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Les joueurs de soccer irlandais refusent de serrer la main des joueurs israéliens

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L'Israélien Dor Peretz (à gauche) et l'Irlandais Jayson Molumby se disputent le ballon lors du match de football de la Ligue des Nations de l'UEFA entre la République d'Irlande et Israël à Backa Topola, en Serbie, le dimanche 4 octobre 2026. (Photo A... L'Israélien Dor Peretz (à gauche) et l'Irlandais Jayson Molumby se disputent le ballon lors du match de football de la Ligue des Nations de l'UEFA entre la République d'Irlande et Israël à Backa Topola, en Serbie, le dimanche 4 octobre 2026. AP (Darko Vojinovic)

Les joueurs irlandais ont de nouveau porté des brassards noirs et baissé la tête pendant l’hymne national israélien pour manifester contre les actions d’Israël à Gaza, avant que les deux équipes ne fassent match nul 1-1 dimanche lors de leur deuxième rencontre de Ligue des Nations, marquée par une ambiance tendue.

Les joueurs israéliens portaient eux aussi des brassards noirs en mémoire des personnes tuées lors des attaques menées par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Le capitaine israélien, Dor Peretz, avait inscrit «7.10» sur son brassard.

Le gardien de but irlandais Caoimhín Kelleher a remplacé Dara O’Shea au poste de capitaine — ce dernier ayant été dispensé pour être aux côtés de son épouse lors de la naissance de leur enfant — et il a délibérément évité de serrer la main de Peretz, bien qu’il ait accompli les formalités d’usage d’avant-match avec l’arbitre et l’un de ses assistants.

Kelleher a reproduit le geste d’O’Shea avant le premier match à Debrecen, en Hongrie, la semaine dernière, lorsque ce dernier avait évité de serrer la main du capitaine israélien Manor Solomon. L’Irlande s’était alors imposée 3-0 grâce à trois buts inscrits en première mi-temps.

Solomon a été relégué sur le banc pour le match de dimanche à Backa Topola, en Serbie. L’attaquant israélien Sayed Abu Farchi a fait son retour dans le groupe après avoir purgé une suspension pour avoir été expulsé à la suite de sa célébration de but lors de la défaite 3-1 d’Israël face à l’Autriche le 25 septembre. Il n’a pas joué.

Finn Azaz, dont la mère est d’origine israélienne, n’a pas joué non plus et est resté parmi les remplaçants irlandais.

Le penalty transformé par Troy Parrott à la 39e minute, suite à une faute de Peretz sur Jimmy Dunne, a permis à l’Irlande de mener 1-0 à la mi-temps. Une altercation a éclaté sur la ligne de touche alors que les joueurs quittaient le terrain.

Peretz a relevé l’arrière de son maillot au-dessus de son cou avant le début de la seconde mi-temps, apparemment pour mettre en avant le drapeau israélien qui y figure, et il a égalisé à bout portant deux minutes après la reprise du jeu.

Les remplaçants Omri Gandelman et Oscar Gloukh ont tous deux touché le poteau droit pour Israël en seconde mi-temps, alors que l’arbitre Juan Martínez Munuera restait vigilant face à des esprits qui s’échauffaient après plusieurs tacles violents.

Le match de dimanche devait initialement se dérouler à Dublin, mais la Fédération irlandaise de football (FAI) l’a déplacé vers un terrain neutre pour des «raisons opérationnelles» en juin, à la suite d’appels généralisés au boycott. La FAI a déclaré que le match se déroulerait à huis clos.

Cette décision faisait suite à une requête de la FAI en novembre dernier, appelant l’UEFA à exclure Israël des compétitions de clubs et des compétitions internationales.

Pression sur les joueurs

Tous les joueurs irlandais avaient subi des pressions de la part de leur pays — où la solidarité avec les Palestiniens est forte — pour boycotter le deuxième match contre Israël, même s’ils avaient été soumis à une pression encore plus forte avant le premier match.

«J’ai senti cette pression s’intensifier de jour en jour et elle atteint désormais presque son point de rupture», avait déclaré à l’époque le sélectionneur irlandais Heimir Hallgrimsson.

Au final, seul le gardien remplaçant Gavin Bazuno a décidé de ne pas participer à ces deux rencontres controversées, affirmant dans un communiqué que c’était sa «conviction personnelle que le fait de tuer des innocents est inacceptable».

Plus de 160 sportifs irlandais avaient signé une lettre ouverte exhortant la FAI à reconsidérer sa décision de maintenir ces deux rencontres.

Avant le départ pour la Hongrie, des manifestants se sont rassemblés devant l’hôtel de l’équipe à Dublin pour appeler les joueurs à boycotter les rencontres. Le syndicat SIPTU a déployé une immense affiche dans le centre de Dublin, au bord de la Liffey, invitant les joueurs à «Suivre leur conscience !» et à «Ne pas jouer avec le génocide», à côté d’une image représentant un ballon maculé de sang.

L’ancien sélectionneur de l’Irlande, Brian Kerr, a déclaré que la FAI avait «perdu le respect du peuple irlandais» en décidant de maintenir ces rencontres.

Mais la FAI a résisté à ces appels, arguant que l’équipe risquait de se voir infliger des sanctions sévères par l’UEFA. L’Irlande co-organise le Championnat d’Europe 2028 avec l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Écosse.