Une patinoire vierge attend chacune des 32 équipes de la Ligue nationale de hockey alors que la nouvelle saison débute cette semaine. Mais alors que les équipes canadiennes espèrent remporter la Coupe Stanley pour la première fois en 33 ans, un nouveau rapport suggère qu’elles ne sont pas sur un pied d’égalité avec leurs rivales américaines.
Un rapport de l’Institut économique de Montréal (IEDM), un groupe de réflexion sur les politiques publiques, a révélé que les taux d’imposition sur le revenu plus élevés au Canada nuisent à certaines équipes de la LNH et rendent plus difficiles le recrutement et la rétention des meilleurs joueurs, tant canadiens qu’étrangers.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
«Sur un salaire annuel de 750 000 $, un joueur des Canadiens de Montréal paie 364 312 $ d’impôts, soit un taux d’imposition effectif de 48,5 %. Pour un joueur des Panthers de la Floride ou des Stars de Dallas, par exemple, cette facture d’impôt tombe à 234 520 $, soit un taux de seulement 31,2 %. Cela représente une différence de plus de 129 000 $ par année pour un même salaire», indique le récent rapport de l’IEDM sur la situation fiscale dans la LNH.
Les joueurs de la LNH dénoncent ces désavantages
Alors que le commissaire de la LNH, Gary Bettman, a maintes fois minimisé tout désavantage auquel seraient confrontées les équipes canadiennes, certains joueurs se sont exprimés sur l’enjeu.
La vedette d’origine canadienne Brad Marchand, qui a récemment signé un contrat de six ans avec les Panthers de la Floride en juin 2025, a déclaré publiquement que si «vous rejoignez une équipe canadienne, [votre contrat] doit être supérieur de 15 % pour être équivalent» à celui d’une équipe située dans un État sans impôt sur le revenu.
«Le plafond salarial de la LNH est basé sur le salaire brut plutôt que sur le salaire net. Concrètement, cela signifie qu’une équipe située dans un État sans impôt sur le revenu peut offrir exactement le même contrat qu’une équipe canadienne tout en permettant au joueur de garder beaucoup plus d’argent dans sa poche», selon l’IEDM «Les règles du jeu sont-elles équitables? Non, elles ne le sont pas», a dit Gino Reda, animateur de l’émission «That’s Hockey» sur TSN, qui ajoute qu’il existe des moyens légitimes de contourner les problèmes fiscaux pour les équipes canadiennes et certaines équipes américaines situées dans des États où l’impôt sur le revenu est plus élevé.
«Les revenus de commandites pour les joueurs dans une ville comme Montréal ou Toronto sont bien plus élevés que ceux des équipes situées dans des États sans impôt sur le revenu; il existe donc des moyens de surmonter cet obstacle. Cela demande simplement énormément de travail et de créativité pour y parvenir.»
Une autre variable à prendre en compte est que, la saison prochaine, le plafond salarial de la LNH devrait passer de 104 millions de dollars à 113,5 millions de dollars; selon certaines informations, il pourrait atteindre 127,5 millions de dollars américains d’ici la saison 2028-2029, ce qui pourrait mettre les équipes des petits marchés canadiens, dont les revenus sont en dollars canadiens, en difficulté pour suivre le rythme et dépenser jusqu’au maximum du plafond salarial.
Les talents nés aux États-Unis quittent le Canada
Un autre facteur qui place les équipes canadiennes de la LNH dans une situation d’inégalité est le départ d’une poignée de vedettes nées aux États-Unis qui ont fait pression pour quitter les marchés canadiens.
La saison dernière, le défenseur vedette Quinn Hughes a forcé la main aux Canucks de Vancouver et a été échangé aux Wild du Minnesota.
Pendant l’entre-saison, le capitaine de longue date des Sénateurs, Brady Tkachuk, a poussé Ottawa à l’échanger aux Panthers de la Floride, où il a retrouvé son frère Matthew Tkachuk.
Le gardien de but Connor Hellebuyck, triple lauréat du trophée Vézina, a exigé un échange et a refusé de se présenter au camp d’entraînement des Jets de Winnipeg, ce qui a entraîné une suspension pour une durée indéterminée.
«Hellebuyck a dressé une liste des équipes vers lesquelles il serait prêt à être échangé, mais aucune équipe canadienne n’y figure. Cela en dit long. Ce n’est pas encore une tendance, mais c’est une source de préoccupation pour les équipes canadiennes de voir leurs joueurs vedettes partir de l’autre côté de la frontière», a expliqué M. Reda.
Mais alors que les équipes canadiennes espèrent ramener chez elles le plus grand trophée du hockey cette saison, M. Reda affirme que tout espoir n’est pas perdu.
Les Canadiens de Montréal de 1993 ont été la dernière équipe canadienne à brandir la Coupe Stanley, et «Le Bleu-Blanc-Rouge» pourrait bien avoir les meilleures chances parmi les sept franchises canadiennes de remporter le titre cette saison, selon M. Reda.
«Les Canadiens se sont rendus jusqu’en finale de conférence l’an dernier contre les Hurricanes de la Caroline, qui ont finalement remporté la Coupe Stanley, et ils ne font que s’améliorer : chaque aspect de la reconstruction des Canadiens s’est déroulé de manière positive», a dit M. Reda.

