Luc Brodeur-Jourdain a eu la mission de défendre Anthony Calvillo et les quarts-arrière des Alouettes de Montréal pendant 11 saisons.
Un nouveau défi pourrait cette fois mener l’ancien centre à défendre les intérêts du Parti conservateur du Canada, alors que Brodeur-Jourdain souhaite devenir le candidat du PCC en vue de l’élection partielle fédérale dans la circonscription Saint-Hyacinthe—Bagot—Acton.
Des élections partielles devraient être déclenchées d’ici la fin de l’automne puisque le député actuel, le bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay, a choisi de quitter son caucus pour se joindre à la politique provinciale avec le Parti Québécois.
Natif de Saint-Hyacinthe, Brodeur-Jourdain se lancera donc dans la vie politique à l’âge de 43 ans là où « je suis né et je vais mourir», pour reprendre ses mots, lui qui s’est aussi décrit comme un «fier Maskoutain».
«J’ai toujours voulu m’impliquer, oui au sein de ma communauté et je l’ai fait pendant ma carrière de joueur, mais ultimement, je me disais que quand j’allais avoir fini de jouer, j’aimerais me prêter à une vocation politique et venir mettre mon grain de sel», a confié Brodeur-Jourdain dans une entrevue avec le RDS.ca.
«LBJ » a rectifié que sa décision de quitter son poste d’entraîneur avec les Alouettes l’hiver dernier n’avait pas été motivée par cet éventuel saut en politique, qui n’était toujours pas sur la table à ce moment.
Son intérêt marqué pour le monde de la politique ayant «toujours été une partie intégrante » de sa personne, il a toutefois décidé de sauter à pieds joints dans ce nouveau défi lorsque le Parti conservateur du Canada a cogné à la porte.
«Il y a encore un processus en cours, mais si je suis la personne qui représentera le PCC au sein de ma région, je le ferai avec fierté.»
«L’objectif ultime, c’est de représenter sa région, représenter 100 % de sa région. Il faut être connecté aux gens, il faut être proche des gens. Il faut être à l’écoute des besoins de ta société. Ce que j’ai vécu dans les dernières années, ce que je vois, c’est une augmentation constante du coût de la vie. Ce sont des sujets récurrents et très actuels, ils ont un impact réel chez les familles», a évoqué Brodeur-Jourdain.
LBJ fonce sans craindre les critiques
Le parcours de Brodeur-Jourdain avec les Alouettes a permis aux Montréalais de découvrir, pendant plusieurs années, un homme généreux de son temps et il va sans dire que le joueur de ligne offensive était vite devenu un favori des partisans.
Avec ce nouveau défi, Brodeur-Jourdain se lance dans un univers qui est le feu roulant de discussions animées, d’opinions diversifiées et de critiques.
Craint-il des répercussions négatives avec ce saut en politique?
«Je n’ai pas de crainte. Dans une société démocratique, on a besoin de divergences d’opinions, on a besoin d’avoir des discussions qui font réfléchir et qui nous font progresser comme pays. Ces discussions et ce fameux débat qu’il peut y avoir au niveau politique et au niveau social, c’est ce qui nous permet de croître. La vérité n’est ni d’un côté ni de l’autre, elle est toujours entre les deux.»
Si ce nouveau chapitre mène bel et bien Brodeur-Jourdain aux élections partielles, il pourrait être confronté à Caroline Emond, qui représentera un Bloc québécois qui a historiquement connu beaucoup de succès dans cette circonscription depuis 1993.
Le cœur de compétiteur de LBJ l’amènera sans surprise à vouloir relever ce défi avec brio.
«Comme concitoyen et dans l’éventualité où je serais nommé, mon devoir sera de représenter 100 % des gens. Si tu gagnes les élections à 41 % des voix ou à 38 % des voix, ta responsabilité est quand même envers 100 % des concitoyens. Tu dois les représenter au meilleur de tes capacités.»
«Le seul scénario qui m’habite, c’est que je vais en sortir grandi et que je vais en avoir appris énormément à travers cette expérience. Pour moi, ça va s’avérer être quelque chose d’extrêmement positif, peu importe le résultat. Évidemment, ça ne veut pas dire que je ne l’attaque pas pour gagner», a concédé Brodeur-Jourdain à propos de l’élection partielle.
Comme père de famille, Brodeur-Jourdain souhaite bien sûr que cette expérience soit également positive pour ses proches.
«Tu souhaiterais que chacune des décisions vont rendre les gens autour de toi fiers de ce que tu as fait. C’est cette dynamique et au solde de ma vie, qu’elle soit politique ou non à long terme, si je suis capable de dire qu’un jour mes petits enfants seraient fiers de leur grand-père, je vais pouvoir me dire que j’aurai eu une belle vie.»
Des valeurs qui le rejoignent
Sans entrer spécifiquement dans le programme politique conservateur, Brodeur-Jourdain a tout de même montré un certain degré de préoccupation quant à l’économie canadienne, une des raisons l’ayant poussé à vouloir se lancer avec le Parti conservateur du Canada.
Ce dernier s’est montré inquiet de «l’augmentation de l’endettement» et il a surtout défendu un fort désir de redonner aux citoyens pour expliquer son saut en politique.
«On veut que [l’argent] soit bien utilisé, que ce soit utilisé pour les gens. Que ce soit utilisé pour faire en sorte qu’on a une amélioration de nos services, de la qualité de vie. Les valeurs au sein du Parti conservateur sont les valeurs qui me rejoignent. C’est simple comme ça.»
Brodeur-Jourdain, qui a confié avoir déjeuné avec le chef conservateur Pierre Poilièvre, a aussi été approché par un ou plusieurs partis de politique provinciale, mais a préféré lancer son parcours politique au fédéral.
«Dans les champs de compétence, le conservatisme qui m’habite s’accrochait beaucoup au niveau fédéral. Est-ce que le conservatisme que j’aurais eu au Québec aurait été le même? Probablement pas. […]. À Ottawa, on partage les protections de nos douanes, on partage notre avenir, on partage les prisons à haute sécurité… Donc les champs de compétences sont totalement différents et c’est pourquoi je suis plus enclin à dire que le conservatisme fédéral me rejoint plus.»
«Lors de la dernière course, je faisais partie de la vague de jeunesse, même à 43 ans, qui avait embarqué avec ce mouvement parce que je me disais que ça représentait vers quoi je souhaitais que l’économie canadienne s’oriente. Au sein du PCC, on a été reconnu comme une nation quand monsieur Harper a été au pouvoir, ça ne s’était pas fait avant. On respecte le Québec, on est de fiers Québécois et on reconnaît les valeurs québécoises aussi.»


