Si Jay-Z avait 99 problèmes, le CF Montréal n’en a qu’un seul. Et il commence à peser lourd émotionnellement.
Luis Suarez a dénoué l’impasse tard en deuxième demie et l’Inter Miami CF a blanchi le Bleu-blanc-noir 1-0, samedi soir, au stade Saputo.
Le but de Suarez, inscrit brillamment sur penalty à l’aide d’une panenka qui n’a donné aucune chance au gardien Sébastian Breza, a aidé les «Hérons» à obtenir une sixième victoire de suite. Après la rencontre, ce sont toutefois ceux que les Montréalais n’ont pas réussi à marquer qui ont encore retenu l’attention.
Pour un troisième match de suite en MLS, la troupe de Philippe Eullaffroy a fait chou blanc dans la surface de réparation et elle a porté à 270 sa série de minutes sans but. Pourtant, les occasions ont été assez nombreuses.
Contre l’Inter Miami CF, il y a eu ce filet complètement désert raté par Daniel Rios, ou cet arrêt in extremis de Rocco Rios Novo aux dépens de Hennadii Synchuk. Ou encore cette échappée de Prince Owusu, qui a fendu l’air en tentant de déculotter le gardien.
Ce manque de finition avait aussi été présent plus tôt cette semaine, contre le Nashville SC, et il y a neuf jours, face au Toronto FC.
«Malheureusement, c’est la même chose que mercredi dernier et presque la même que contre le TFC. Sur l’engagement, l’envie et le respect du plan de jeu, tout est en place. Maintenant, il nous manque cette efficacité dans le dernier tiers, a noté Eullaffroy. Je pense que dans les 15 ou 20 premières minutes, nous aurions au moins dû avoir un but. Nous ne l’avons pas fait, encore une fois. C’est ce qui nous manque en ce moment et ça nous coûte des points.»
Le CF Montréal (4-10-3) avait le dur mandat d’affronter les deux meilleures équipes de la MLS cette semaine, et dans l’ensemble, il s’est très bien tiré d’affaire. Surtout sur le plan défensif, alors qu’il n’a pas donné grand-chose à ses adversaires.
Les trois performances en MLS depuis le retour de la pause de la Coupe du monde ont eu de quoi satisfaire les joueurs et le personnel d’entraîneurs, et ce sont des signes encourageants pour le reste de la saison. Mais jusqu’à preuve du contraire, les petites victoires ne font toujours pas gagner des positions au classement.
«C’est frustrant quand tu performes assez bien, a laissé tomber le capitaine Samuel Piette. Il manque seulement cette finition-là, ce but-là. Nous savons qu’en ce moment, nous sommes dans une période plus difficile offensivement et c’est dommage, parce que ça change le narratif. Il y a un accent sur le fait que nous ne marquons pas et que nous ne finissons pas nos occasions, mais le côté défensif est très solide. On l’oublie un peu.»
Ce qui est aussi frustrant pour la formation montréalaise, c’est que les deux buts qu’elle a accordés en MLS depuis son retour au jeu ont été marqués sur un penalty.
Samedi, celui de Suarez a été inscrit dans des circonstances particulières. German Berterame venait à peine d’être transporté en ambulance, après avoir été frappé à la tête par le défenseur Efrain Morales.
Avant que Suarez enfile l’aiguille pour la sixième fois en trois parties, une longue interruption de 10 minutes avait ralenti le rythme des deux clubs. Le Bleu-blanc-noir a réussi à le regagner, et il croyait même avoir créé l’égalité dans les arrêts de jeu, à la suite d’une déviation de la tête d’Owusu. Cependant, le coup de pied de coin de Synchuk est sorti derrière la ligne des buts avant de revenir dans le terrain. Le but a donc été refusé.
L’Inter Miami CF (11-2-4) devait se débrouiller sans le joueur vedette Lionel Messi et son compatriote Rodrigo De Paul, qui reviennent à peine d’une défaite en finale de la Coupe du monde avec l’Argentine. Il a toutefois salué l’arrivée du milieu de terrain brésilien Casemiro, gagnant de cinq titres de la Ligue des Champions de l’UEFA.
Le CF Montréal n’a pourtant pas été intimidé en première demie. Par la suite, les visiteurs ont pris l’ascendant et la tension est montée d’un cran au stade Saputo. Eullaffroy entend rappeler à ses hommes qu’ils méritent de partager le terrain avec certaines grandes vedettes de la ligue et qu’ils ne doivent pas être hypnotisés par le statut de quelques joueurs.
«Nous devons respecter des équipes de la sorte, parce qu’elles sont bonnes, mais il ne faut pas trop les respecter non plus, a-t-il dit. Quelques fois, j’ai l’impression que nous les respectons trop. Est-ce une question de confiance? Peut-être. Nous devons être assurément meilleurs dans la surface, mais nous venons d’affronter les deux meilleures équipes de la ligue et nous avons été plutôt cohérents. Ils n’ont pas battu le CF Montréal facilement, mais après, la finalité du football c’est de marquer des buts.»
Son groupe aura l’occasion de le faire samedi prochain, alors que le Revolution de la Nouvelle-Angleterre sera en visite.

