c’est certain, mais une victoire ici aurait été sur un pied d’égalité, a-t-elle admis. Cela dit, je suis vraiment contente d’avoir gagné le bronze.»
Les Canadiennes Nadia Gontova et Olivia Baril ont respectivement terminé 19e et 23e sur les 47 coureuses ayant franchi la ligne d’arrivée au pied du mont Royal.
«J’ai fait de mon mieux aujourd’hui et je suis contente de ma performance, a analysé Baril, qui a terminé à 4:46 de Reusser. C’était un parcours technique, mais j’aime ça. L’an dernier, c’était un peu trop répétitif comme tracé.»
Baril a couru au Tour de Gatineau, jeudi, mais il s’agissait de sa première course en ce mois de septembre. La Québécoise de 28 ans était donc satisfaite de son niveau de forme.
«Ç’a bien été dans les circonstances, a-t-elle expliqué. Après ces deux courses, je vais aussi participer au relais mixte (mardi), donc ça va me faire trois courses pour me remettre en jambes avant samedi. Ce sera la grosse course!»
Baril et Gontova tenteront alors de permettre à la Québécoise Magdeleine Vallières Mill de conserver son titre de championne du monde de la course en ligne féminine élite.
L’opposition sera toutefois féroce, à commencer par Reusser, qui ne cache pas son désir de remporter les deux titres.
«Je n’ai pas encore eu l’occasion de voir le parcours moi-même, mais de ce que j’en sais, il me convient très bien», a dit celle qui n’est jamais montée sur le podium d’une course en ligne aux Mondiaux.
«J’ai donc des ambitions pour cette course, mais en même temps, c’est une discipline très différente. On l’a vu à Kigali, a-t-elle poursuivi. On sait qui sont les favorites, mais c’est beaucoup plus ouvert. Donc oui, c’est un but (de gagner cette course), mais on ne sait jamais ce qui va se passer.»

